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Le PNUD rappelle la nécessité absolue de limiter le réchauffement planétaire à 2°C

Dans son dernier rapport sur le développement humain, le PNUD prévient que tout doit être fait pour limiter le réchauffement planétaire et éviter des revers sans précédent en matière de réduction de la pauvreté, de nutrition, de santé et d'éducation.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Dans le cadre de ses activités d'aide au développement, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est amené à identifier les solutions capables d'aider les pays en difficulté à relever les défis auxquels ils sont confrontés en matière de développement : gouvernance démocratique, réduction de la pauvreté, prévention des crises, environnement et énergie et VIH/sida. Mais dans son dernier rapport mondial sur le développement humain intitulé « La lutte contre les changements climatiques : la solidarité humaine dans un monde divisé », le PNUD s'alarme des conséquences que pourraient engendrer les changements climatiques sur les pays concernés et craint que toutes les avancées déjà réalisées soient complètement annihilées.
Basé sur plusieurs études, le rapport confirme une fois de plus que ce seront les populations les plus pauvres qui subiront le plus les conséquences du changement climatique. Les auteurs avertissent que les forces déchaînées par le réchauffement de la planète risquent de ralentir puis d'inverser les progrès accomplis de génération en génération. Ils estiment que le monde se rapproche d'un « point de basculement » qui risque d'entraîner les pays les plus pauvres de la planète et leurs citoyens dans une spirale infernale, laissant des centaines de millions de personnes confrontées à la malnutrition, au manque d'eau, aux menaces écologiques, et à la perte de leurs moyens de subsistance. Parmi les menaces identifiées figure l'effondrement des systèmes agricoles de plus en plus exposés à la sécheresse, à l'augmentation des températures et à des précipitations plus imprévisibles, entraînant 600 millions de personnes supplémentaires dans la malnutrition. Du fait des inondations et des tempêtes tropicales, 332 millions de personnes vivant dans les zones côtières et dans les zones de faible élévation seront obligées de se déplacer. Le rapport cite également les risques sanitaires émergents avec 400 millions de personnes supplémentaires qui pourraient être exposées au paludisme.
Le rapport se concentre sur les menaces immédiates mais il met aussi en garde, affirmant que ne pas s'attaquer au changement climatique pourrait signifier une catastrophe écologique pour les futures générations. La réduction massive des manteaux glaciaires dans l'Antarctique occidental, le rétrécissement des glaciers, ainsi que le stress sur les écosystèmes marins sont autant de menaces contre l'humanité, souligne-t-il.

Face à ces données, le PNUD est donc catégorique et parle de nécessité absolue à limiter le réchauffement planétaire de 2°C. Il demande une approche jumelée qui conjugue des mesures d'atténuation strictes pour limiter le réchauffement et une coopération renforcée pour l'adaptation. Pour cela le rapport préconise que les pays développés réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% d'ici à 2050 par rapport aux niveaux enregistrés en 1990 avec une réduction intermédiaire fixée à 30% dès 2020. Les pays en voie de développement devraient quant à eux réduire leurs émissions de 20% d'ici à 2050. Le rapport prône pour cela la taxation des émissions, les systèmes d'échange de quotas, la réglementation de l'utilisation de l'énergie et la coopération internationale pour le financement du transfert des technologies à basse émission de carbone. Le PNUD estime que financièrement d'ici 2030, le coût annuel moyen de ces objectifs de réduction serait de 1,6% du PIB mondial. Conscient qu'il s'agit d'un investissement significatif, le PNUD rappelle toutefois qu'il représente moins des deux tiers des dépenses militaires mondiales et que le prix de l'inaction serait bien plus élevé.

En ce qui concerne l'adaptation, le PNUD demande aux pays riches de placer l'adaptation au changement climatique au coeur des partenariats internationaux pour la réduction de la pauvreté. Selon le rapport, le total des dépenses en adaptation consenties actuellement par le biais des mécanismes multilatéraux s'élève à 26 millions de dollars. D'après les auteurs, les mécanismes actuels offrent un financement modeste et présentent des coûts de transaction élevés. Ils préconisent donc un financement supplémentaire en faveur des infrastructures contre les changements climatiques et de la résistance des bâtiments. Ils estiment que les gouvernements du nord devraient allouer au moins 86 milliards de dollars par an d'ici 2015 soit environ 0,2% de leur PIB.
Mais les gouvernements africains ont également un rôle à jouer, notamment pour aider leurs citoyens à faire face aux phénomènes extrêmes : mise en place de réseau de surveillance météorologique, d'installation de stockage de l'eau pluie, assurance pour les agriculteurs…

Pour Kevin Watkins, l'auteur principal et directeur du Bureau du Rapport mondial sur le développement humain, il s'agit de lancer un appel à l'action alors que se tiendra prochainement la Conférence de Bali : laisser se fermer cette fenêtre d'opportunité représenterait un échec moral et politique sans précédent dans l'histoire de l'humanité, explique-t-il. Pour lui, les discussions de Bali sont une occasion unique de placer les intérêts des pauvres de la planète au cœur des négociations sur le changement climatique. La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques se tiendra à Bali au mois de décembre. Elle vise à parvenir à un accord multilatéral pour l'après 2012, date à laquelle arrivera à terme la période d'engagement du Protocole de Kyoto.

Réactions2 réactions à cet article

 
Non seulement en Europe mais surtout en Asie!

Bonjour!
Il faut reagir pour le bien de tous, futures generations et notre merveilleuse planete.
Mais je vois que la France, l'Europe commence a tres bien comprendre le probleme et a ralentir progressivement le probleme.
Mais il faut voir les autres parties de la planete! En Asie par exemple, ou l'environnement et la conscience de la population, il y a tout a faire!
Il faut intervenir vite!!
A bientot!
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Anonyme | 06 décembre 2007 à 02h10
 
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Re:Non seulement en Europe mais surtout en Asie!

bonjour!

vous avez parfaitement raison de dire que les consciences commencent à s'éveiller, mais dans ce cas pourquoi se limiter àl'europe et à l'Asie seulement

l'implication de l'Afrique dans la lutte contre les changements climatiques serait plus qu'indispensable
ne serait ce que du fait que l'Espagne court le risque de voir son territoire se désertifier (eux même le qualifient d'Africanisation du climat) et l'Europe qui dors et déjà a la hantise de la prochaine disparition des neiges éternelles des Alpes
n'est pas là l'indice de l'agravation de la situation?

c'est pourquoi nous avions, entre autres, appelé au reboisement dans le coeur du sahara en utilisant l'eau qui s'y trouve (avnt que les prédateurs ne l'a dilapident) en créant des puits de carbone bénéfique pour tout le monde

aussi si nous sommes aidés pour sensibiliser et amener les décideurs à regarder de ce coté ci, pour lutter contre les changements climatiques notamment par ce biais du reboisement alors l'on pourrait dire que le mouvement associatif est en train de jouer son rôle, car voie d'apporter une contribution dans cette lutte
et comme vous le dite si bien il faut réagir pour le bien de tous, futures générations et notre merveilleue planète
et si en France et en Europe on commence à bien comprendre il y a de l'espoire
mais continuons le combat

DAOUD Alger | 06 décembre 2007 à 11h47
 
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