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Les polluants ''émergents'' : pesticides et nanomatériaux

L'air à bout de souffle Actu-Environnement.com - Publié le 05/07/2010
L'air à bout de souffle  |    |  Chapitre 6 / 9
   
Les polluants ''émergents'' : pesticides et nanomatériaux
   
D'autres polluants commencent à être pris en compte, soit parce qu'ils constituent des risques ''émergents'', comme les nanotechnologies, soit parce que la prise de conscience de leur effet sur la qualité de l'air est récente. Leur impact est encore mal identifié alors qu'ils sont diffusés largement dans l'environnement.

Les pesticides sont composés d'une vaste catégorie de produits chimiques complexes. On compte environ 1.200 ingrédients qui peuvent entrer dans la composition de pesticides, dont certains sont des cancérogènes présumés.
Les effets d'une exposition chronique par inhalation pour la population en général sont encore peu évalués, du fait de la récente prise de conscience de cette forme de pollution et de la diversité des molécules actives utilisées.
Aujourd'hui, aucune obligation réglementaire de mesure des pesticides dans l'air ambiant n'existe. Cependant, des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) ont dressé des listes régionales de molécules à surveiller. Toutes les études menées par les AASQA montrent, sans exception, la présence des pesticides dans l’atmosphère.
Selon les modes d'application et les conditions climatiques, 25 à 75 % des pesticides utilisés se retrouveraient dans l'atmosphère, soit au moment du traitement, soit après l'application en se volatilisant à partir du sol et de la végétation. Les concentrations de pesticides dans l'air ambiant sont constatées aussi bien en milieu rural que dans les zones urbaines. Le pourcentage de détection de certaines molécules peut même atteindre 100 % dans certains cas, pour l'alachlore ou le lindane. Le lindane, par exemple, persiste dans l'atmosphère malgré son interdiction depuis 2007.
Le plan Ecophyto 2018, mis en œuvre en 2008, devrait permettre de diminuer les sources de pollution. L'objectif est de réduire de 50 % l'usage des produits phytosanitaires et de retirer du marché les substances les plus préoccupantes. Mais il ne devrait pas régler le problème de persistance.

Les effets des nanoparticules et nanomatériaux sur l'environnement et la santé sont encore méconnus, alors que les nanotechnologies sont déjà présentes dans de nombreux produits de consommation courante, comme les cosmétiques, les vêtements, les produits d'entretien, les compléments alimentaires... De nombreux acteurs s'interrogent sur le comportement de ces nanoparticules face aux barrières biologiques, aux cellules vivantes, d'autant plus que leur réactivité chimique est très haute du fait de leur moindre surface de contact. Parmi les risques redoutés : l’accumulation dans la chaîne alimentaire, puis dans les organes, de nanoparticules non détruites par l’organisme.
En 2004, la Royal Society et la Royal Academy of Engineering publiaient un rapport, Nanoscience et nanotechnologies : opportunités et incertitudes, qui révélait les liens entre nanoparticules et pollution de l’air et soulignait que les nanotubes de carbone ont une configuration similaire à celle des fibres d’amiante, et donc qu’ils pourraient s’avérer aussi nocifs. Se dirige-t-on vers une pollution de l’air par des milliards de nanoparticules ou leur concentration en des points sensibles ?

Sophie Fabregat

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