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Biodéchets : vers une montée en puissance de la collecte séparée

La collecte des déchets à la croisée des chemins Actu-Environnement.com - Publié le 01/02/2016

Encore marginale en France, la collecte séparée des biodéchets sera généralisée d'ici 2025, selon la loi de transition énergétique. Les collectivités devront choisir leur méthode de collecte et disposer de solutions de compostage de proximité.

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Biodéchets : vers une montée en puissance de la collecte séparée
Environnement & Technique N°355 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°355
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La collecte séparée des biodéchets (ou déchets organiques) et leur valorisation (compostage, méthanisation), sont encore le parent pauvre du traitement des déchets en France, en dépit du lancement de plusieurs initiatives locales. Déchets alimentaires ou de cuisine, déchets verts de jardins et de parcs et autres déchets biodégradables… Les biodéchets représentent plus du tiers (36%) du poids des ordures ménagères résiduelles (OMR) d'un Français mais sont encore jetés en mélange dans la poubelle. Résultats : beaucoup finissent simplement en décharge (un tiers du tonnage) ou sont incinérés.

Une collecte encore peu développée

Les collectes des biodéchets ont émergé à partir des années 2000 dans l'Hexagone. En 2009, la collecte séparée des biodéchets (déchets de cuisine avec ou sans déchets de jardin), en porte-à-porte, ne concernait que 9% de la population française, selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) datée de juin 2013. Soit 233.000 tonnes collectées auprès de 5,9 millions d'habitants. Selon l'Ademe, 82% des tonnages des biodéchets ménagers seraient collectés en porte-à-porte, le reste via des systèmes d'apport volontaire (bennes ou aires d'apport, en dehors des déchèteries). Les bennes standard ou bi-compartimentées OMR / biodéchets sont les plus utilisées pour les tournées.

"Aujourd'hui, une faible proportion des biodéchets (incluant les déchets verts) est collectée séparément en porte-à-porte par les collectivités. Pour autant, les performances actuelles pourraient être multipliées par six", souligne l'Ademe, dans un guide pratique à destination des élus, publié en février 2015 en collaboration avec le réseau de collectivités Compostplus. Aujourd'hui, plus de 90 collectivités ont déjà mis en place la collecte séparée des biodéchets en France et "beaucoup d'autres favorisent le compostage partagé et individuel", relève l'association Zero Waste France (ex-Cniid).

Coup d'accélérateur réglementaire et incitations financières

Depuis le 1er janvier 2012, la réglementation française a également instauré une obligation de tri des biodéchets par les gros producteurs (restauration, commerce alimentaire, hypermarchés, industries ...) afin d'accroître le taux de valorisation des déchets organiques qui était de 37% en 2010/2011. En 2012, les entreprises produisant plus de 120 tonnes par an (t/an) étaient concernées, selon la loi Grenelle 2 de juillet 2010. Depuis le 1er janvier 2016, ce sont celles produisant plus de 10 t/an. Quant aux entreprises disposant d'huiles alimentaires usagées, l'obligation s'est étendue en janvier à celles produisant plus de 60 litres par an.

La loi de transition énergétique d'août 2015 impose de généraliser le tri à la source des déchets organiques pour tous les producteurs de déchets d'ici 2025. Les collectivités devront disposer de systèmes de collecte et de solutions de compostage de proximité.

Mais la réglementation seule ne suffit pas à renforcer la dynamique. Les mesures financières incitatives, déjà mises en place par les collectivités, favorisent l'amélioration du tri. Les habitants bénéficiant d'un système de tarification incitative (11% de la population aujourd'hui) peuvent profiter d'une contrepartie financière via la réduction de leurs OMR. La Communauté de communes Essor du Rhin (CCER) (67) a testé en 2012 la collecte des biodéchets ménagers en apport volontaire, en vue du passage à la redevance incitative à la levée du bac au 1er janvier 2013. "Suite aux résultats concluants, nous avons étendu la collecte à l'ensemble du territoire : neuf conteneurs Tubes® pour sept communes et 10.000 habitants. Le Tube® peut contenir 1.200L et c'est un tambour de 20L qui permet le dépôt des biodéchets. Le fait de mettre en place la collecte des biodéchets avec la redevance incitative a permis aux habitants d'espacer les levées du bac et de baisser de 10% les tonnages d'OMR. Au total, nous avons baissé de 46% les OMR suite à la première année de redevance incitative. La collecte des biodéchets est intéressante financièrement car le traitement coûte moins cher que celui des OMR", a précisé Rachel Mendelin, responsable environnement de la CCER. Un foyer va en moyenne une fois par semaine au conteneur. En 2015, 148 tonnes de biodéchets ont été collectées par la société Recybio (groupe Schroll). Ils ont ensuite été traités par méthanisation (production de biogaz, digestat).

Rachida Boughriet

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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