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Risques industriels : l'Ineris publie le guide de l'ingénierie des facteurs organisationnels et humains

Pas facile pour les industriels d'intégrer les facteurs organisationnels et humains dans leur politique de sécurité. L'Ineris vient à la rescousse en listant les différentes démarches existantes et en proposant un outil d'aide au diagnostic.

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°378 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°378
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"Pendant très longtemps, ce sont les techniques d'ingénieurs qui ont dominé la sécurité industrielle, ce qui satisfaisait à la fois les industriels par la réduction des coûts et les autorités de contrôle qui considéraient l'homme comme non fiable", explique Sylvain Chaumette, responsable du pôle Analyse et gestion intégrées des risques à l'Ineris. En fait, ajoute le spécialiste, l'homme est aussi source de fiabilité et les meilleures performances en termes de sécurité ne viennent pas des industries totalement automatisées.

Cette prise de conscience a conduit les industriels à prendre en compte les facteurs organisationnels et humains (FOH) dans leur politique de sécurité. "Mais, alors que de nombreuses démarches sont aujourd'hui proposées sur le marché, il n'existe aucun catalogue de ce qui existe ni d'évaluation", explique Ludovic Moulin, responsable de l'unité FOH à l'Ineris. C'est pour pallier ce manque que l'établissement public a mis au point le Guide de l'ingénierie des facteurs organisationnels et humains. Un guide qui présente, d'une part, les principales démarches existantes et, d'autre part, un outil d'aide au diagnostic.

Dix-sept démarches décrites

Afin d'y voir plus clair, le guide propose 20 fiches descriptives des démarches FOH les plus représentatives, en précisant leur objectif, leur structure, ainsi que les avantages et inconvénients de chacune d'elles. Les 17 démarches décrites vont de l'"enquête de perception culture sécurité" à "l'accompagnement au changement" en passant par des démarches ne nécessitant pas d'expertise spécifiques en sciences humaines comme les "règles d'or" ou les "causeries sécurité".

Le guide propose une cartographie de ces démarches en croisant trois critères qui sont le degré d'expertise requis (expert métier, formé aux FOH, expert FOH), le niveau d'analyse mobilisé (niveau FH qui fait appel à l'ergonomie, niveau FO qui fait appel à la sociologie) et le moment d'intervention (conception, exploitation, post-événement).

La cartographie des démarches FOH © Ineris
 
Une fois les démarches existantes identifiées, les industriels vont devoir déterminer celles qui correspondent le mieux aux besoins d'amélioration de la sécurité de leur établissement. "Chaque installation correspond à une situation spécifique en ce qui concerne les configurations organisationnelles, et donc les moyens disponibles sur le plan des FOH. D'où des possibilités différentes d'un site à l'autre", explique Ludovic Moulin. Le guide doit aussi permettre de faire des choix plus objectifs et d'éviter des effets de mode. "Les industriels sont un peu à la merci des consultants qui viennent les voir", pointe en effet le spécialiste des FOH.

Structurer un plan d'actions

Dans un deuxième temps, le guide propose une matrice d'ingénierie, sorte d'aide au diagnostic. Cet outil permet, en premier lieu, de "faire le bilan de l'engagement FOH de l'entreprise", explique le document. "Etablir un bilan en entreprise n'est pas facile car la connaissance est souvent morcelée dans les organisations", précise en effet M. Moulin.

Le guide aide ensuite à "structurer le choix et la mise en œuvre d'une démarche FOH à venir". Donc de bâtir un plan d'actions.Les approches vont être différentes selon que l'on a affaire à des grands groupes, tels qu'EDF ou Engie, qui possèdent leurs propres experts FOH, ou à des entreprises qui n'ont pas de telles compétences en interne, a fortiori des PME.

En fonction des besoins et des moyens, ces dernières pourront faire appel à des experts externes ou à la formation. Dans le premier cas, elles pourront s'adresser à des bureaux d'études ou à des établissements publics, comme l'Ineris ou l'IRSN pour ce qui relève du domaine nucléaire. Mais, attention, prévient Ludovic Moulin, "les démarches FOH marchent souvent bien quand le consultant est sur place mais ont tendance à tomber aux oubliettes après son départ". D'où l'intérêt de disposer aussi de ressources et de compétences en interne.

Beaucoup de méthodes sont en effet dévoyées une fois mises en place chez l'industriel si l'organisation n'est pas prête à les appliquer, explique Ludovic Moulin. Et de citer les "causeries sécurité" qui deviennent des rappels à la procédure ou les "règles d'or" trop orientées "management descendant".

Côté formation, il peut s'agir de former les chefs d'équipe aux FOH ou d'intégrer cette dimension dans des fonctions existantes telles que les responsables sécurité ou HSE. En tout état de cause, la formation sur site se révèle primordiale. "Pour sensibiliser les industriels, rien de tel en effet que de travailler sur des cas concrets rencontrés dans l'établissement", témoigne Sylvain Chaumette.

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