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L'OCDE publie le bilan environnemental de la Nouvelle-Zélande

Malgré des progrès, la politique environnementale de la Nouvelle-Zélande doit s'attacher à adapter les secteurs de l'agriculture, de l'énergie et des transports ainsi que les instruments économiques aux préoccupations environnementales.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
L'organisation de coopération et de développement économique (OCDE) est une organisation intergouvernementale dont l'objectif est de promouvoir des politiques d'expansion durable de l'économie et de l'emploi, une progression du niveau de vie et la libéralisation des échanges. L'OCDE poursuit des programmes de travail dans de multiples domaines : la politique économique, l'éducation, l'emploi, la politique fiscale, l'environnement, etc.

Ainsi, dans le cadre de sa mission d'appui aux politiques gouvernementales des 30 pays situés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie-Pacifique membre de l'OCDE, l'organisation consacre à chacun de ces pays, des examens de la situation de l'environnement notamment et des progrès accomplis en la matière. Ils étudient les efforts menés par les pays pour atteindre leurs objectifs nationaux et engagements internationaux en matière d'environnement et formulent des recommandations. Après l'achèvement d'un 1er cycle de 32 examens portant sur l'ensemble des pays de l'OCDE et trois pays non membres, un 2ème cycle est en cours. Ces études portent sur la gestion de l'air, de l'eau, de la nature et de la biodiversité, mais aussi sur l'intégration du développement durable dans la politique environnementale et enfin sur les engagements internationaux par rapport aux problématiques mondiales.

C'est dans ce contexte qu'après avoir récemment publié le bilan de la Belgique, c'est au tour de la Nouvelle-Zélande de se faire analyser. Ce rapport examine ses progrès depuis le précédent examen des performances environnementales publié par l'OCDE en 1996 et évalue dans quelle mesure le pays a atteint ses objectifs nationaux et respecte ses engagements internationaux en matière d'environnement et de développement durable. Il étudie également les progrès réalisés dans le contexte de la Stratégie de l'environnement de l'OCDE et au regard des recommandations énoncées dans l'examen précédent.

Le Bilan montre que la situation de l'assainissement s'y est améliorée grâce aux investissements consacrés à la distribution d'eau et à l'évacuation des eaux usées. L'OCDE fait état de progrès notables dans les dépenses environnementales (dépenses de lutte contre la pollution et consacrées à l'approvisionnement en eau et à la protection de la nature) puisqu'elles ont augmenté ces dernières années, même si elles demeurent assez basses (moins de 1% du PIB). S'agissant de l'eau, le dispositif de gestion des ressources en eau a notamment été renforcé durant la période examinée. La pollution des eaux superficielle par des sources ponctuelles s'est réduite aussi, grâce à l'amélioration des capacités d'épuration et à la régulation exercée par les permis d'exploitation des ressources. La gestion des déchets a quant à elle gagné en importance parmi les questions d'environnement à l'ordre du jour. L'OCDE estime également que la Nouvelle-Zélande a accordé une priorité plus élevée à la préservation de la nature et de la biodiversité, comme en témoigne le renforcement des moyens financiers et des mesures gouvernementales. Notons qu'à l'échelle mondiale, la Nouvelle-Zélande a une responsabilité particulière concernant la conservation de la biodiversité, avec une forte proportion des 90.000 espèces indigènes endémiques et uniques. La superficie des zones protégées a été augmentée et représente désormais 32% des terres émergées du pays et 7.5% de ses eaux territoriales, soit nettement plus que dans la plupart des autres pays de l'OCDE. La période examinée a vu aussi l'intégration des préoccupations d'environnement dans la gestion quotidienne des activités agricoles et forestières progresser considérablement.

Malgré ces réalisations, de nouveaux progrès s'imposent puisque, selon le rapport, d'importants progrès restent encore à réaliser sur ces thèmes. Par ailleurs, l'OCDE constate que les émissions atmosphériques des centrales électriques et des sources mobiles ont augmenté sensiblement durant la période examinée. La consommation d'engrais azotés a progressé plus vite que le PIB depuis 1996, d'où une amplification de leur impact par ruissellement des eaux de surface. Le taux de motorisation s'est envolé et figure à présent parmi les plus élevés des pays de l'OCDE ; peu de mesures ont été prises pour maîtriser la demande de déplacements routiers individuels et favoriser les moyens de transport moins polluants. Si la qualité de l'air reste bonne dans l'ensemble, elle s'est dégradée dans certaines agglomérations, essentiellement du fait des émissions automobiles et industrielles et de celles occasionnées par le chauffage domestique. La Nouvelle-Zélande recourt peu, selon l'OCDE aux instruments économiques et budgétaires (taxes, redevances, systèmes de consigne, etc.) pour internaliser les coûts environnementaux externes des activités dans les différents secteurs, bien qu'elle soit profondément attachée à l'emploi de solutions reposant sur le jeu des mécanismes du marché. Enfin, la croissance soutenue de la demande d'électricité a entraîné une utilisation accrue de combustibles fossiles dans la production électrique, avec à la clé une hausse des émissions de gaz à effet de serre.
Des défis restent en outre à relever pour améliorer la prise en compte des préoccupations environnementales dans les secteurs agricole et forestier. De plus, la Nouvelle-Zélande arrive en quatrième position des pays de l'OCDE pour ce qui est de l'intensité d'émissions de GES de son économie, et ces émissions ont continué d'augmenter au cours de la période examinée. L'organisation souligne aussi que le pays n'a que peu d'expérience concernant les mécanismes de flexibilité prévus par le Protocole de Kyoto, alors même que ceux-ci pourraient bien s'avérer indispensables pour atteindre l'objectif. En outre, le faible niveau des taxes sur les carburants (voire l'absence de fiscalité dans le cas du gazole) se traduit par des prix à la pompe relativement bas qui n'incitent guère aux économies. Le bilan montre également que la Nouvelle-Zélande recourt toujours largement au bromure de méthyle (une substance à fort potentiel de destruction de l'ozone) pour la fumigation des produits forestiers et des fraises destinés à l'exportation, qu'elle tarde à élaborer une politique nationale des océans et que la gestion de certains stocks de pêche hauturière reste délicate.

C'est pourquoi, l'OCDE a inclus 47 recommandations spécifiques dans son rapport à travers lesquelles elle conseille notamment à la Nouvelle Zélande pour la coopération internationale d'adopter des mesures relatives au changement climatique (par exemple, instruments économiques, mécanismes de flexibilité) afin de respecter les engagements internationaux en étudiant la possibilité de définir des objectifs sectoriels et d'élaborer des stratégies dans l'optique de futurs engagements de protection du climat allant dans le sens des lignes directrices du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

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