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Ancienne mine d'or de Salsigne : 37 % des enfants surveillés sont surexposés à l'arsenic

Les premiers résultats du dispositif de surveillance médicale des enfants à proximité de l'ancien site minier se révèlent inquiétants. La présence d'importants stocks de déchets toxiques est pointée du doigt par les élus locaux et certains scientifiques.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
Ancienne mine d'or de Salsigne : 37 % des enfants surveillés sont surexposés à l'arsenic

L'Agence régionale de santé (ARS) d'Occitanie a publié mardi 13 août les premiers résultats du dispositif de surveillance médicale mis en place à proximité de l'ancienne mine de Salsigne (Aude). Ils ne sont pas bons : 38 enfants sur les 103 ayant fait l'objet de cette surveillance présentent une surexposition à l'arsenic (As).

La dose de polluant présent dans les urines de ces enfants âgés de moins de 11 ans est supérieure à la valeur de référence de 10 μg As/g de créatinine. "Cette valeur de référence n'est pas un seuil sanitaire et n'est pas prédictive de l'apparition de maladies", veut rassurer l'ARS. L'arsenic est pourtant un toxique susceptible, en cas d'exposition chronique, de causer des cancers de la vessie, de la peau et du poumon mais aussi d'autres pathologies telles que affections de la peau, hypertension artérielle, bronchites chroniques, diabète, etc.

"Il aura fallu huit mois d'alerte et de mesures indépendantes pour abattre le déni de l'Etat. Honte au préfet de l'Aude ! Honte au BRGM ! Qu'attendez-vous pour assainir une pollution présente depuis 15 ans !", réagit l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

Présence de divers polluants

L'ARS recommande d'effectuer un prélèvement de contrôle "deux mois après avoir supprimé ou limité les sources d'exposition", un seul dosage ne pouvant démontrer une exposition chronique. Une prescription difficile à respecter puisque l'origine des pollutions provient des différentes activités minières menées jusqu'en 2004 sur les versants de la Vallée de l'Orbiel. Les données environnementales disponibles ont confirmé la présence de divers polluants, en premier lieu l'arsenic, mais aussi des métaux (plomb, zinc, cuivre, mercure, cadmium, bismuth) et des cyanures, reconnaissent les services de l'Etat.

La surexposition à l'arsenic résulte principalement de l'ingestion de certains aliments produits localement (légumes, champignons, plantes aromatique…) et de l'ingestion d'eau contaminée via des puits privés ou des sources. Les recommandations sanitaires consistent donc essentiellement à supprimer ces consommations. "Tant qu'on n'éradique pas la cause, on ne traite pas les problèmes. Il faut déplacer les déchets toxiques stockés", estime de son côté Max Brail, maire de Lastours, au micro de l'AFP. "On a là une des plus grandes décharges chimiques du monde", estime même Frédéric Ogé, ancien chercheur au CNRS dans une interview à franceinfo. "Les sols n'ont pas été dépollués ou mis en sécurité véritable parce que c'est un problème de coûts et qu'on ne veut pas dépenser d'argent", ajoute le scientifique.

Le dispositif de surveillance médicale a été mis en place début juillet par l'ARS pour répondre à l'inquiétude des familles après la découverte en juin de taux d'arsenic plus élevés que la moyenne chez trois enfants. La crue majeure de l'Orbiel en octobre 2018 a fait craindre que des sédiments pollués aient recouvert des jardins potagers et des sites sensibles comme des cours d'école ou des aires de jeu. Selon des investigations menées par le BRGM, la crue n'a pas eu d'impact identifiable. Mais les services de l'Etat ont accepté de lancer en juin une campagne complémentaire destinée à contrôler la qualité des sols superficiels sur ces sites sensibles.

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