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Nucléaire : la relance d'EDF suspendue à la cuve de l'EPR

EDF est prête à relancer la filière nucléaire française. Il ne reste qu'à lever les derniers doutes sur la cuve de l'EPR. La pression repose maintenant sur les épaules de l'Autorité de sûreté nucléaire qui doit donner son feu vert en 2017.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Nucléaire : la relance d'EDF suspendue à la cuve de l'EPR

Le chantier de l'EPR progresse conformément au planning annoncé en septembre 2015 et l'entreprise dispose d'une offre de réacteurs. Finis les déboires des dernières années, EDF se tourne maintenant vers l'avenir. L'entreprise est prête pour partir à la conquête des marchés étrangers et envisage le renouvellement du parc français. Reste un dernier détail à régler : la validation par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de la cuve de l'EPR qui fait l'objet d'expertises suite à la découverte de défauts dans la composition de l'acier en avril 2015. Tel est en substance le message qu'a fait passer EDF à l'occasion d'une visite de presse du chantier de l'EPR de Flamanville (Cotentin), mercredi 16 novembre. La balle est maintenant dans le camp de l'ASN. Un avis négatif du gendarme du nucléaire remettrait très probablement en cause la restructuration de la filière nucléaire française.

 
Un délai jusqu'en avril 2020 EDF a rappelé qu'elle échange avec le ministère de l'Environnement pour prolonger le décret d'autorisation de création de l'EPR. Initialement, le réacteur devait être achevé avant le 11 avril 2017. Le dépassement du délai ne pose pas de problème réglementaire pour la poursuite du chantier. En revanche, le chargement du combustible nucléaire hors délai n'est pas possible. La demande de prolongation de trois ans a été engagée en octobre 2015 et déposée en bonne et due forme en mai dernier.
Le nouveau délai, qui devrait être fixé à avril 2020, ne préfigure pas d'un nouveau dérapage du calendrier, explique l'entreprise. Il s'agit d'une marge habituelle pour prendre en compte une éventuelle défaillance d'un équipement lors des tests.
 
EDF anticipe un feu vert de l'ASN

Le chantier de l'EPR de Flamanville "a été remis sur les rails", se félicite Xavier Ursat, directeur exécutif en charge de l'ingénierie et des projets "nouveau nucléaire". Le planning "ambitieux et réaliste" présenté il y a un an sera tenu, assure-t-il. Quelque 20% des montages électromécaniques restent à réaliser. Ils seront achevés à la fin du premier trimestre 2017 et le réacteur chargé fin 2018. L'entreprise insiste sur un point : actuellement, les équipes chargées de la construction passent progressivement la main aux équipes opérationnelles qui deviennent responsable des équipements et débutent les tests. La visite du site est d'ailleurs axée sur ce point. Elle montre une ruche où s'activent 4.300 travailleurs effectuant en parallèle les derniers montages et les premiers tests. Cette dernière étape devrait monter en puissance, 92% des essais restant à effectuer.

Le chantier est donc en bon ordre de marche et EDF déroule son programme de mise en marche en toute confiance. Reste toutefois à s'assurer de la qualité de la cuve. Si l'ASN venait à émettre un avis négatif, le chantier du réacteur déraillerait de nouveau, mettant en péril le projet de relance du nucléaire français. L'entreprise devrait transmettre à l'ASN les derniers résultats de l'évaluation de la cuve d'ici la fin du mois. Pour EDF, il ne fait aucun doute que l'équipement est suffisamment robuste pour être déclaré apte au service. "Les résultats [de l'expertise demandée par l'ASN], de notre point de vue, sont satisfaisants", explique Xavier Ursat, insistant sur le fait qu'un rejet du dossier "n'est pas dans les scénarios". Alors qu'EDF entend tourner la page et aller de l'avant, un tel rejet est clairement inenvisageable pour l'entreprise. Reste à savoir si l'ASN partage l'optimisme d'EDF. La pression qui pèse sur le gendarme du nucléaire monte encore d'un cran. La décision de l'Autorité devrait être rendue mi 2017.

L'EPR, le socle de l'offre française

Parallèlement, avec la signature, mardi 15 novembre, du contrat fixant les termes de la prise de contrôle des activités de conception et de fourniture de réacteurs d'Areva par EDF, l'électricien accède au rôle de chef de fil du nucléaire français. Il devient le "vendeur de l'offre française", explique Xavier Ursat, précisant que cette offre repose "assez largement sur l'EPR". Avec ce réacteur de 1.650 MW, EDF entend s'adresser aux pays densément peuplés qui veulent optimiser l'utilisation du foncier, Chine, Royaume-Uni et Inde en particulier. En Chine, le réacteur 1 de Taishan vient tout juste de débuter les essais en conditions de température et de pression opérationnelles. L'entreprise espère vendre une seconde paire de réacteurs à son homologue chinois, CGN. Outre manche, "une étape extrêmement importante" a été franchie avec la signature le 29 septembre de la décision finale de construction de deux EPR à Hinkley Point. Enfin, l'entreprise devrait déposer une première offre en Inde pour la construction de six EPR à Jaitapur.

Pour placer son réacteur à l'export, EDF développe un EPR nouveau modèle (EPR-NM), dérivé de l'actuel. Le but est d'abaisser les coûts d'investissement et d'éviter l'étirement du calendrier de construction des chantiers actuels. Ce nouveau modèle vise un coût de l'ordre de 5 milliards d'euros pour être compétitif en 2030 face à l'énergie renouvelable la moins couteuse qui pourrait être installée sur le même site. L'objectif paraît ambitieux pour les sites en bord de mer qui seront confrontés à une offre éolien offshore dont les coûts ne cessent de baisser. Mais EDF a deux arguments : l'EPR-NM peut produire à pleine puissance en continu sur plusieurs semaines et il n'y a pas toujours la place pour installer l'équivalent en éolien de la puissance du réacteur. Les difficultés de l'éolien offshore en France s'inscrivent en filagramme dans l'argumentaire de l'électricien. D'ailleurs, EDF ne cache pas que ce modèle est destiné à la France, "quand il faudra renouveler le parc". Elle envisage la mise en service d'un EPR-EN dans l'Hexagone d'ici 2030. A terme, une trentaine pourraient se substituer aux réacteurs actuels.

Parallèlement, l'entreprise travaille sur deux réacteurs de 1.200 à 1.300 MW. Le premier est le réacteur Hualong, fruit du travail réalisé par les chinois de CNNC et CGN. Le second est le réacteur Atmea développé par Areva et Mitsubishi.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour,
Nous ne voyons aucune difficulté à que notre "fleuron industriel" se place en Chine et en Inde car ils ont besoin de beaucoup plus de lumières...radioactive hélas.
Ceci dit, ils ont raison chez EdF, ils sont (Chine et l'Inde réunis) 2,5 Milliards et il y a de quoi faire surtout s'ils trouvent de l'uranium sans faire trop de guéguerres comme en Afrique! Nous, on se débrouille car il y a de la matière grise suffisant par ici pour les remplacer peu à peu, même en attendant pendant un siècle s'il le faut!!!

Maes | 01 février 2017 à 09h52
 
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