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Investissements : la France se met au vert

Energies renouvelables : une place grandissante dans l'économie française Actu-Environnement.com - Publié le 18/09/2017

Le financement de la transition énergétique - et des énergies renouvelables en particulier - nécessite de mobiliser tous les acteurs de l'économie car les besoins se chiffrent en milliers de milliards à l'échelle de la planète. La France montre l'exemple, mais l'effort ne fait que commencer.

Energies renouvelables : une place...  |    |  Chapitre 12 / 15
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Si l'abandon des énergies fossiles au profit des renouvelables est une nécessité vitale pour la planète, c'est aussi une opportunité économique. Selon les derniers chiffres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la transition énergétique nécessite un investissement global de 44.000 milliards de dollars d'ici à 2050. Une somme certes considérable mais dans le même temps, le désinvestissement des énergies fossiles pourrait générer jusqu'à 115.000 milliards de dollars d'économies, soit une équation très favorable.

En France, il faudrait mobiliser entre 10 et 30 milliards d'euros supplémentaires chaque année pour réussir la transition énergétique selon les experts du Débat national de la transition énergétique. Or d'après Bloomberg New Energy Finance, l'investissement dans les énergies renouvelables - pilier majeur de la transition énergétique - n'y atteignait que 3,6 milliards de dollars (3,4 Mds€) en 2016, preuve que la route est encore longue.

Des objectifs et des outils

Mais depuis la présidence française de la COP21, qui a abouti en décembre 2015 à la signature de l'Accord de Paris, le pays se montre exemplaire dans ses engagements en matière de lutte contre le changement climatique. En témoigne la constitution d'un corpus réglementaire permettant d'orienter les investissements vers les énergies propres. La loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), dont la quasi-totalité des textes d'application a été publiée en 2016, a entraîné une dynamique forte grâce à plusieurs objectifs : la part des énergies renouvelables est portée à 32% de la consommation énergétique finale en 2030, le prix du carbone doit grimper à 56 euros par tonne de CO2 en 2020 et 100 euros en 2030…

En outre, l'article 173 de la LTECV, qui instaure pour 840 investisseurs institutionnels une obligation de reporting sur leur gestion des risques liés au climat, devrait les encourager à augmenter leurs investissements responsables. La création de labels "Transition énergétique et écologique pour la croissance verte" pour les fonds d'investissement et "Financement participatif pour la croissance verte" pour les plateformes de crowdfunding participe également à ce fléchage des investissements.

Financements publics

Exemplaire, la France essaye de l'être également à travers la mise en place de nombreux soutiens publics aux énergies propres. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) a, par exemple, dédié un budget de 15 milliards d'euros à la transition énergétique sur la période 2014-2017, qu'elle investit au travers de prêts croissance verte aux collectivités ou directement dans des projets d'infrastructures (centrales solaires, biogaz, éoliennes…).

En 2016, Bpifrance (détenue par l'Etat et la CDC) a accompagné 1.600 éco-entreprises mobilisant pour cela quelque 1,5 milliard d'euros en crédit, en garanties et fonds propres. L'Etat français a en outre émis début 2017 la plus importante obligation verte souveraine au monde, pour un montant de 7 milliards d'euros. Il envisage d'en émettre pour plus de 20 milliards d'euros sur trois ans, donnant ainsi un signal fort au marché.

Très actives également, les Régions se sont largement emparées du sujet et développent leurs propres outils de soutien pour les filières vertes. Enfin, l'Etat a confié à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) plus de 3,3 milliards d'euros de crédits issus du Programme des Investissements d'Avenir (PIA) afin de financer l'innovation et d'accélérer la transition écologique et environnementale. Et le troisième volet du PIA, lancé en mars 2017 pour 10 milliards d'euros, devrait consacrer jusqu'à 60% de son enveloppe à des projets s'inscrivant dans la transition écologique.

Engouement privé

Parallèlement, on observe une mobilisation accrue des grands investisseurs privés, au premier rang desquels les institutionnels (fonds de pension, assurances, etc.). Selon une étude commandée par la société allemande Aquila Capital en 2015, 61% des investisseurs institutionnels européens comptaient accroître leur exposition aux énergies renouvelables et 30% prévoyaient de maintenir cette tendance dans les trois prochaines années. Ils investissent soit en direct dans des projets ou au capital de sociétés soit en sponsorisant des fonds d'investissement.

Ces derniers ont engagé en 2016 quelque 247 M€ en fonds propres au capital d'entreprises tricolores spécialisées dans les renouvelables, tels que Voltalia, Valorem ou Sabella, selon le Baromètre des levées de fonds du Club Cleantech de l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), réalisé avec les données de GreenUnivers. Les institutionnels plébiscitent également les fonds infrastructures qui prennent des parts dans les projets renouvelables.

Les fonds les plus dynamiques restent les pure players – le n°1 français, né de la fusion de Demeter Partners et Emertec Gestion, totalise 800 M€ d'actifs sous gestion – mais de plus en plus de généralistes renforcent leurs investissements dans les secteurs liés à la transition énergétique : 3i Group, Meridiam ou encore Eiffel Investment Group.

Même les banques françaises, autrefois championnes des énergies fossiles, entament leur mutation. Plusieurs d'entre elles se sont engagées à réduire leur exposition au charbon. BNP Paribas envisage de doubler ses investissements dans les énergies renouvelables d'ici 2020 et de leur consacrer ainsi 15 milliards d'euros. Société Générale entend doubler ses investissements et a émis en 2015 puis en 2016 deux obligations vertes de 500 millions d'euros chacune pour financer des projets renouvelables. Le bilan 2016 des financements des énergies renouvelables réalisé par Bloomberg New Energy Finance fait apparaître BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis parmi les 20 premières banques arrangeuses au monde dans le secteur. La même année, le cabinet EY a classé la France en deuxième position en Europe (et huitième mondial) de son baromètre de l'attractivité des marchés des énergies renouvelables. Les logiques et les moyens sont en place, il ne reste plus qu'à amplifier le mouvement. Make our planet great again…

Anne-Claire Poirier, Greenunivers.com

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