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L'ASN demande plus de rigueur dans l'exploitation et la maintenance des centrales nucléaires

L'ASN a présenté son rapport annuel sur la sûreté nucléaire. Malgré un bilan satisfaisant, elle relève des insuffisances dans l'exploitation et la maintenance des centrales et alerte également sur le recours croissant à l'imagerie médicale.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
L'ASN demande plus de rigueur dans l'exploitation et la maintenance des centrales nucléaires
Contrôle après intervention en zone nucléaire
© EDF
   

 
La France n'est pas préparée à un cumul d'événements extraordinaires Interrogé sur les circonstances du drame au Japon, André-Claude Lacoste a expliqué que la crise japonaise résultait d'un cumul d'agressions extérieures (tremblement de terre puis tsunami) et a reconnu que la France n'avait pas étudié ces risques de cumul. L'audit des centrales que devra réaliser l'ASN d'ici la fin de l'année devra porter sur ces questions : risque sismique, inondations, perte d'alimentation électrique, perte de refroidissement, gestion de crise et leur cumul.
André-claude Lacoste n'a pas caché son inquiétude quant ''aux conditions matérielles'' à la disposition de l'ASN pour réaliser ces tests en un temps contraint : ''nous ne pouvons pas baisser la garde sur les contrôles quotidiens''.
 
C'est dans un contexte particulier que l'Autorité de sûreté nucléaire a présenté son rapport annuel sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France. Près de vingt jours après le début de la catastrophe de Fukushima, qui inquiète toujours la communauté internationale, l'autorité a présenté à l'Assemblée nationale, le 30 mars, les enseignements de ses contrôles réalisés au cours de l'année 2010. Elle juge que les matériels des centrales nucléaires sont ''dans un état globalement satisfaisant'', même si elle relève des insuffisances en matière d'exploitation et de maintenance des centrales. Elle se dit en revanche inquiète de l'accroissement des doses de radioactivité délivrées aux patients par l'imagerie médicale (scanners), ''des doses équivalentes au seuil haut annuel autorisé pour les travailleurs du nucléaire''. Il préconise donc un recours aux IRM.

État ''globalement satisfaisant'' mais peut mieux faire

En 2010, l'ASN a réalisé 491 inspections dans les centrales nucléaires en exploitation en France. Au cours de ses inspections, l'autorité a relevé des défaillances dans l'entretien et la maintenance des centrales. Elle relève des écarts importants dans la gestion de la sûreté et de la radioprotection selon les sites.

Parmi les bons élèves : Bugey, Penly et Tricastin. Les bonnets d'ânes sont Saint-Alban (rigueur d'exploitation insuffisante), Chinon (rigueur d'exploitation insuffisante entraînant un nombre conséquent d'événements significatifs) et Chooz (en matière de protection de l'environnement).

Ainsi, en 2010, 622 événements significatifs ont été déclarés au titre de la sûreté, 90 au titre de la radioprotection et 100 au titre de la protection de l'environnement. Au total, 717 événements ont été classés sur l'échelle de l'INES, ce qui place 2010 ''dans la continuité des années précédentes''.

''La préparation des interventions d'exploitation reste un point faible'', relève l'ASN. ''La surveillance de la salle de commande doit être améliorée afin de pouvoir détecter dans les plus brefs délais tout dysfonctionnement''. Défaut de communication, mauvaise communication, rigueur et contrôles insuffisants sont relevés dans les opérations d'exploitation. La conduite en période d'arrêts des réacteurs est marquée par des insuffisances, notamment au niveau des effectifs.

EDF se fait particulièrement épingler pour son manque d'anticipation de ''certaines problématiques ou le retour d'expérience internationale, ce qui le conduit aujourd'hui à devoir réaliser des opérations de maintenance correctives délicates et de grande ampleur notamment sur les générateurs de vapeur afin d'en assurer la sûreté''. Si EDF commence à intégrer ces enseignements, l'ASN considère que l'exploitant doit veiller à disposer des moyens humains et matériels suffisants. Elle estime également que l'entreprise devrait progresser dans le contrôle de ses sous-traitants. En revanche, ''EDF traite de manière très satisfaisante la gestion des situations d'urgence'', relève le rapport...

En 2009, l'ASN avait interpellé EDF sur la régression observée dans la protection de l'environnement. L'entreprise a relancé une dynamique mais qui n'a pas encore porté ses fruits. De nombreux écarts ont été constaté sur site en 2010 (rejets de fluides frigorigènes dans l'atmosphère…).

L'ASN se dit également préoccupée par certaines opérations de gestion de déchets et de démantèlement (Brennilis, installations du CEA) et devrait proposer prochainement au gouvernement un décret de démantèlement partiel.

André-Claude Lacoste, président de l'ASN, a insisté : ''nous avons besoin d'avoir en face de nous des exploitants responsables et suffisamment riches''.

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