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Radiofréquences : l'étude de l'ANFR affiche des valeurs supérieures à celles du ministère de l'Ecologie

L'Agence nationale des fréquences vient de publier son étude sur les niveaux d'exposition des français aux ondes. Les valeurs sont sensiblement plus élevées que celles du ministère de l'Ecologie portant sur les gares SNCF et les places de mairie.

Risques  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Ce mardi 29 décembre, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) a publié son étude de l'exposition du public aux ondes radioélectriques réalisée en 2014. Les milieux urbains et en extérieur sont les plus exposés avec, le plus souvent, une prédominance des ondes électromagnétiques associées à la téléphonie mobile. Même si la comparaison est délicate, les périmètres des études étant différents, les valeurs mesurées par l'ANFR paraissent sensiblement supérieures à celles publiées par le ministère de l'Ecologie en septembre dernier concernant l'exposition aux radiofréquences sur les places de mairie et dans les principales gares SNCF. Toutefois, les valeurs d'exposition enregistrées restent inférieures aux niveaux réglementaires autorisés.

L'étude présente les résultats des 2.955 mesures réalisées en 2014 par l'ANFR dans le cadre du dispositif national de surveillance de l'exposition du public aux ondes électromagnétiques. Ce dispositif permet à tout citoyen de faire réaliser gratuitement une mesure de son exposition dans son logement ou dans les lieux publics.

Respect des valeurs règlementaires…

Premier constat, l'étude semble représentative de l'exposition des Français sur l'ensemble du territoire. "Le nombre de demandes de mesure dans une zone géographique est proportionnel à sa population et au nombre de supports de téléphonie mobile", explique l'ANFR, précisant qu'"il y a en effet une bonne corrélation entre le nombre de mesures réalisées dans un département et son nombre d'habitants". Quatre-vingt-quatre pourcents des mesures ont été réalisées en milieu urbain, qui regroupe 80% de la population française. De plus, 61% des mesures ont été effectuées en intérieur, 60% dans des lieux d'habitation et 24 % dans des espaces publics.

Quant aux résultats, "l'analyse globale a montré un niveau de champ médian de 0,38 volt par mètre (V/m) et 90% des niveaux mesurés à la sonde large bande sont inférieurs à 1,4 V/m". Ces chiffres apparaissent sensiblement supérieurs à ceux publiés par le ministère de l'Ecologie concernant les places de mairie et les gares SNCF. En effet, 90% des relevés du ministère affichaient une valeur inférieure à un plafond de 0,9 V/m, un plafond que l'étude de l'AFNR relève de 55% pour englober 90% de ses mesures. Le constat est tout aussi vrai concernant les valeurs en extérieur (le plafond des neuf déciles est de 1,5 V/m) et en milieu urbain (plafond à 1,6 V/m).

L'ANFR rappelle toutefois que les niveaux mesurés sont bas en comparaison des seuils réglementaires, puisque le décret du 3 mai 2002 fixe un niveau d'exposition maximal du public aux champs électromagnétiques compris entre 28 V/m et 87 V/m selon les fréquences.

… mais des valeurs maximales pouvant atteindre 15,7 V/m

Au-delà de la valeur globale, l'AFNR note que "les niveaux de champs mesurés sont légèrement plus élevés en milieu urbain qu'en milieu rural et légèrement plus élevés en extérieur qu'en intérieur". L'étude indique que le niveau médian mesuré en ville est de 0,43 V/m (contre 0,26 V/m en milieu rural), avec un maximum de 15,7 V/m (contre 10,2 V/m). L'exposition médiane en extérieur s'établit à 0,53 V/m (contre 0,31 V/m en intérieur), avec un maximum de 15,7 V/m (contre 10,4 V/m). Là encore, les valeurs maximales enregistrées sont nettement supérieures à celle de l'étude du ministère de l'Ecologie qui était de 6,7 V/m, soit de 1,5 à 2,3 fois moins.

De même, certains points se démarquent. Dix-huit cas font apparaître un niveau supérieur à 6 V/m. "Ces niveaux faisant l'objet d'une attention particulière" ont tous été identifiés en milieu urbain, dans des villes de plus de 200.000 habitants pour 16 cas et de plus de 50.000 dans deux autres cas. Dix de ces mesures ont été réalisées en extérieur et huit en intérieur. L'étude, précise que "la téléphonie mobile dans 13 cas, la radiodiffusion FM dans quatre autres cas et un réseau radio professionnel (PMR) dans le dernier cas sont les contributeurs les plus forts des niveaux d'exposition mesurés en ces points". Lorsque la téléphonie mobile domine, la contribution principale est mesurée dans la bande 2.100 mégahertz (MHz) dans près de la moitié des cas (six cas sur 13).

Les ondes téléphoniques dominent

Enfin, pour 1.495 des 2.955 relevés effectués, l'ANFR a effectué une mesure détaillée en fréquences avec un analyseur de spectre qui permet de distinguer les différentes sources. Le contributeur le plus fort à l'exposition des Français est la téléphonie mobile pour 57% des cas analysés. La téléphonie domine notamment en extérieur, dans 75% des cas, et en ville, pour 59% des cas.

D'autre part, l'étude révèle que les bandes de la téléphonie mobile 2G et 3G sont présentes dans 72% des cas pour la fréquence 900 MHz, dans 60% des cas pour la fréquence 1.800 MHz et dans 63% des cas pour la fréquence 2.100 MHz. Les ondes de fréquence 800 MHz n'ont été détectées que dans 32% des cas. Mais l'étude souligne que cette absence relative est surtout liée qu'au fait que la 4G qui l'utilise "commençait à se déployer en 2014". A cette époque, lorsque la téléphonie mobile est le contributeur maximal (soit dans 849 cas sur 1.495 ayant fait l'objet d'une étude détaillée), le niveau d'exposition le plus important est dans près de la moitié des cas observé dans la bande 900 MHz. Ce constat est particulièrement vrai en milieu rural où cette bande est le contributeur maximal de la téléphonie mobile dans 74% des cas.

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