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Actu-Environnement

Pollution de l'eau dans le Finistère : interrogations sur la méthanisation industrielle

MAJ le 26/08/2020

La restriction de l'usage de l'eau dans 50 communes bretonnes résulte d'une pollution occasionée par une installation de méthanisation. Un événement qui interroge sur le fort développement de la filière et les risques qu'il comporte.

Eau  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Pollution de l'eau dans le Finistère :  interrogations sur la méthanisation industrielle

Mercredi 19 août, le préfet du Finistère prenait un arrêté de restriction d'usage de l'eau pour 50 communes en raison d'une pollution à l'ammoniaque. La préfecture a réduit le périmètre de la restriction à 41 communes jeudi 20 août, certaines collectivités disposant d'un circuit d'approvisionnement isolé ne dépendant pas de l'usine de production d'eau potable impactée par la pollution. « Il est recommandé de ne pas utiliser l'eau du robinet pour la boisson et le lavage des légumes et des fruits consommés crus. Elle peut toutefois être utilisée pour les autres besoins sanitaires et pour la cuisson des aliments. L'eau portée à ébullition peut être consommée », prévient la préfecture.

L'origine de cette pollution ? Le déversement, deux jours plus tôt, de 400 m3 de digestats de méthanisation dans un bassin d'orage, puis dans l'Aulne, par l'installation de méthanisation Kastellin située à Châteaulin, révèle l'association Eau & rivières de Bretagne. « L'entreprise a alerté les autorités qui ont tenté de diluer la pollution par l'augmentation du soutien d'étiage au départ du lac Saint-Michel. Faute de résultats satisfaisants à l'usine de production d'eau potable de Coatigrac'h, la préfecture a dû se résoudre à prendre un arrêté de restriction d'usage de l'eau potable », explique l'association de protection de l'environnement.

Valoriser 30 000 tonnes de déchets organiques

L'établissement à l'origine de la pollution est une installation classée (ICPE) exploitée par la société Centrale Biogaz de Kastellin, propriété du groupe Engie Bioz SAS qui l'a rachetée à la société Vol-V Biomasse en mai 2019. Soumise au régime de l'autorisation, elle relève de la directive sur les émissions industrielles (directive IED) qui vise les installations les plus polluantes en Europe. Il s'agit du premier site d'injection de biométhane dans le réseau GRTgaz en Bretagne, indiquait l'Ademe lors de son inauguration en mai 2018. L'agence de la transition écologique, qui a financé le projet avec l'agence de l'eau et le conseil départemental, le cite parmi les opérations exemplaires du plan de développement de la méthanisation dans la région.

Lors de l'inauguration, l'exploitant avait annoncé un objectif de production de 22 gigawattheures par an de biométhane, soit l'équivalent de la consommation de la population de Châteaulin (plus de 5 000 habitants). La centrale, ajoutait-il, est dimensionnée pour valoriser environ 30 000 tonnes de déchets et matières organiques par an, dont 60 % d'origine agricole et 35 % industrielle. Outre le biométhane, la société annonçait la valorisation agricole, sous forme solide ou liquide, du digestat produit. « La forme liquide par sa concentration en azote ammoniacale offre la possibilité de se substituer aux engrais chimiques. Les exploitants agricoles peuvent ainsi (…) [optimiser] la fertilisation avec un produit complet et analysé avant chaque campagne d'épandage », vantait la société dans son dossier de presse.

Plainte contre l'exploitant

Mais ce qui apparaît exemplaire en termes d'économie circulaire et de développement des énergies renouvelables (EnR) peut ne pas l'être en termes de nuisances. « Comment se fait-il qu'une entreprise, dont l'étude des dangers a été présentée à l'enquête publique en septembre 2018, puisse générer un tel accident, sinon à penser que les risques industriels de ces installations de méthanisation sont largement minimisés ? », s'étonne Jean Hascoet, délégué territorial d'Eau et Rivières de Bretagne (ERB). L'ONG ne comprend pas comment une telle quantité de digestats a pu déborder sans alarme et sans bassin de rétention prévus.

 
La méthanisation soutient un modèle agricole intensif, contraire à l'agroécologie et destructeur de l'environnement  
Fédération Bretagne Nature Environnement
 
L'association annonce le dépôt d'une plainte contre l'exploitant. Elle réclame également un moratoire sur la création de nouvelles unités de méthanisation industrielle en Bretagne. Pour les associations de la Fédération Bretagne Nature Environnement, la méthanisation « soutient, voire développe, un modèle agricole intensif, contraire à l'agroécologie et destructeur de l'environnement ». Parmi les griefs formulés contre le développement de cette filière :  les incertitudes sur l'impact des digestats épandus, les concentration d'azote et de phosphore sur les territoires, les émanations et fuites de gaz, mais aussi… les pollutions accidentelles de cours d'eau.

« Cet événement (…) est également révélateur de la fragilité de notre modèle d'approvisionnement en eau », pointe ERB. L'association déplore l'abandon, ces quarante dernières années, de centaines de petits captages communaux et le recours à des interconnexions qui « éloignent toujours plus le consommateur de la ressource ». Résultat ? En cas d'accident de ce type, « ce modèle ne laisse alors aucune alternative qu'une restriction d'usage pour des milliers de consommateurs ».

