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La Commission présente plusieurs options pour faire face aux espèces envahissantes

Pour mieux faire face à la problématique des espèces envahissantes qui coûte chaque année 12 milliards d'euros à l'Union européenne, la Commission a présenté plusieurs options stratégiques à étudier et à choisir d'ici 2010.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
La Commission présente plusieurs options pour faire face aux espèces envahissantes
© Julien le Breton / UICN France
   
Qualifiées d'envahissantes lorsqu'elles sont implantées volontairement ou non dans une région dont elles ne sont pas originaires mais où elles se développent très rapidement, ces espèces animales et végétales sont la troisième cause de perte de biodiversité dans le monde. Elles sont impliquées dans la moitié de toutes les extinctions des 400 dernières années et peuvent aussi avoir de graves conséquences économiques, sociales et sanitaires : dégradation de la nature, des paysages et du potentiel touristique, impacts sur l'agriculture, l'élevage ou la pêche, menaces sur la santé humaine dans le cas des virus, des bactéries et de certains insectes.

L'Europe n'est pas ignorée par ce fléau. Le projet DAISIE a permis de recenser 10.822 espèces envahissantes en Europe dont 10 à 15 % devraient avoir un impact négatif sur l'économie ou l'environnement. Le ragondin et le rat musqué par exemple, introduits en Europe pour leur fourrure, causent de graves dégâts aux barrages, aux canaux et aux systèmes d'irrigation et de protection contre les inondations. La coccinelle asiatique risque de son côté d'entraîner la disparition des coccinelles indigènes du Royaume-Uni, ainsi que celle de certains papillons et autres insectes. Résultat, le coût pour les économies européennes du contrôle des espèces envahissantes et de la réparation des dommages qu'elles occasionnent est estimé à 12 milliards d'euros par an minimum.

Une réglementation qui manque de cohérence

À l'heure actuelle, la législation européenne concernant cette problématique est basée sur les règles liées au commerce et aux questions sanitaires mais il n'existe pas de système harmonisé entre pays voisins pour le suivi et le contrôle des espèces envahissantes et de leurs effets sur la biodiversité. La Commission européenne a été saisie pour élaborer une stratégie communautaire sur ce sujet.
Après avoir lancé une consultation publique destinée à recueillir des suggestions en la matière, la Commission a présenté hier une série de mesures. Plusieurs options stratégiques sont proposées et notamment la mise en place d'un système d'information et d'alertes rapides dans toute l'Europe pour signaler les espèces nouvelles ou émergentes et prévoir leur éradication. L'Agence européenne de l'environnement a d'ailleurs lancé une consultation publique à ce propos en octobre dernier.

Une autre option consiste à compléter la législation par des mesures volontaires : contrôles aux frontières réguliers par les États membres et codes de conduite volontaires encourageant une attitude responsable de la part des détaillants et des consommateurs.
La Commission envisage autrement de modifier la législation en vigueur afin de couvrir un nombre plus important d'organismes potentiellement envahissants. La liste des espèces interdites par des réglementations de commerce relatives aux espèces sauvages pourrait également être allongée.

Une dernière option consiste à élaborer un nouveau cadre juridique de lutte contre les espèces envahissantes. Une agence spécialisée pourrait être mise en place pour gérer les aspects techniques et des procédures obligatoires de surveillance et de communication des informations, ainsi que des mécanismes de réaction rapide devront être établies.

Les parties prenantes et les autres institutions européennes sont invitées à se prononcer sur ces options. La Commission prévoit de tenir compte des observations pour finaliser sa proposition de stratégie communautaire qu'elle entend présenter en 2010.

Réactions5 réactions à cet article

 
surtout, ne pas gêner le commerce !

(encore) un bel exemple d'immobilisme de la part des autorités européennes. On va faire appel à un "code de conduite volontaire" des commerçants et des consommateurs, dont certains ne savent même pas lire ou n'ont absolument rien à faire de la biodiversité, notion floue pour beaucoup ! Quant aux vendeurs d'espèces exotiques en tous genres, c'est sûr que de faire appel à leur éventuelle bonne volonté va tout changer, tout le monde sait bien que ce n'est pas le chiffre d'affaire mais l'amour de la nature qui les motive...
la liste des espèce interdites à la vente "pourrait" être rallongée : pourquoi on attend ? finalement, ça ne changerait pas grand chose, vu qu'il n'y a quasiment pas de contrôles aux frontières et que n'importe qui peut vendre n'importe quoi sur la place publique, sauf bien sûr de la méchante drogue si on n'est pas pharmacien. Qui vérifie que jardiland et animaleries ne vendent bien que des espèces autorisées ? A quelle fréquence se font ces contrôles prévus par les lois déjà existantes ? Quelle est la probabilité pour les tricheurs de se faire pincer ? Y a -t'il une vraie traçabilité des animaux importés de pays où la corruption est courante ?
Parfois, se poser des questions, c'est déjà y répondre.

botanion | 27 novembre 2008 à 09h31
 
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24 ans de progression de CAULERPA TAXIFOLIA.......

