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Les technologies de réduction des polluants doivent être adaptées à chaque site

Pour se mettre en conformité avec l'arrêté RSDE, les industriels se doivent d'être proactifs. Qu'ils engagent une démarche de réduction ou de suppression totale des rejets, les technologies existantes doivent être adaptées à chaque site.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Les technologies de réduction des polluants doivent être adaptées à chaque site

"Chaque site est spécifique. Les technologies existantes doivent donc être adaptées à chacun d'eux", explique Philippe Ricour de l'agence de l'eau Rhin Meuse à l'occasion d'une rencontre sur la réduction des rejets industriels de substances toxiques organisée par le pôle de compétitivité Hydreos.

Et pas question de se contenter de mettre en oeuvre des labels pour escompter satisfaire les exigences de l'arrêté RSDE qui impose le respect de valeurs limites d'émission (VLE) renforcées d'ici 2020 pour les installations existantes. Ainsi, dans le domaine textile, Véronique Gouin, gérante du cabinet Atélice Conseil, explique que le label Oeko-Tex Standard 100, qui vise à garantir des textiles exempts de produits toxiques, se révèle très insuffisant par rapport aux exigences de l'arrêté RSDE bien qu'il vise pas mal de molécules concernées par la réglementation.

Et pourquoi pas une démarche zéro rejet ?

Les industriels doivent donc aller plus loin pour réduire les rejets de substances dangereuses de leur installation, voire les supprimer totalement. C'est cette dernière démarche qu'a engagée avec succès Emaillerie Rhénane, spécialiste de l'émaillage sur métaux, lauréat des Trophées de l'eau 2017 du bassin Rhin-Meuse. Epaulée par la société Far Ingénierie, la société alsacienne a remplacé par une installation membranaire sa station d'épuration physico-chimique qui traitait ses effluents chargés en métaux (cadmium, nickel, etc.) avant rejets dans le milieu naturel. Cette installation, qui fait appel aux techniques d'ultra-filtration, de nano-filtration et d'osmose inverse, permet de traiter 9.000 m3 d'effluents industriels par an et de recycler l'eau, permettant au passage d'augmenter les capacités de production. Pour se mettre en conformité avec l'arrêté RSDE, les industriels se doivent d'être proactifs. Qu'ils engagent une démarche de réduction ou de suppression totale des rejets, les technologies existantes doivent être adaptées à chaque site.

Le coût de l'installation s'est élevé à 380.000 euros mais l'entreprise a reçu une aide de l'agence de l'eau. "Le but n'était pas d'amortir immédiatement l'opération", explique René Grémeaux d'Emaillerie Rhénane qui, outre le gain pour l'environnement, souligne les avantages de l'opération en terme de communication vis-à-vis de ses clients et prospects. "Les nouvelles normes n'ont aucune incidence puisqu'on est en zéro déchet", soulignent l'entreprise et le concepteur de l'installation qui mettent également en avant la division par dix du temps d'intervention opérateur, notamment par les gains de temps sur la déclaration des résultats d'autosurveillance.

Dans d'autres cas, le zéro rejet ne paraît pas adapté. "On aurait pu faire du zéro déchet mais le distillat ou l'eau résiduelle ne présentait pas d'utilité", explique ainsi Dominique Buzare, gérant de la société Afig'Eo Engineering, qui a mis au point le traitement in situ des déchets liquides de la société Stelia Aerospace à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) avec rejets en station d'épuration, en lieu et place d'un traitement externe.

Privilégier une approche globale

Dans tous les cas, "il faut privilégier une approche globale plutôt qu'une approche substance par substance", conseille Philippe Ricour de l'agence de l'eau Rhin-Meuse. Une vision partagée par Olivier Barrault, PDG du bureau d'études Elodys International qui propose des solutions pour l'optimisation de la performance des nettoyages industriels dans l'agroalimentaire, la pharmacie, le textile ou la mécanique. "La station d'épuration résulte d'un constat d'échec", résume ce dernier pour souligner la nécessité de traiter la question des rejets le plus en amont possible.

Pour mettre en oeuvre une telle approche, industriels et bureaux d'études sont tenus de faire preuve d'innovations. Des innovations qui peuvent bénéficier de soutiens publics dans certains cas. Ainsi, l'agence de l'eau Rhin-Meuse a décidé de soutenir les actions de réduction/suppression des rejets de substances toxiques des industriels via un appel à projets dédié. "Il s'agit de transformer la pression réglementaire grandissante en opportunité industrielle en soutenant des technologies propres non éprouvées ou des traitements éprouvés mais détournés de leur domaine initial d'application", explique Philippe Ricour. L'aide accordée sera une subvention de 25% minimum, avec un bonus possible en fonction de la taille de l'entreprise.

Si l'agence de l'eau Rhin-Meuse est pour l'instant la seule agence de bassin à proposer un appel à projets dédié, les industriels peuvent toujours se tourner vers les dispositifs d'aides classiques des agences. Ces soutiens peuvent prendre la forme d'aides aux études (caractérisation de la pollution, assistance à la maîtrise d'ouvrage travaux) ou d'aide aux investissements (technologies de traitement des eaux ou technologies sans rejets aqueux éprouvées). Les taux d'aide minimaux sont alors respectivement de 50 et 40% de l'assiette éligible.

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