Réactions43 réactions à cet article

 

Les bretons n'ont pas fini de trinquer à la santé de l'agro-industrie en Bretagne !
Selon Le Monde, ces 80 communes totalisent 180 000 habitants. Question niveau d'emmerdement maximum pour une seule unité de méthanisation, le ratio est "excellent" ! Avec les chroniques pullulations d'algues vertes (vues de mes propres yeux pas plus tard que cet été sur la côte proche de Saint-Brieuc), qui dit mieux... ou pire (c'est selon) ?

Pégase | 21 août 2020 à 23h35
 
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C'est un accident et un mauvais calcul de l'entreprise qui a construit cette unité de méthanisation, ça ne doit pas obérer la construction de nouvelles centrales, et puis dans le reste de la France on n'est pas dépendants de captages de ce type mais de forages à cause des concentrations de nitrates.
Les nappes phréatiques en Bretagne sont très pauvres.
Une chose étrange, le gaz bio est intégré au gpl, c'est pas pour autant que le prix baisse, la rapacité anti écologique des fournisseurs de gpl est honteuse, on est passés en 10 ans de 50 cmes à 82 cmes le litre, aucun intérêt économique face au diésel, 50 cmes c'est ok, 82 non!
Ne pas mélanger avec le gouvernement, il est détaxé.

pemmore | 24 août 2020 à 09h34
 
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C'est effectivement consternant, nous en sommes à 14 projets de méthanisation dite "agricole" dans la Manche, dans des zones humides donc fragiles, dont l'une implantée sur une zone où la nappe phréatique est à moins d'un mètre, avec un accès quasi direct à la mer par les petits fleuves côtiers de surface !

BJ50320 | 24 août 2020 à 09h43
 
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dès que l'on concentre les activités il y a des risques ! faites un article fiction sur les conséquences d'un accident nucléaire en France (de type Tchernobyl ou Fukushima) et vous verrez qu'une pollution de matière organique est sans commune mesure avec la chute d'une éolienne ou un rejet accidentel en rivière !

D'ailleurs nos rivières sont polluées massivement par les villes (eaux usées sommairement traitées et caniveaux raccordés directement ...) , les rejets des stations sont tellement pollués qu'ils ne peuvent pas être utilisés dans les champs, mais ça ne choque personne que cette eau pollue la mer via les rivières et les bassins ostréicoles ...

Depuis des dizaines d’années, à chaque forte pluie les stations débordent ... depuis 3 ans je tente de dénoncer ce crime, ni la presse, ni l'administration, ni les politiques ne veulent l'entendre ...

http://pasdeclimatsanseau.unblog.fr/2020/08/21/chronique-dune-catastrophe-annoncee/

laurent | 24 août 2020 à 10h15
 
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pour répondre à Pégase : dans toutes les lois sur l'eau il faut retenir l'essentiel : AUCUN REJET en rivière !

Une rivière est caractérisée uniquement par sa ou ses sources, En captant tous les ruissellements de surface (source d'inondations et de pollutions) et en recyclant l'eau dans les sols (arrosage ou infiltration) on résoudrait rapidement les inondations et les sécheresses !
Autrement dit il suffirait d'obliger les collectivités à se mettre aux normes (code de l'environnement) au lieu de se servir des rivières comme vide ordures ...
Les Phosphates des lessives génèrent 3 fois plus d'algues que les nitrates et on se sert des crues hivernales pour nettoyer les rivières ... autrement dit tout envoyer dans la mer ...

Avec le covid, les ARS sont obligées de mettre le nez dans les rejets des stations ... avant elles faisaient confiance aux analyses des exploitants ...

laurent | 24 août 2020 à 10h39
 
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Faire une omelette sans casser d'oeufs sera difficile, mais un travail préliminaire d'évaluation des risques et l'anticipation par le déploiement de réservoirs de grosse capacité est nécessaire.
Il existe maintenant des nouvelles solutions de repli comme des réservoirs ou citernes souples qu'on trouve en location, et qui sont installables en quelques heures.
Car on n'est jamais à l'abris d'une défaillance, et le milieu naturel est trop fragile à présent

Philippe | 24 août 2020 à 10h51
 
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Si j'ai bien compris, cette installation devait traiter 30 000 tonnes de déchets par an, soit plus de 82 tonnes par jour. Ce qui la soumettait auparavant à la procédure d'autorisation ICPE. Car depuis le Décret n° 2018-458 de 2018 donc, il faut atteindre 100T/j pour être soumis à autorisation. Cherchez l'erreur ! Simplifions, simplifions, déréglementons, déréglementons !

