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La sécheresse des sols superficiels est jugée préoccupante

La sécheresse des sols superficiels est préoccupante, selon Météo France. Alors que 66 départements ont mis en place des restrictions d'eau, dont une vingtaine a déclenché le niveau d'alerte, la Commission de suivi hydrologique a été installée.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a mis en place, le 31 juillet, la Commission de suivi hydrologique qui est chargée de faire le point sur la sécheresse et ses conséquences sur les usages de l'eau et les milieux naturels. La France métropolitaine connaît en effet cet été une sécheresse préoccupante des sols superficiels, c'est-à-dire du premier mètre de terre situé en dessous de la surface. Cette "sécheresse agricole" altère le bon développement de la végétation, les agriculteurs sont donc les premiers touchés par cette situation.

 
El Niño, responsable de cette situation ? L'événement climatique El Niño, qui a démarré début 2015 et se renforce régulièrement depuis juin, pourrait être à l'origine de la chaleur et de la sécheresse actuelles. "Fin juillet, l'anomalie moyenne de température de surface de la mer dépasse la valeur de +1,5°C dans la région de l'océan Pacifique équatorial utilisée pour analyser le phénomène", note Météo France. Si la tendance actuelle se poursuit, El Niño sera classé en intensité forte.
Ce phénomène, en modifiant la circulation atmosphérique, a des répercussions sur les températures et les précipitations. Résultat, selon les prévisions saisonnières de Météo France, "le scénario le plus probable est celui d'un trimestre plus chaud que la normale sur l'Europe [d'août à octobre], principalement sur l'Europe Centrale et les régions méditerranéennes. Sur la France métropolitaine, ce scénario chaud est privilégié avec une probabilité plus élevée sur la moitié est du pays".
 

Dans une note publiée fin juillet, le ministère de l'Agriculture souligne qu'hormis dans le Grand Ouest, "la production cumulée d'herbe en juillet au niveau national est déficitaire, comparée à la production de référence", la pousse ayant été freinée par la sécheresse. De nombreuses productions devraient aussi être impactées. Le risque incendie est également augmenté par cette sécheresse.

En revanche, l'état des réserves d'eau souterraines n'est pas préoccupant. Selon le BRGM, au 1er juillet, les deux tiers des nappes phréatiques (71%) affichaient un niveau normal à supérieur à la normale, grâce à la recharge hivernale.

La moitié du territoire est touchée

"Suite à l'absence de pluie depuis la fin du printemps (on note un déficit de 50% au mois de juillet par rapport à la normale) et aux fortes températures du début du mois (ce mois est le 2 ou 3ème mois de juillet le plus chaud depuis 1947), les sols se sont asséchés sur le pays jusqu'à atteindre les minimums enregistrés par Météo France", indique le ministère dans un communiqué de presse.

   
Ecarts à la normale de l'indice d'humidité des sols © Météo France
 
   

La baisse des températures et le retour des précipitations depuis une semaine n'ont pas permis d'inverser la tendance. La situation reste préoccupante "sur la moitié du territoire située le long d'une diagonale entre l'Aquitaine et l'Alsace : l'humidité des sols y reste anormalement basse et proche des valeurs record depuis 1959. Dans certaines régions du Centre et du Nord-Est, le déficit de précipitations pour le mois en cours (au 29 juillet) atteint des valeurs élevées : 72% en Champagne-Ardenne, 73% en Limousin, 67% en Lorraine", note Météo France dans un bilan au 29 juillet 2015.

Seuls les départements situés de la Bretagne au Nord-Pas-de-Calais connaissent une situation des sols normale. En revanche, "l'indice d'humidité des sols est particulièrement faible dans un grand quart Nord-Est. En moyenne, on atteint une valeur inférieure à celle observée cette année seulement tous les dix ans". Dans la moitié Sud, l'écart à la normale est également important, "sauf près des reliefs alpins et pyrénéens qui ont été arrosés par des orages". Le pourtour méditerranéen est lui aussi concerné par des sols particulièrement secs, "même si les niveaux record ne sont pas atteints".

Plusieurs départements en situation de crise

Aujourd'hui, 66 départements ont mis en place des mesures de restriction d'eau, afin de limiter les pressions sur la ressource et de permettre la continuité de l'approvisionnement en eau potable. D'ores et déjà, "la Commission de suivi hydrologique a été interpellée sur des difficultés locales de maintien d'usages", indique le ministère.

Une vingtaine de départements sont passés en niveau d'alerte et de crise sur tout ou partie de leur territoire. Ainsi, le département de la Creuse est passé, le 24 juillet, en niveau maximal de restriction. L'arrosage des pelouses publiques, des espaces verts, le nettoyage de la voierie, le remplissage des piscines privées et le nettoyage des voitures y sont interdits, tout comme tout prélèvement dans les cours d'eau et leur nappe d'accompagnement, hors usages prioritaires type défense incendie et prélèvements déjà régis par des actes administratifs. Les rejets des stations d'épuration doivent être optimisés, le désherbage chimique est interdit. Idem pour la Haute-Vienne qui, face à cette situation d'alerte et de crise, interdit depuis le 29 juillet tout prélèvement dans les cours d'eau et les nappes d'eau souterraines.

A court terme, les dérogations comme seul remède

Selon le ministère, les barrages, remplis normalement au printemps, participent au soutien d'étiage qui a démarré plus tôt cette année. Si elle met en garde contre "la mise en œuvre répétée de dérogations", la ministre de l'Ecologie rappelle que "les possibilités offertes par le code de l'environnement doivent pouvoir être mises en œuvre pour les situations exceptionnelles".

Et de rappeler qu'à plus long terme, la mise en œuvre d'une gestion quantitative de la ressource en eau permettra à l'agriculture irriguante d'être moins sensible aux variations climatiques rapides, tout comme la création de retenues de substitution, relancée récemment par Ségolène Royal.

"Une réflexion plus générale et à plus long terme doit être engagée avec le ministère de l'Agriculture sur l'évolution des systèmes agricoles vers une moindre consommation en eau. Cette réflexion devant apporter des réponses durables à l'évolution du climat".

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D'autres conséquences néfastes à cette sècheresse : il y aura eu cet été énormément de crues dévastatrices dans les vallées alpines à la suite des premiers gros orages, l'eau se précipitant sur un sol sec donc étanche et arrachant des bouchons de déchets. Par exemple, Val d'Escreins et Haute-Ubaye, avec des ponts emportés. Ces météores se produisent de plus en plus fréquemment depuis disons 2003, des pans entiers de montagne ayant été déstabilisés.

dmg | 19 août 2015 à 18h21
 
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