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"Pour les centres, la principale question est celle du niveau de tri"

Centres de tri : relever le défi des plastiques Actu-Environnement.com - Publié le 07/08/2017

Sylvain Pasquier, de la direction Economie circulaire et déchets de l'Ademe, dresse un premier bilan de l'extension des consignes de tri et de la modernisation des centres de tri du point de vue de l'Ademe.

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"Pour les centres, la principale question est celle du niveau de tri"
Environnement & Technique N°371 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°371
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Actu-Environnement : Cinq ans après les premières expérimentations, où en est l'extension des consignes de tri et la modernisation des centres de tri ?

Sylvain Pasquier : Maintenant, c'est réellement lancé, nous ne sommes plus dans la prospective. Un quart de la population française bénéficie déjà de l'extension des consignes de tri à l'ensemble des emballages et un certain nombre de centres de tri ont été modernisés ou créés. Le parc français se transforme : fin 2016, il y avait 207 centres, contre 237 en 2013. Actuellement, le parc se compose de 88 centres desservant moins de 200.000 habitants (certains desservant moins de 50.000 habitants), 52 pour la fourchette comprise entre 200 et 400.000, 48 entre 400 et 600.000, et 19 au-delà de 600.000 habitants.

Les plus petits centres qui trient les déchets de moins de 200.000 habitants sont plus compliqués à moderniser car les investissements sont lourds et les machines de tri optique sont conçues pour des débits plus importants. Leur nombre tend à se réduire. A l'opposé, les plus gros centres vont desservir jusqu'à 1,5 million d'habitants dans les zones très denses.

Nous entrons dans une période clé au cours de laquelle nous devons faire une bonne synthèse de tous les enseignements acquis. L'objectif est d'orienter au mieux la prochaine phase d'extension qui est prévue pour 2018. C'est le rôle des éco-organismes en concertation avec le comité de suivi mis en place dès le lancement des premières études préalables à l'extension des consignes de tri. Il réunit l'ensemble des acteurs, depuis les metteurs au marché, jusqu'aux recycleurs, en passant par les collectivités territoriales, les opérateurs et les associations. C'est un lieu d'échange important, de partage des résultats et de propositions. Il y aura des ajustements pour le troisième appel à candidatures pour tenir compte de ce retour d'expérience et de l'évolution du contexte économique. Ce dernier n'est pas du tout celui qu'on escomptait il y a trois ou quatre ans, notamment concernant le cours des matières.

AE : Comment cette refonte des centres de tri impacte-t-elle leur fonctionnement ?

SP : Pour les centres, la principale question est celle du niveau de tri. Il y a encore des études en cours, elles seront disponibles en septembre. Est-ce qu'on fait un tri complet en une étape ? En deux étapes, avec un premier tri pour séparer les plastiques des autres emballages, suivi d'un tri résine par résine dans un centre dédié ? Est-ce qu'il faut appliquer le même type de tri aux plastiques et au papiers et cartons ? Toutes ces questions sont sur la table.

Avec la croissance de la taille des centres, on va avoir des sites dont le bassin versant va dépasser le territoire de compétence d'une seule collectivité. Une étude territoriale constitue un préalable indispensable au succès de l'extension des consignes. Cette étude permet de poser la question du tri sur un territoire relativement large. On amène les collectivités à regarder en détail l'ensemble du processus du tri chez l'habitant et dans les centres. Au-delà du devenir des centres de tri présents sur ces territoires, l'étude pose aussi la question de l'harmonisation des modalités de collecte. Enfin, l'étude conduit à regarder les coopérations possibles entre les collectivités. Cette étude est à conduire en cohérence avec la planification régionale de la gestion des déchets qui est en cours d'élaboration.

AE : Comment cette refonte des centres de tri impacte-t-elle les gestes de tri chez les citoyens?

SP : On observe une hausse très nette du recyclage des plastiques et aussi de tous les autres matériaux par un effet d'entrainement. Tous les plastiques que l'on va mettre dans la poubelle jaune ne sont pas amenés à être effectivement recyclés. Par exemple, il n'est pas possible de récupérer les plus petits films plastiques. De même, certaines résines n'ont pas de filière de recyclage. En complément du recyclage, ces flux non recyclés doivent être dirigés vers une valorisation énergétique à haut rendement.

Parfois, il y a une confusion : ce n'est pas parce qu'on mettra certains plastiques en valorisation énergétique à haut rendement qu'il n'y aura pas pour autant une progression du recyclage. Ce qui est important c'est que tout le contenu de la poubelle jaune soit valorisé au mieux, en privilégiant très clairement le recyclage. Le barème du soutien financier aux collectivités territoriales est construit en ce sens.

AE : Certaines résines posent des difficultés aux acteurs. Qu'en est-il ?

SP : Le polystyrène (PS) est une résine sensible dont on sait que les possibilités effectives de recyclage sont plus difficiles à mettre en place. Cela avait été identifié avant le début de l'extension puisque la résine est en option dans les standards de reprise. Aujourd'hui, ça reste un matériau pour lequel nous n'avons pas toutes les réponses. Demain, d'autres résines poseront aussi des questions. Par exemple, le polyéthylène furanoate (PEF), qui va arriver sur le marché.

Les résines plastique vont évoluer dans le temps et on devra régulièrement faire face à ce type de question. L'enjeu est de savoir comment le dispositif peut les appréhender de manière pérenne. Cela signifie qu'il faut garder une certaine souplesse pour pouvoir s'adapter à ces évolutions qui, de toutes façons, sont incontournables. Concrètement, c'est notamment une question de place à réserver dans les centres de tri pour pouvoir faire des modifications. C'est aussi une concertation à renforcer entre tous les acteurs de la chaîne depuis le concepteur de l'emballages jusqu'au recycleur.

Propos recueillis par Philippe Collet

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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