Paul | 24 août 2020 à 11h19
 
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mon cher, très très cher Laurent, si aucun rejet d'eau en rivière était possible cela se saurait ! et votre blog serait enseveli de réactions positives! Mas il existe des lois dont celles de Darcy, Bazin et autres sur les écoulements sans compter la loi universelle de Saint Venant! il faut quand même savoir que les nappes phréatiques (quasi inexistantes dans les terrains granitiques) coulent, ont des gradients de vitesse ! Si si ! Si elles ne coulaient pas elles déborderaient toutes !!! et on ne saurait pas quoi faire de l'eau sur terre ! Maintenant sur le registre des bêtises, on les collecte autant que les algues vertes ! Et oui Paul, on tolère maintenant n'importe quoi ! on restreint les interdits comme seuil des ICPE, la suppression de la première instance dans les plaintes contre les éoliennes, etc.

zhaooo2000 | 24 août 2020 à 15h35
 
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30 000 t/an ? L'arrêté d'autorisation du 09/12/2014 indique 124 t/j, soit presque 45 000 t/an ! Le communiqué de presse de l'inauguration indique 30 000 t/an ! C'est a ce demander qui faut-il croire ? L’administration, l'industriel ou le journaliste ?

https://www.georisques.gouv.fr/risques/installations/donnees/details/0055.18290#/

PatrickOpti | 24 août 2020 à 16h40
 
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Beurk, beurk, beurk, ça ne donne pas envie d'aller habiter en Bretagne. Et les bretons alors , ils s'en fichent de boire de l'eau ammoniacale,sûrement pleine de bactéries ? Car il n'y a pas que de l'ammoniac dans le digestat!!! Qu'est ce qu'ils attendent pour manifester ? Et tous ces pauvres cochons dans leurs fermes usines dont l'odeur qui s'échappe parfume la campagne à des km alentour! A nous les vertes prairies, les plages engluées d'algues vertes, les pestilences , les nappes polluées aux nitrates , la charcuterie aux nitrites, les coquillages empoisonnés, quel beau pays de cocagne! Elle est pas belle, ma publicité?

gaïa94 | 24 août 2020 à 16h49
 
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@PatrickOpti Comme indiqué dans l'article, le chiffre de 30 000 t/an est celui annoncé par l'exploitant au moment de l'inauguration de l'installation.

Laurent Radisson Laurent Radisson
24 août 2020 à 16h59
 
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Cet accident est similaire à celui qui s'est déroulé dans le Lot avec un stockage déporté de digestat appartement à l'unité Bioquercy (groupe Fonroche) implantée à Gramat. Il y eu déversement de 400m3 de digestat qui se sont écoulés sur une route puis des chemins, dans le causse. Ce digestat s'est infiltré dans les sols calcaires fissurés, tout au long du parcours de ce dernier (1km300).
Dans cette zone, il y a un captage, distant de quelques kms, alimenté indirectement par les réseaux souterrains de la rivière souterraine de Padirac, et surtout très peu d'habitants concernés. Concernant les analyses d'eau, il y en eu très peu, tardivement, et les administrations, tardivement, n'ont pas cherché beaucoup de polluants.
Nous avons fait analyser le digestat par un laboratoire indépendant, il contenait des siloxanes, dont un cancérigène et reprotoxique, des métaux lourds en forte quantité: cuivre, zinc, etc. L'administration nous a confirmé que ces analyses ne valaient rien, car pas effectuées suivant leur protocole.
Actuellement ces sites de stockage satellites ont considérablement augmentés, ce qui fait une multitude de point de pollutions potentiels!
Il y a eu une autre fuite mais chez un agriculteur en terrain privé, mais cela ne s'est pas su.
Le Lot, département karstique, a vocation à devenir une poubelle!

cf. article du Monde du 29 janvier 2019
Dans le Lot, les craintes d’« une catastrophe écologique » liée à l’épandage de digestat

jean | 24 août 2020 à 17h56
 
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Pour notre association, Canal 29 ster vras (association qui ne demande pas de subvention) il y a au moins 2 problèmes majeurs: la pollution et son traitement. Il se trouve que l'essentiel des réactions qui apparaisssent dans les médias montrent du doigt l'unité de méthanisation, avec sur la même ligne, Eau et rivière, la Clcv et, la région Bretagne qui souhaite "punir les responsables" de la pollution mais il y a un autre problème: la diffusion de la pollution dans tout un réseau d'eau potable. En clair: est-ce que l'Etat, localement la préfecture, pilote de la cellule de crise, a joué correctement son rôle pour assurer la sécurité publique? De ce point de vue, il y a un manque de transparence évident.

RémyJan | 24 août 2020 à 18h43
 
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@gaia94,
dommage tu aurais du faire ce post début juillet que ça évite cette année de voir rajouter des pollutions à ARN non demandées.
Nos pollutions rendent malades les autres tuent, évitons de les partager.

pemmore | 24 août 2020 à 18h44
 
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Croyez vous que ce déferlement d'observations viendra troubler la tranquillité sereine de tout ce beau monde qui a mis les doigts dans la confiture???
Et si on leur demandait des comptes?

le neurone en vadrouille | 24 août 2020 à 18h55
 
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Eh ben ça promet! Adieu stalactites et stalagmites blanches et pures, rivières souterraines cristallines...Les ondines vont succomber, quelle horreur! Où avez vous prélevé le digestat pour le faire analyser ? Il faut le prendre à la source, si je puis dire...

