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Le moratoire contre la chasse à la baleine a tenu bon mais la tension est à son comble

Après quatre jours d'intenses discussions au sein de la Commission Baleinière Internationale, les pays soutenant le moratoire contre la chasse à la baleine n'ont rien cédé malgré la pression grandissante des pays pro-chasse menés par le Japon.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Comme on s'y attendait, les discussions des 76 pays de la Commission Baleinière Internationale réunis à Anchorage en Alaska ces quatre derniers jours, ont été houleuses. Menés par le Japon, l'Islande et la Norvège, les pays convaincus de l'inutilité du moratoire contre la chasse à la baleine ont fait pression dès l'ouverture de la conférence. Le Japon a très vite annoncé qu'il prévoyait de pêcher cette année, au titre de la pêche « scientifique », 50 baleines à bosse. Il a par la suite fait comprendre qu'il pourrait renoncer à cette disposition s'il obtenait le droit pour certaines de ses communautés côtières de pêcher un nombre non déterminé de baleines de Minke, un petit rorqual, au titre de la pêche de subsistance. Cette exception étant déjà accordée à certaines populations indigènes d'Alaska, de Russie, du Groënland et de St Vincent et les Grenadines, le Japon demande depuis l'entrée en vigueur du moratoire en 1986 que ce droit lui soit étendu. Mais la proposition japonaise a été fermement rejetée par une coalition de pays opposés à la pêche à la baleine regroupant l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Argentine, le Brésil, les États-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Selon eux, dans le cas du Japon cette chasse de subsistance ne serait pas utile à ces populations et s'apparenterait donc à une chasse commerciale. Pour être adoptée, la proposition japonaise avait besoin de l'approbation des trois quarts des 75 pays membres de la CBI.

En revanche, sur les conseils du comité scientifique, la dérogation de pêcher a été renouvelée pour cinq ans par la CBI aux populations déjà autorisées. Le Groenland a par exemple été autorisé à porter ses prises de petits rorquals de 175 à 200 par an jusqu'en 2012. St Vincent et les Grenadines a été autorisé à tuer quelques baleines à bosses mais pas plus de 20 sur la période 2008-2012.

Cette réunion a également été l'occasion de faire le point sur les populations de cétacés avec le comité scientifique de la CBI. Le rapport d'expert fait état d'évolutions positives des stocks de baleines de bosse, de baleines bleues et de baleines franches australes, bien qu'ils restent à un niveau réduit. Une attention particulière a été portée à la baleine grise du Pacifique Nord. La population a augmenté de 3% par an au cours de la dernière décennie et atteint aujourd'hui 120 membres. Mais face à la mortalité accidentelle d'origine anthropique élevée, la commission doute encore de la survie de la population. Les collisions avec les bateaux et les enchevêtrements dans les filets de pêche menacent également la baleine noire de l'Atlantique Nord dont la population atteint les 300 spécimens. La Commission demande que la mortalité anthropogène soit réduite le plus possible à zéro.

Il a également été question de la création d'un sanctuaire dans l'atlantique Sud dans lequel la pêche à la Baleine commerciale serait totalement interdite. Mais cette proposition n'a pas été suffisamment suivie par les pays de la CBI. Seuls 39 pays se sont prononcés pour un tel sanctuaire.
Par ailleurs, la Commission a accueilli favorablement la proposition du comité scientifique de poursuivre le programme de recherche POLLUTION 2000+ chargé d'examiner les relations de cause à effet possibles entre la pollution chimique et la santé des cétacés et tenir en 2009 un atelier dédié au changement climatique.

Ainsi, à l'occasion de cette 59e session mouvementée le moratoire interdisant la chasse à la baleine a été maintenu malgré la pression du Japon. D'importantes inquiétudes pesaient sur cette session puisque l'an dernier le Japon et les pays favorables à la reprise de la chasse avaient réussi à faire adopter une résolution symbolique par 33 voix contre 32 estimant que le moratoire n'est plus nécessaire. Cette année, cette résolution n'a pas été plus loin. Le Japon, contrecarré, a même déclaré qu'il envisageait de quitter la CBI et de créer sa propre organisation et/ou de reprendre la chasse commerciale de la baleine.

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