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Electricité : l'ASN insiste sur la nécessité de disposer des marges de manœuvres en cas d'arrêts de réacteurs

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Comme l'a répété plusieurs fois son président Pierre Franck Chevet depuis sa nomination, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) interpelle, dans sa contribution au débat national sur la transition énergétique, publiée le 16 mai, sur la nécessité de disposer de marges de manœuvre suffisantes dans le système électrique français pour pallier à un éventuel déficit de production nucléaire, et anticiper la fermeture définitive des réacteurs les plus anciens.

La standardisation du parc nucléaire français est un atout, mais aussi une faiblesse, indique l'ASN : "L'expérience a montré que la standardisation comporte aussi le risque qu'un défaut grave, que l'on ne peut exclure a priori, soit générique et affecte plusieurs réacteurs. Dans une telle situation, l'ASN pourrait juger nécessaire, au regard des exigences de sûreté, de suspendre sans délai le fonctionnement de ces réacteurs. L'arrêt rapide d'une part significative des moyens de production électrique provoquerait, en l'absence de marges, une pénurie d'électricité avec des conséquences sociales et économiques considérables".

L'ASN souligne également la nécessité d'anticiper les premières fermetures de réacteurs nucléaires. La plupart des réacteurs français ont été mis en service dans les années 80, pour une durée de fonctionnement minimale de 40 ans. "Si les considérations de sûreté n'ont jusque-là pas conduit à prescrire d'échéance pour l'arrêt définitif des réacteurs nucléaires actuellement en exploitation, la possibilité de les maintenir en fonctionnement au-delà de 40 ans n'est pas aujourd'hui acquise", insiste l'ASN. S'il n'est pas possible de prévoir les calendriers de fermeture, l'ASN estime qu'il est "plausible, du fait du calendrier resserré des mises en service initiales, que les arrêts définitifs des différents réacteurs soient relativement concentrés dans le temps".

Prenant en compte les délais de construction de nouveaux modes de production électrique et de leur raccordement au réseau, l'ASN estime, qu' "en ordre de grandeur, le délai d'ici à l'arrêt définitif des premiers réacteurs pourrait être comparable au délai nécessaire au déploiement des mesures de compensation associées. Des décisions appropriées de politique énergétique doivent donc être prises à court terme".

Réactions2 réactions à cet article

 

P-F Chevet reprend l'alerte que son prédécesseur, A-C Lacoste, avait lancée avant lui au Sénat, sur le fait qu'un problème générique découvert sur le "parc" atomique français pourrait mettre instantanément à bas 75 % de la production électrique française... les politiques français, éclairés depuis des années par l'ASN, vont-ils enfin s'inspirer des orientations énergétiques allemandes actuelles pour changer d'urgence de braquet ?
P-F Chevet a déclaré le 22 novembre 2012 : "les réacteurs français [...] étaient à l'origine conçus pour fonctionner 30 ans."
M. Chevet a donc été très vite recadré par l'organisme qu'il est censé diriger puisque, aujourd'hui, le miracle de durée de vie de "40 ans minimum" pour les réacteurs réapparaît,... dans la terminologie de l'ASN, et seulement dans la terminologie, puisque la technologie est en décrépitude totale et qu'elle ne suit plus... Alors pour rafraîchir l'information de M. Chevet, fin des années 90, suite à la découverte de fissures sur les cuves des réacteurs de Fessenheim, Tricastin... le père de l'ASN, le Bureau de Contrôle des Chaudières Nucléaires, précisait que les autorisations de fonctionnement des réacteurs ne pourraient plus être données pour des périodes aussi longues que 10 ans... Mais comme au Japon avant le 11 mars 2011, les intérêts des opérateurs atomiques priment sur la santé des européens.

Saint-Aroman Marc | 20 mai 2013 à 22h20
 
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La durée d'amortissement comptable des tout premiers réacteurs nucléaires a été en effet fixée, faute d'expérience, à 30 ans. Aujourd'hui on sait que les réacteurs en service ont une durée de vie technique d'au moins 40 ans, qui peut être portée à 60 ans comme c'est déjà le cas aux USA, sous réserve de remplacer à chaque fois que nécessaire des matériels qui présentent des signes d'usure ou pour lesquels des modifications permettent d'améliorer les performances.
La confusion est souvent faite involontairement, entre durée de vie comptable et durée de vie technique.
L'ASN, dont la seule préoccupation est la sûreté des centrales, ne parle que de durée de vie technique, d'où des chiffres qui peuvent évoluer dans le temps.

alain38 | 26 mai 2013 à 20h07
 
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