gaïa94 | 24 août 2020 à 19h21
 
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Mais c'est le neurone en vadrouille qui a raison: demander des comptes au préfet, qui essaie de diluer la pollution ! On est où là??? Et qui ne trouve pas anormal de donner des autorisations pour traiter 30 000 tonnes de déchets par an ! On n'est pas ici dans la quatrième dimension ? Faut pas s'étonner des accidents , ensuite!Et oui, pemmore: chacun chez soi, gardez vos miasmes pour vous, on en a déjà assez comme ça en région parisienne.Qui peut me dire où on peut vivre encore en France, sans se poser de questions sur ce qui va nous tomber sur la g...? Parce qu'entre les boues rouges à Marseille , Lubrizol à Rouen, les infiltrations de digestat dans le Lot,les pollutions multiples en Bretagne, la poubelle nucléaire à Bure, les vieilles centrales qui risquent de nous péter à la figure , et j'en passe... moi je prends un aller simple pour quitter le pays, voilà! Demerdenzizich!

gaïa94 | 25 août 2020 à 14h31
 
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jean

Le digestat a été prélevé sur la route bitumée, vu l'épaisseur et les volumes qui s'écoulaient.

Pour la méthanisation, dans le Lot, c'est une opportunité pour certains de faire de l'argent en surfant sur la mode énergie renouvelable. Dans le Ségala lotois, château d'eau du causse, 4 méthaniseurs sont en cours, avec 4 dossiers séparés, ce qui évite l'enquête publique. A eux 4, cela fait 87000 tonnes d'intrants, et des surfaces à épandre énormes, à la fois sur le Ségala, secteur très pentu, riches en zones humides et ruisseaux, et sur le causse, terrains fissurés avec des circulations d'eaux souterraines.
Les agriculteurs sont incités et tentés de faire des élevages, qui avec les contraintes sanitaires actuelles, nécessitent beaucoup d'eau et de désinfections, génèrent beaucoup d'effluents liquides qui alimentent les méthaniseurs.
Le digestat produit est en majorité liquide, chargé de produits chimiques dus aux désinfectants, de cuivre , de zinc, de métaux lourds. Il faut en effet savoir que le cuivre et le zinc font part de la composition des aliments servis aux animaux.

Ces méthaniseurs ne récupèrent pas la chaleur, produisent de l'électricité et non du biogaz: c'est une aberration. Cela enrichit quelques agriculteurs qui sont une minorité!

jean | 25 août 2020 à 16h24
 
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Le CSNM recense 159 incidents sur 113 sites de méthanisation. Plus de 2% d'incidents par an et par méthaniseur dans les 4 dernières années. 169 associations de riverains mécontents, plus de 170000 signatures de pétitions. 10000 méthaniseurs sont annoncés pour 2050 par GrDF et Solagro, pour une énergie produite ridiculement faible. Cela mérite-t-il tous ces désagréments ? L'eau, les sols et les airs seront impacts.

Daniel | 25 août 2020 à 16h47
 
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@ Daniel : "une énergie produite ridiculement faible" certes, mais pour une telle manne fiscale ! Pourquoi croyez-vous que sortent ainsi de terre un peu partout ces unités de méthanisation ? Pas vraiment par amour invétéré de la terre ni par passion de lutter contre le changement climatique en produisant un gaz "vert" (notamment du méthane, gaz à potentiel de réchauffement climatique 34 fois plus élevé que le CO2, mais aussi du CO2).
Et là aussi, le milieu agricole intensif a su parfaitement se montrer convaincant auprès des collectivités territoriales, régions en tête, pour lui ouvrir grand le robinet à subventions et à douceurs fiscales. Fort bien joué de leur part, une fois de plus, si j'ose dire.
Mais ensuite, lorsque surviennent des pépins, hop !, c'est très largement à la nature de gérer le merdier (dans le cas présent, on a laissé la pollution descendre tranquillement jusqu'à la mer par le cours d'eau l'Aulne), au contribuable et au consommateur d'eau sensée être potable d'éponger la note. Elle est pas belle, la vie d'affairiste ?

Pégase | 25 août 2020 à 22h20
 
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Ces méthaniseurs (à mon avis difficilement rentables vu la dimension) sont tout de même un progrès face à l'épandage de lisiers (senti cette semaine en sarthe), on a un gaz qui sert en général à créer de l'électricité, parfois liquéfiés pour mixer au gpl, et des intrans inertes pour les sols, donc un progrès malgré tout et un revenu additionnel pour l'agriculteur.
On va sans doute faire comme pour les centrales atomiques, agrandir les cuves de rétention.
On peut tout de même se poser la question de ces captages à une époque ou même l'eau des égoûts peuvent devenir potables, ils doivent être bourrés de nitrates mal filtrées.

pemmore | 26 août 2020 à 09h32
 
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les métaux lourds des boues de méthaniseurs proviennent des boues de stations d'épurations dont on cherche à se débarrasser en les diluant avec de la matière organique ...
diluer les polluants c'est aussi ce qu'on fait dans les rivières avec les rejets de stations d'épurations ...

mais depuis le covid 19 les ARS sont obligées de signaler les "débordements intempestifs" ...

