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Nucléaire : concertation publique sur le prolongement du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans

Le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire lance une concertation publique sur les aspects techniques de la poursuite du fonctionnement des réacteurs nucléaires de 900 MW au-delà 40 ans.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Nucléaire : concertation publique sur le prolongement du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans

Ce jeudi 6 septembre, le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) lance une concertation sur les conditions de poursuite du fonctionnement des réacteurs nucléaires après 40 ans. Le sujet est technique : il ne s'agit pas de discuter de la pertinence de cette prolongation, mais de débattre des dispositions proposées par EDF pour améliorer la sûreté de ses réacteurs nucléaires de 900 mégawatts (MW) au-delà de leur 40ième anniversaire. Cette concertation se tiendra de septembre 2018 à mars 2019.

Concrètement, elle se déroulera en ligne via un site internet dédié. Des rencontres ouvertes au public seront aussi organisées par les commissions locales d'information (CLI) des huit centrales où sont installés les réacteurs de 900 MW. Le détail de ces réunions est encore incertain, puisque seulement trois des CLI concernées ont effectivement acté l'organisation de ces réunions. Le coût de l'organisation de la concertation, de l'ordre de 500.000 euros, sera pris en charge par EDF.

Débattre des orientations techniques

Aujourd'hui, la loi de transition énergétique prévoit l'organisation d'une enquête publique lors du prolongement de l'exploitation au-delà de 40 ans de chaque réacteur nucléaire. Cette enquête aura lieu en toute fin de processus, juste avant que soit donnée l'autorisation formelle. A ce stade, les choix techniques auront déjà été validés et les travaux réalisés. Dans ces conditions, l'enquête publique risque de s'apparenter à une simple étape formelle avant l'obtention du feu vert de l'Etat. L'idée d'une concertation préalable aux décisions techniques qui orienteront les travaux d'EDF a donc fait son chemin et a été retenue par le HCTISN avec l'aval d'EDF. Outre d'éventuelles modification des choix techniques, le résultat de la concertation sera versé au dossier de chacune des enquêtes publiques.

Jusqu'à maintenant, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a fixé les enjeux de sûreté auxquels doit répondre la 4ème visite décennale (VD4). EDF a préparé une "note de réponse aux objectifs" et une synthèse. Ces documents exposent l'ensemble des contrôles et modifications que compte réaliser l'entreprise, résume Pierre-Franck Thomé-Jassaud, le délégué à la concertation du groupe EDF. Ces choix techniques seront ensuite déclinés sur chacun des 32 réacteurs de 900 MW. "Cette concertation a donc un objectif différent du débat sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE)", prend soin de préciser Marie-Pierre Comets. La présidente du HCTISN ajoute qu'il ne s'agit pas de débattre de la politique de transition énergétique et de l'opportunité de la prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs se 900 MW.

Pour le HCTISN, la concertation sera un succès, si l'avis du public est pris en compte de façon transparente. Bien sûr, le Haut comité escompte une participation "importante", mais il ne s'avance pas sur un nombre précis de participants. Sur ce point, Greenpeace affiche un certain scepticisme : "On craint que ce débat très technique ne retienne l'attention que des « strates intermédiaires » des experts du nucléaire", explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire. Du côté d'EDF, outre la prise en compte de l'avis du public intéressé aux questions nucléaires, il s'agit aussi d'obtenir la confiance des citoyens, explique Philippe Sassaigne, directeur du parc nucléaire. L'enjeu est de taille : l'entreprise évalue à 7 milliards d'euros le coût des travaux de la VD4.

Il y a encore beaucoup de sujets ouverts

Quels travaux et améliorations propose EDF ? L'entreprise a fixé comme orientation générale de "tendre" vers le niveau de sûreté de l'EPR de Flamanville (Manche). Pour cela, elle mise sur la vérification de la conformité des réacteurs aux règles de sûreté. Cela passe par quatre axes de travail : l'examen de la conformité des installations (avec des contrôles ciblés), l'identification des potentielles faiblesses du programme de maintenance, le passage en revue des systèmes de refroidissement et de sauvegarde du cœur, et l'analyse exhaustive du traitement des non-conformités.

EDF propose ensuite de décliner cette approche dans quatre domaines de sûreté. Le premier concerne les accidents sans fusion du cœur. EDF présente des solutions pour "tendre vers des niveaux de conséquences radiologiques ne nécessitant pas la mise en œuvre de mesures de protection de la population". Le deuxième axe est la résistance aux agressions, en relation avec les standards internationaux. Les piscines de combustible font l'objet d'un travail à part entière. EDF ne prévoit pas de les "bunkeriser", mais propose des améliorations pour rendre le dénoyage des assemblages de combustible "extrêmement improbable". Techniquement, EDF envisage des équipements pour réduire le risque de vidange des piscines et le risque de propagation des incendies. Enfin, le dernier sujet concerne les accidents avec fusion du cœur. Il s'agit, là aussi, de rendre "extrêmement improbable" le risque de rejets précoces et importants et d'"éviter" les effets durables dans l'environnement.

Tous ces points techniques sont mis en débat alors que les décisions ne sont pas figées, explique l'ASN. "Il y a encore beaucoup de liberté et de sujets ouverts", assure Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN. A ce stade, l'ASN est-elle satisfaite des propositions d'EDF ? L'entreprise formule "des propositions relativement ambitieuses sur un certain nombre de sujets. Pour autant, un certain nombre de thématiques devraient faire l'objet d'approfondissements et de complément", explique prudemment Julien Collet. L'Autorité devrait rendre sa position officielle sur le dossier d'EDF en octobre.

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