En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Naissance du groupe GDF-Suez : la branche Environnement vulnérable ?

Si le projet est mené à terme, les groupes Suez et Gaz de France devraient fusionner en 2008. Malgré les propos de Suez qui se veulent rassurants, la cession en bourse de 65% de Suez-Environnement soulève la question de sa vulnérabilité à long terme.

Gouvernance  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
Les conseils d'administration de Gaz de France et Suez ont approuvé, le 2 septembre 2007, les nouvelles orientations du projet de fusion entre Suez et Gaz de France. Selon un communiqué commun des deux groupes énergétiques, la fusion devrait être effective dans les meilleurs délais, au cours de l'année 2008. Suez SA et Gaz de France SA fusionneront sur la base d'une parité de 21 actions de Gaz de France pour 22 actions de Suez par absorption de Suez par Gaz de France. Le groupe ainsi constitué sera détenu à plus de 35 % par l'Etat. Fort d'une capitalisation boursière combinée d'environ 90 milliards d'euros et d'un chiffre d'affaires de 72 milliards d'euros, GDF Suez sera l'un des leaders mondiaux de l'énergie, en particulier dans le gaz et l'électricité. Il sera parmi les trois premières utilities mondiales cotées, déclarent les deux sociétés.

Gérard Mestrallet actuel PDG de Suez deviendra Président Directeur Général du nouveau groupe qu'il dirigera en tandem avec Jean-François Cirelli, actuel PDG de Gaz de France et futur Vice-Président, Directeur Général Délégué. Le nouveau Groupe sera structuré autour de cinq branches opérationnelles : Infrastructures, Global Gaz et GNL, Énergie France, Énergie Europe et enfin Services à l'Énergie.

Le rapprochement de Gaz de France et de Suez donnera naissance au premier acheteur et commercialisateur de gaz en Europe, leader mondial du gaz naturel liquéfié (GNL), premier importateur et acheteur de GNL en Europe avec 25% de part de marché, cinquième électricien européen et deuxième producteur français d'électricité, premier opérateur de réseau de transport et de distribution de gaz en Europe, et deuxième opérateur de stockage et de terminaux méthaniers en Europe.

Rappelons que pour équilibrer les capitalisations boursières des deux groupes, le Président de la République Nicolas Sarkozy avait souhaité que Suez se recentre dans l'énergie ce qui impliquait de fait la séparation du pôle environnement qui regroupe les activités eau et propreté. Suez introduira donc 65% de Suez Environnement en Bourse au moment où sa fusion avec GDF sera effective, et en offrira des titres à ses actionnaires afin que le groupe ne fasse pas immédiatement l'objet de tentative hostiles. Le nouveau groupe GDF-Suez et les principaux actionnaires de Suez, qui détiendront respectivement 35 % et environ 12 % des activités du pôle Environnement de Suez à l'issue de cette opération, ce sont en effet engager à conserver leurs actions dans le cadre d'un pacte d'actionnaires à négocier. Cette introduction en Bourse conduit à la création d'un acteur centré sur l'Environnement, fort de près de 60 000 collaborateurs, co-leader mondial des services à l'environnement, dans l'eau et la propreté, bénéficiant d'un statut boursier attractif avec un chiffre d'affaires 2006 de 11,4 milliards d'euros, un EBITDA* 2006 de 2,0 milliards d'euros, précise le communiqué commun des deux groupes publié lundi matin. Les activités de ce pôle resteront sous la responsabilité opérationnelle de Jean-Louis Chaussade.

La fusion GDF-Suez qui a nécessité le vote d'une loi en novembre pour autoriser la privatisation de GDF, a été annoncée en février 2006 par Dominique de Villepin, alors Premier ministre, afin de protéger Suez d'un éventuel achat pare l'italien Enel mais avait été retardée après un recours en justice des syndicats et une décision du Conseil constitutionnel.

En déplacement à Rio, Jean-Louis Borloo s'est réjoui de la relance du projet qui contribuera selon lui à l'accroissement de la sécurité d'approvisionnement gazier du pays. Par ailleurs, il estime dans un communiqué que la cotation du pôle environnement de Suez renforcera la capacité de celui-ci à croître et à réaliser les investissements nécessaires à la satisfaction des besoins.

En revanche, chez les socialistes, on dénonçait une nouvelle dangereuse pour le consommateur et inquiétant pour l'avenir de la politique énergétique. Cette journée restera comme une journée noire pour le contribuable français, estiment Christian Martin, Secrétaire national aux services publics au PS et Alain Vidalies, Secrétaire national aux entreprises qui dénoncent une opération strictement financière et boursière dont les consommateurs paieront la facture.

Dans un communiqué, les Verts considèrent quant à eux que la privatisation du secteur de l'énergie est totalement contradictoire avec le nouveau contexte énergétique et environnemental. Ce secteur doit s'organiser selon des priorités d'intérêt général et de long terme : économie des ressources, valorisation des ressources locales et réduction des émissions de gaz à effet de serre, indique le porte-parole des verts Yann Wehrling. Le nouveau groupe GDF/Suez va privilégier la stabilisation de son actionnariat en dégageant de fortes marges, ce qui sera contradictoire avec la nécessité de réaliser des investissements de long terme, ajoute-t-il.

CAP 21, le parti écologiste présidé par Corinne Lepage, manifeste également ses inquiétudes sur le démantèlement du groupe Suez avec la filialisation du pôle environnement. Des mouvements de concentration pourraient alors s'opérer, avec une reprise possible des actifs par le groupe Veolia même si la maison-mère garde dans l'immédiat une minorité de blocage, estime Eric Delhaye, porte-parole national de CAP 21 qui s'interroge de ce fait des conséquences potentielles sur les prix de l'eau et du traitement des déchets. Le parti estime en outre que le consommateur ne sera pas le grand gagnant de cette opération. Les prix augmenteront inévitablement à cause de la raréfaction des ressources et de la contrainte environnementale, prédit Eric Delhaye, même si selon Jean-François Cirelli, la fusion entre les deux groupes n'aura pas de répercussions sur les prix du gaz.

Désormais, les conseils d'administration des deux entreprises ont mandaté leurs présidents afin de poursuivre les travaux nécessaires à la fusion et, en particulier, la consultation des instances représentatives du personnel. À l'issue de ce processus, dont on rappellera tout de même qu'il avait mené à l'échec du premier projet de rapprochement, les conseils devraient être invités à adopter les décisions nécessaires à l'aboutissement de la fusion.


* Résultat Brut D'exploitation

Réactions1 réaction à cet article

 
gdf suez

On est vraiment les rois des imbéciles et peut être plus!
Depuis que la mondialisation se développe ,nous les européens,
n'arrêtons pas de casser nos entreprises,alors que les russes ,américains et chinois ,non seulement les protègent, mais les incitent à former de grands groupes.
"Nous" , au nom du dogme, nous ne voulons pas de grands groupes , car ils pourraient concurrencer les pays cités plus haut,car notre personnel politique (que nous payons chers) recoivent les ordres de ces pays, et cassent cette europe.
Pour l'instant elle est anglaise et américaine en attendant de devenir russe & chinoise et en prime dépendante du monde arabe producteur de pétrole.
A l'évidence nous évitons soigneusement les énergies alternatives, et l'oganisation afférente.
Jje crains que ces gouvernances de nos grands partis gauche & droite nous amènent à terme à une dictature ,et on pourra leur dire merci.

artu06 | 07 septembre 2007 à 19h51
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…