Cet hiver il faudra s'attendre (comme l'an dernier) à de fortes pluies qui entraineront (comme l'an dernier) des débordements massifs de stations d'épurations et une pollution massive des bassins de conchyliculture (comme l'an dernier) ...

Ne comptez pas sur les huitres à Noël !

laurent | 26 août 2020 à 09h52
 
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@ Penmore

Normalement les cuves doivent être placées dans une zone de rétention. D'après les images et rapport de l'inspecteur la cuve de pompage n'est pas située dans une zone de rétention mais au niveau de la zone de retournement des camions.

Des débordement de cuve sont malheureusement fréquent en méthanisation avec des conséquences pouvant être désastreuse. Souvent lié à une mauvaise gestion ou à des sondes de niveau inadapté (moussage biologique par exemple, indétectable par des sondes basiques)

Effectivement le développement de la méthanisation est un progrès par rapport à l'épandage de lisier. Le digestat vient en substitution de l'ammonitrate (pétrochimie) et permet de réduire les besoins en chaulage. Néanmoins on reste sur des apports d'azote minéral destiné à nourrir les cultures directement et non pas les sols (qui de toute façon sont quasiment mort..)

L'utilisation de digestat permet aussi de réduire les émissions de particule fine émise par l'épandage d'ammonitrate et de chaux.

Les méthodes utilisées pour l'épandage du digestat aujourd'hui reste productrice d'émission de protoxyde d'azote, également un gaz considéré comme gaz à effet de serre...

Je vous rejoins donc sur cette notion de progrès, mais l'outil reste mal utilisé actuellement à mon sens. La méthanisation restera malheureusement nécessaire pour la gestion des bio-déchets, que de toute façon nous continuerons à produire.

Optimisons ces sites, et améliorons leur utilisation !

PatrickOpti | 26 août 2020 à 10h06
 
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jean: merci pour ces précisions.Il faut donc s'attendre dans les années qui viennent à voir tout le sous-sol des Causses bousillé pour toujours. Le problème vient bien des agriculteurs qui ne se posent guère de questions quant à leurs pratiques,ils ne sont sûrement pas sans connaître les conséquences de leurs actes...donc ils s'en fichent. Il ne faut pas s'étonner ensuite du manque de soutien des populations, qui en ont vraiment marre de voir ces pollueurs continuer à tout foutre en l'air.C'est trop demander de revenir à des pratiques saines et naturelles ? Moi je ne mange plus de viande depuis longtemps, trop dégoûtée.

gaïa94 | 26 août 2020 à 10h11
 
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Je me permets de rappeler qu'il y a plusieurs types de digestat, le digestat liquide est le plus facile à produire. Son hygiénisation n'est pas complète, et pour les détails je renvoie au site du CSNM (Collectif scientifique pour une méthanisation raisonnée) qui regroupe des universitaires, des ingénieurs agronomes, des hydrologues, des géologues, etc. 
Il dégaze énormément lors de l'épandage, sauf s'il est enfouie, ce qui est impossible sur les sols de type prairie et autres sur les causses où les rochers afleurent, ce qui entraîne des mortalités conséquentes d'abeilles, et d'autres insectes. Les rapports de l'ANSES sur le digestat liquide montrent une mortalité conséquente des vers de terre, ainsi que le présence de bactéries, d'où pour certains digestats liquide un refus d'homologation.
Les analyses de sol effectuées par des spécialistes (LAMS) montrent une forte diminution de la microfaune du sol.
Dans le causse, certains agriculteurs sont contents, après les épandages de digestat sur les prairies et autres, les sangliers ne viennent plus : il n'y a plus de vers !

Les agriculteurs qui emploient du digestat liquide utilisent aussi des engrais minéraux.

Le lisier contient des bactéries mais les agriculteurs peuvent faire du compostage, ce qui les élimine.

Les engrais minéraux dégagent des particules tout comme tous les autres épandages, mais ils sont hygiénisés.

jean | 26 août 2020 à 15h16
 
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jean: tout ça est franchement dégueu. Libérez moi ces pauvres animaux qui vivent entassés dans leurs cages en béton , par pitié! Quand reverrons nous des cochons gambader dans les futaies, des vaches brouter l'herbe avec leurs veaux , des chèvres escalader les talus, des moutons batifoler sur la lande, des poules, des oies, des dindes et des canards se reposer près des mares? Quelle horreur que cette économie actuelle, ça me coupe l'appétit. Mais je fais des émules, de plus en plus de personnes de mon entourage se détournent de la viande et certains aussi des produits laitiers. Voilà à quoi ça mène quand on fait n'importe quoi.