Espèce envahissante introduite en Méditerranée dés 1984.Des milliers d'hectares envahissent les fonds marins jusqu'à parfois 90m de profondeur. Les pouvoirs publics ont été alertés par quelque 30 organismes scientifiques internationaux qui ont constaté la destruction de la biodiversité(faune,flore y compris parfois l'envahissement de Caulerpa Taxifolia dans les herbiers de posidonies protégés(normalement)..par la loi.La règlementation est faite de conventions internationales qui se recoupent plus ou moins, ratifiées par les Etats. Ces conventions ne sont presque jamais contraignantes mais faites de recommandations, de telle sorte que les Etats y adhèrent assez volontiers. Le protocole de Barcelone de 1995 (article 13) qui s'applique à la Méditerranée va plus loin car il fait obligation aux Etats de prendre les mesures appropriées pour règlementer l'introduction d'espèces non indigènes et pour détruire celles ayant des effets nuisibles sur les habitats et les espèces endémiques.Ces mesures sont-elles mises en application...?
En France, seule l'Ile de Port Cros (parc national) bénéficie de protection par arrachage manuel effectué sous contrôle des scientifiques de l'Etat, (arrêté ministériel de 1993 interdisant sa récolte, sa vente et son transport).
Je suis atterrée en lisant dans le Newsletter-Actu-Environnement de ce jour "La commission européenne a présenté plusieurs options statégiques à ETUDIER ET A CHOISIR D'ICI 2010" !!Pendant le même temps:
Elle court, elle court la Caulerpa Taxifolia(1cm/jour, voire plus si ensoleillement) se moquant bien des états de réflexion qui n'en finissent pas de réfléchir.
Dolorès BAUDELOT

Skylark | 27 novembre 2008 à 16h09
 
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Ne pas confondre "envahissante" et "invasive"

Je me permet de faire remarquer que votre article concerne les espèces "invasives" qui se définissent par leur caractère non-autochtone. Les envahissantes sont des espèces locales qui se développent de manière importante mais qui se régulent naturellement : on peut citer l'ortie ou le roseau par exemple.
Cette nuance est très importante en particulier en ce qui concerne les moyens a mettre oeuvre.
De plus, comme dans tout problème environnemental, l'information au public est très importante et il ne faudrait pas entretenir ce genre de confusions.

Jean | 01 décembre 2008 à 01h06
 
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Appliquer les lois !

Tout à fait d'accord avec Botanion.
Pour aller encore plus loin, le premier problème est de savoir quels moyens ont se donne pour faire appliquer la loi.

Entre ce premier frétillement de la bureaucratie européenne et la mise en mouvement de notre bureaucratie nationale normalement en 2010, combien d'année vont s'écouler pour traduire en faits concrets cette stratégie ? Combien d'espèce auront été introduites pendant ce temps en Europe ? Et dans l'outre-mer communautaire ? Il faut prendre conscience de cette urgence, ce n'est pas la peine de protéger les espèces et les milieux si c'est pour laisser introduire des organismes allochtones à tout va.

En parlant de l'outre-mer, c'est quand même fou de voir que c'est l'UICN et le WWF qui ont lancé le recensement des espèces invasives dans l'outre-mer français, alors que l'UE et que l'Etat français n'ont pas bougé malgré une stratégie nationale pour la biodiversité et un Grenelle de l'environnement (sic !)

La vérité est que ceux qui nous gouvernent n'ont pas la volonté de mobiliser les sommes nécessaire pour être réactifs sur ce sujet. Plus grave encore, les quelques fonctionnaires chargés de faire appliquer la règlementation méconnaissent la loi, ne sont pas sensibilisé à ces problématiques ni formé pour reconnaitre au frontière, ou dans les magasins les organismes potentiellement invasifs dont le commerce est interdit. Dans ces conditions on peut faire toutes les lois que l'ont veux, elles ne pourront être appliquer.

Curieusement, la situation est tout autres quand il s'agit de traquer les contre-façons ou les clandestins...

Rémi | 01 décembre 2008 à 15h41
 
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Re:Ne pas confondre - REPONSE AFFIRMATIVE

Il ne peut y avoir confusion. Nous avons ou pas des compétences dans tel ou tel domaine, c'est pourquoi, je ne jugerai pas vos connaissances s'agissant de l'ortie ou le roseau.La Caulerpa Taxifolia est une algue INTRODUITE ET INVASIVE. J'ai travaillé sur le sujet pendant 15 ans avec des scientifiques spécialisés en sciences en biologie marine ainsi qu'avec les CNRS. Je confirme donc mon premier commentaire.
Cette algue est originaire de la Baie de Brisban en Australie. Elle est apparue dans un aquarium de Stuttgart, ensuite à Nancy, un échantillon a été prélevé pour études par le Musée Océanographique de Monaco.Caulerpa Taxifolia a été repérée au pied du rocher du Musée en 1984. Quelque temps plus tard elle colonisait des centaines d'hectares détruisant la biodiversité. Les fonds marins atteints ressemblent à des terrains de golf. Afin d'informer tout aussi sérieusement le public, il faut savoir qu'une autre algue, Caulerpa Racemosa a fait son apparition en Méditerranée, pas par introduction volontaire ou involontaire, mais tout simplement et malheureusement pour cause de réchauffement climatique. Il n'existe aucun moyen de l'éradiquer.
Dolorès Baudelot

Anonyme | 01 décembre 2008 à 19h51
 
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