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L'ACV, point de départ d'une démarche d'écoconception

L'écoconception promise à un bel avenir Actu-Environnement.com - Publié le 08/04/2013

L'analyse de cycle de vie est l'outil le plus abouti pour identifier et corriger les impacts environnementaux de produits et services. L'ACV reste néanmoins en perpétuelle évolution afin d'accroître sa robustesse et sa pertinence.

L'écoconception promise à un bel avenir  |    |  Chapitre 2 / 5
L'ACV, point de départ d'une démarche d'écoconception
Environnement & Technique N°324 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°324
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Avant de vouloir réduire les impacts environnementaux d'un produit, il faut pouvoir les mesurer. Aujourd'hui, l'analyse de cycle de vie (ACV) est souvent utilisée comme préalable à toute démarche d'écoconception. "Nous avons tout misé sur l'ACV car il nous semblait important d'avoir une approche globale, qui porte sur toutes les étapes de vie d'un produit et sur plusieurs critères, afin d'éviter les transferts de pollution d'un poste à un autre ou d'un impact à un autre. Le bilan carbone est un bon point de départ mais il n'est pas suffisant", explique Jodie Bricout, animatrice à l'association CD2E, qui se définit comme le centre expert pour l'émergence des éco-technologies au service du développement des éco-entreprises.

"Chaque produit a ses enjeux, ses impacts importants. L'ACV permet de zoomer sur ces points faibles", précise l'animatrice.

L'ACV porte en effet sur l'ensemble des étapes de la vie d'un produit, de l'extraction des matières premières au traitement en fin de vie, en passant par son utilisation. Sont étudiés les flux de matières et d'énergie entrants et sortants, et donc les impacts de chaque étape de vie du produit. Ce qui permet, finalement, d'identifier les impacts environnementaux dominants et les étapes de vie les plus problématiques.

Cet instrument est cadré par la série de normes internationales ISO 14040, qui fournit une définition, les principes clés, la méthodologie et la déontologie à adopter (interprétation des résultats…).

Des outils sectoriels pour faciliter l'ACV

Le point faible de l'ACV est son coût : 10.000 euros pour un produit assez simple, plusieurs dizaines de milliers d'euros pour un produit plus complexe. Car il faut que l'étude soit la plus exhaustive possible pour pouvoir être robuste.

"De plus en plus, sont développés des outils adaptés à un secteur d'activité, comme le textile, l'agroalimentaire… Ils adoptent une logique propre au secteur d'activité et donnent accès à des bases de données ciblées. De ce fait, ils sont beaucoup plus simples d'utilisation et plus pertinents. Mais qui dit simple, ne dit pas simpliste. La méthodologie de ces outils est très robuste", analyse Jodie Bricout.

Les travaux sur l'affichage environnemental, au sein de la plateforme Ademe-Afnor, portent également sur des référentiels par type de produits. Ces référentiels permettent d'identifier les étapes importantes à prendre en compte, l'unité fonctionnelle de calcul, les catégories d'impacts à étudier et d'autres paramètres clés (durée de vie, conditions d'utilisation…), paramètres parfois subjectifs qui peuvent différer d'une ACV à l'autre. Ces choix méthodologiques communs permettent donc d'harmoniser les ACV et de pouvoir les comparer entre elles.

Difficultés de transposition

Mais l'une des difficultés majeures rencontrée lors de la réalisation de l'ACV reste le manque de données. Il faut pouvoir remonter tous les flux, tous les impacts, pour des produits dont la chaîne de fabrication est de plus en plus complexe, impliquant de plus en plus d'intermédiaires, de plus en plus d'étapes sur différents sites. Lorsqu'obtenir l'intégralité des données s'avère trop complexe, voire impossible, des données génériques, c'est-à-dire des données moyennes considérées comme représentatives, sont utilisées. La plupart des outils permettant de réaliser une ACV ont des bases de données génériques. Dans le cadre des travaux sur l'affichage environnemental, l'Ademe travaille sur la mise en place d'une base de données publique afin d'aider les entreprises lorsqu'elles n'ont pas accès à certaines données.

Mais l'idéal reste quand même d'obtenir ses propres données car toutes ne sont pas transposables : les impacts sont différents d'une région à l'autre. "L'ACV est encore un outil en développement, en amélioration. Chaque pays a besoin de développer ses propres référentiels. En Europe, lorsque certains pays n'ont pas de données, on adapte les process européens à d'autres régions du monde. Cela fonctionne bien pour les impacts globaux tels que le carbone, mais moins dès que l'on se penche sur les impacts locaux, notamment sur les écosystèmes. Le chemin à parcourir est encore long", souligne Jodie Bricout.

Sophie Fabrégat

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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