gaïa94 | 26 août 2020 à 15h53
 
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@Penmore, pouvez-vous préciser sur la réduction en chaulage grâce à la méthanisation ? Les digestats sont fait d'ammoniac minéral en très grande partie (90%), et l'ammoniaque ainsi que la minéralisation des sols sont des responsables de l'acidité des sols ... que l'on compense par chaulage ...
Quant au noircissement des cultures par cet apport de digestat, le taux moyen pour une bio assimilation végétale maximale est de l'ordre de 10/90 pour NH4+/NO3-, or le digestat liquide n'est fait que de NH4+ ...
Les particules fines sont émises par épandage, par transformation des NH4+ et recombinaison ...
Le protoxyde d'azote N2O est 300 fois plus GES sur 100 ans que CO2, n'est-ce pas une bonne raison pour en tenir compte et ne pas épandre les digestats liquides ?
Le lisier contient un peu de carbone, aussi il est un amendement (faible) des sols. Alors que le digestat liquide n'en contient pas. Ce n'est donc pas un progrès en terme de gestion des déchets. La méthanisation ne gère rien, elle produit 90% de déchets=digestats, en enlevant du carbone qui aurait pu revenir au sol en l'amendant, et et libérant au moins autant de N et autres intrants potentiellement ennuyeux, que ce qui y est entré.

Daniel | 26 août 2020 à 16h07
 
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@Pegase, je vous rejoins 100% !
Une petite précision, lorsque vous mentionnez un PRG de 32 pour CH4: c'est vrai sur 100 ans (l'ADEME au passage prend 25 dans ces calculs). Mais un méthaniseur ne vit pas 100 ans ! Ainsi pour calculer l'impact environnemental d'un méthaniseur, il faudrait prendre des valeurs de PRG sur leur durée de vie. 30 ans ? A 30 ans, le PRG de CH4 est proche de 70, ça change tout ! Les émissions de GES des méthaniseurs et de leurs épandages les ramènent à des producteurs de GES, sans compter l'appauvrissement en COS des sols qui en produit aussi. Et je parle par du PRG de N2O à 30 ans !

Daniel | 26 août 2020 à 16h12
 
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Les boues de STEP sont pour beaucoup épandues sur des parcelles agricoles de grandes cultures, bien souvent aux frais de la collectivité. L'exploitant agricole qui les accepte est au moins doublement gagnant : cet amendement ne lui coûte rien, ni la matière ni la manutention. Pourquoi pas après tout : si la matière est de qualité conforme au cahier des charges des textes en vigueur, c'est encore la façon la plus intelligente de gérer ces montagnes de boues produites chaque année. Sauf que, d'après les situations que je connais, cela ne profite guère à des paysans mais plutôt à des agri-managers (mais c'est un autre débat).
Donc, rien de bien nouveau sur le sujet, laurent.
En revanche, des métaux lourds et bien d'autres molécules indésirables issus du ruissellement des engrais minéraux et traitements agricoles conventionnels vont se concentrer dans les retenues collinaires et autres bassines que vous appelez pourtant de vos vœux. Cela devrait donc tout aussi logiquement vous interpeller, non ?

Pégase | 26 août 2020 à 16h16
 
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Chacun pourra constater de manière factuelle ce que nous vaut une méthanisation à marche forcée vers l'agro industrie, qui ne ressemble en rien à ce que l'on pourrait en attendre: une méthanisation à la ferme avec des circuits couts pour l'approvisionnement en intrants, une récupération de la chaleur produite et une production de digestat respectueuse de l'environnement.
C'est même possible avec des méthaniseurs industriel (Andros dans le Lot, Danone à Evian).
Je ne parle pas non plus des approximations et des affirmations qui présentent le digestat liquide comme une sorte de compost. C'est ce qui s'est passé dans le Lot lors de la phase de présentation du projet Bioquercy aux élus avant que le dossier n'arrive en enquête publique, effectuée bien sur au milieu de l'été

Collectif Scientifique National Méthanisation raisonnée (CSNM)

jean | 26 août 2020 à 17h28
 
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@Daniel,
merci pour cet intéressante étude concernant les méthaniseurs.
C'est vrai que les sociétés qui sont partie prenantes dans cette fabrication de gaz vert sont très muettes concernant les défauts pratiques, du coup j'ai essayé de glaner une info très très pauvre, presque secrète, et puis l'arrivée massive d'opposants qui feraient mieux de s'occuper de leurs villes et bloquer les diésels.
Peut être sur les sites d'élevage porcin on trouve des infos objectives.
Le méthane en carburant vert me plait bien et pourrait pousser à l'usage du gpl, une révolution ratée des années 2000, un seul constructeur au monde à réalisé des moteurs gpl, les autres ayant tous adapté à la va vite des moteurs pas faits pour ça.
On pourrait même espérer les mêmes aides que 100% électrique.

pemmore | 26 août 2020 à 23h08
 
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@pemmore : tu as raison le GPL ne pollue pas , les voitures équipées ont une vignette "crit'air 1". d'ailleurs quand on cuisine au gaz dans les maisons on ne s'intoxique pas !
La méthanisation est en fait une vieille technique d'après guerre, quand il n'y avait pas de pétrole mais des idées ...
la combustion d'énergie fossile pose des problèmes de pollution dans les zones de forte concentration urbaine et de dépendance énergétique. le GPL est donc une bonne alternative, et d'un point de vue global moins polluante que les batteries des véhicules électriques dont on n'a pas les matières premières.

laurent | 27 août 2020 à 09h52
 
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@Penmore et @Laurent, malheureusement le GPL, si provenant de la biomasse, produira les mêmes travers: trop peu efficace à produire pour pouvoir remplacer de façon significative quelque combustible qui soit, sans occuper toute la surface terrestre ... De plus, il convient il me semble de différencier le GPL (liquide) du GNV (gazeux sous pression). Le premier nécessite des soupapes de sécurités sur les réservoirs, pour éviter les surpressions (cas des camions) en cas d'ensoleillement ou autre. Et dans ce cas, que relargue-t-on dans l'atmosphère ? du CH4 ...

Daniel | 27 août 2020 à 18h08
 
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@Laurent, sur les boues de step et les traces de métaux lourds: leur méthanisation n'y change rien a priori. Tous les métaux qui entrent ressortent dans les digestats et seront épandus. C'est donc une pollution long terme assurée, sauf à contraindre sévèrement les analyses et utilisations. Les derniers décrets sur les digestats vont en sens inverse. Il y a qq exceptions: Plomb et Mercure par exemple. Ces deux métaux ont une pression de vapeur saturante faibles qui permet d'imaginer que s'ils entrent dans le méthaniseur, une partie puisse en sortir sous forme gazeuse, donc injectée dans le réseau GrDF, et répandue ... chez vous via la gazinière. Je n'ai pas réussi à obtenir un spectrogramme de masse du gaz épuré et injecté dans les tuyaux GrDF/GRTGaz ...

Daniel | 27 août 2020 à 18h16
 
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laurent: le GPL émet des GES par sa combustion, particulièrement du CO2 et de la vapeur d'eau, qui est aussi un gaz à effet de serre.Donc cela pollue bel et bien même s'il ne s'agit pas de particules fines. jean: 200 % d'accord avec vous, sauf sur un point : l'ammoniaque est une base, donc je ne vois pas comment elle pourrait acidifier les sols.Pour ce qui est des élus, beaucoup croient sur paroles ce que les porteurs de projet veulent bien leur dire, surtout s'ils flairent des subventions ou des emplois à la clef , certains ne se donnent pas la peine de vérifier scientifiquement les données et préfèrent répéter comme des perroquets ce qu'ils ont compris, et qui n'est pas toujours la réalité. C'est aux associations de faire le boulot et de prévenir les populations, et heureusement qu'elles sont là , n'en déplaise à leurs contempteurs.D'où le nombre invraisemblable de pétitions et de recours comme nous l'indique Daniel: et vous croyez que ça ferait réfléchir le gouvernement ? Pas une seule seconde ! Moi j'ai compris: il s'agit d'emm... les français et là ,ceux qui nous gouvernent sont contents , on va avoir la dose!

gaïa94 | 27 août 2020 à 18h26
 
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Daniel: c'est le dose qui fait l'effet: et donc la concentration de vapeurs de plomb et de mercure qui s'échappent via le réseau sachant que ces deux métaux sont extrêmement toxiques à très faible dose. C'est vous qui manipulez le spectro de masse ou vous cherchez sur le net ? Il serait aussi intéressant de connaître la concentration moyenne de métaux contenus dans ces boues et effluents.

gaïa94 | 27 août 2020 à 18h55
 
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@Gaïa94, la réaction métabolique du système racinaire des plantes (pas toutes) fait que si on apporte des ions NH4+ (dans la base NH4-OH que forme le digestat liquide) au sol, l'azote (N) nécessaire aux plantes est pompé dans ce réservoir de NH4+, et le système racinaire émet dans le milieu des H+ pour compenser, ce qui acidifie le sol. A l'inverse, en milieu oxydant où l'azote se trouve sous forme nitrate (NO3-), le pH du sol augmente légèrement (peu pour d'autres raisons).

Daniel | 27 août 2020 à 19h32
 
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@Gaia94, plus que la dose c'est surtout l'accumulation dans l'organisme. On se rappelle des oranges au mercure. Un spectre de masse peut se monter facilement sur un poste d'injection dans les tuyaux, et peut asservir l'injection si un seuil est dépassé. Ce n'est pas cher. Imaginez par exemple le futur projet de méthaniseur autour du site de MétalEurope dans les Hauts de France, contaminé au Pb, Hg, Zn, Cd ... sur lequel les porteurs veulent faire pousser du Miscanthus, plante qui incorpore tous ces éléments qui se retrouveront dans les digestats et potentiellement dans les gaz injectés ...

Daniel | 28 août 2020 à 12h29
 
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Le Collectif Scientifique National Méthanisation raisonnée (CSNM) a émis dans le cadre de la consultation sur la proposition de cahier des charges CDC DIG regroupant les caractéristiques des précédents cahiers des charges 1, 2 et 3, et l’étendant aux digestats industriels (Enquête Publique Nationale disponible sur https://agriculture.gouv.fr/consultation-publique-sur-les-conditions-dapprobation-dun-cahier-des-charges-pour-la-mise-sur-le; terminée le 15 août 2020): CAHIER DES CHARGES DIGESTATSS DE METHANISATION D’INTRANTS AGRICOLES ET/OU AGRO-ALIMENTAIRES CDC Dig.

Ce genre de consultation, dont les précédentes observations n'ont jamais été prises en compte, vise à donner au digestat un statut de déchet, en mélangeant également tous les types de digestat et d'intrants. Il y a aussi de manière connexe plus de nécessité de plan d 'épandage.


Je renvoie pour ceux qui veulent se documenter aux différents sites du CSNM qui pourront juger de ce qui va impacter les sols dans le futur, car ce qui va se passer, c'est l'épandage à grande échelle de tout types de digestat, sans contrôle réel, et en augmentation constante avec l'accroissement des méthaniseurs, industriels ou non.

Sites: Twitter du CSNM , ou le groupe Facebook , ou le groupe LinkedIn . Evidemment sur ces liens, la présentation est sous forme de mur, qu'il faut redescendre pour remonter dans le temps.

jean | 28 août 2020 à 16h15
 
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jean et daniel : merci pour ces précisions. J'avoue que je ne m'étais jamais posé la question du devenir des ions NH4+ dans le sol via les racines. Je me demande : quand j'épands des cendres , donc de la potasse, au pied de mon cèdre, est ce que je contre l'acidité du sol ou non , finalement ? C'est très bien de brancher un spectro sur un poste d'injection en fabricant un seuil, mais que se passe t-il quand ça coupe ? Il ne faut pas que l'utilisateur ait un besoin de gaz en continu.Donner au digestat un statut de déchet devrait conduire à ne plus l'épandre mais à le traiter comme tel, dans des entreprises spécialisées,surtout s'il contient des polluants comme des métaux. C'est délirant de s'imaginer qu'on va laisser étaler dans toute la France des mélanges hautement toxiques sur les sols! Qui sont les dingues qui prennent ces décisions ? Ils ne se disent pas qu'ils vont ingérer tôt ou tard ces polluants , comme tout le reste de la population? Je remarque que l'enquête publique s'est terminée en plein milieu des vacances scolaires, comme à chaque fois que le sujet dérange. Et je ne connais pas l'épisode des oranges au mercure!

gaïa94 | 28 août 2020 à 16h44
 
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@Gaia94, oui ce n'est pas une simple réaction acide/base ...
- Cendres: des cendres de bois j'imagine. Pour avoir du potassium ... oui un relèvement de pH peut s'opérer par épandage de cendres. Attention pas trop.Vous voulez faire pousser des concombre sous votre cèdre ?
- Spectro: Si ça coupe au point d'injection GrDF/GRTGaz, ils vont pas être contents ... Ces méthaniseurs veulent de gros volumes pour être stables toute l'année. L'injection est promue pour un régime continu.
- Digestat: la récente consultation sur le CDC Dig va dans le sens de sortit les digestats du statut de déchet. C'est regrettable, inconscient, et va à l'encontre du principe de précaution. Après consultation, les observations (le CSNM et le CNVM en ont posé évidemment) doivent en principe être analysées par les responsables. Ces consultations sont toujours en juillet-août ... ce n'est donc pas la volonté de dingues, mais de personnes sachant très bien utiliser les procédures.
- Oranges au Hg: j'ai l'avantage de l'âge probablement ...

Daniel | 28 août 2020 à 17h47
 
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Merci Daniel pour ces informations.Pour le cèdre , ce sont des cendres de ma cheminée dans laquelle je brûle des bûches et c'est juste pour que l'herbe repousse car les aiguilles ont acidifié le sol!

gaïa94 | 28 août 2020 à 22h25
 
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Débat passionnant bien que je ne sois pas techniquement assez averti pour tout assimilé. Je retire quand même globalement que cette masse d'observations montre bien que les réflexions préalables, études d'impacts, conséquences socio-économiques, ont été largement sous-estimé et qu'une fois encore l'a emporté la tranquille suprématie des tenants de l'agriculture intensive.
Quelques observations.
On peut se poser quelques questions sur cette histoire d'autorisation de dérogations accordées aux préfets. A priori ceux-ci sont essentiellement faits pour faire appliquer les consignes de l'État et faire remonter vers l'État les sensibilités de la population. Dans ce dernier chapitre on peut constater que seules les injonctions de l'agriculture intensive remonte sans difficulté tandis que le ras-le-bol exprimé massivement par le long gémissement du bas peuple sur les fâcheuses conséquences de cette prise de pouvoir au détriment tant des intérêts de l'État que de ceux des particuliers.
On peut se douter que les préfets ne disposent pas des moyens techniques pour pouvoir justifier de telles dérogations et que celles-ci leur sont donc imposées soit par l'État, soit par ce lobby– ce qui revient au même pensent certains.
En tout état de cause si un dispositif de loi nécessite autant de dérogations c'est que la loi est mal faite.
J'ai cru comprendre que le premier ministre avait listé (6/8)les pérequis que les préfets doivent respecter s'ils veulent déroger aux normes réglementaires. Chich

le neurone en vadrouille | 30 août 2020 à 11h54
 
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