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Actu-Environnement

Après 8,5% de croissance en 2004, les éco-entreprises françaises devraient progresser de 3% en 2005

Avec un chiffre d'affaires de 29,116 Md€ impulsé par les activités de récupération des déchets en 2004, le marché des éco-industries a bénéficié d'une croissance de 8,5%. Pour 2005, elle est évaluée à 3%.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
D'après la note de conjoncture réalisée par In Numeri pour le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable (MEDD), le taux de croissance 2004 des éco-entreprises françaises est estimé à 8,5% avec un chiffre d'affaires de 29,116 milliards d'euros.

Il est important de rappeler que cette note ne prend en compte qu'une partie des éco-industries pour lesquelles les données sont disponibles.
Cette année a vu l'introduction du secteur des énergies renouvelables dans les estimations. Notons également que la méthode d'évaluation a été révisée par souci d'harmonisation avec les comptes de l'environnement publiés par la Commission des Comptes et de l'Economie de l'Environnement mais ces changements n'ont pas modifié les évolutions présentées ci-après pour chacun des domaines.

En 2004, les secteurs de l'eau et des déchets ont totalisé à eux seuls près de 92% du chiffre d'affaires global, en incluant les marchés des équipements et du BTP qui leur sont liés. Le secteur des déchets a ainsi dépassé celui de l'eau en atteignant 47% du chiffre d'affaires global des éco-industries (13,71 Md€ contre 13,01 Md€ pour l'eau). Cette performance du secteur des déchets est due à la croissance exceptionnelle de l'éco-activité de récupération des déchets (+25%) qui s'est placée au premier rang (7,9 Md€ de CA) devançant pour la première fois l'assainissement (7,45 Md€).
Par ordre d'importance de marchés, on trouve loin derrière malgré des taux de croissance quoi restent nettement supérieurs à la moyenne, les énergies renouvelables (1 141 M€), la lutte contre le bruit (587 M€) et la réhabilitation des sols (290 M€), activité passée pour la première fois devant la lutte contre la pollution de l'air (280 M€), qui elle, est en baisse sensible.

En 2005, le chiffre d'affaires des éco-entreprises devrait enregistrer une croissance de 3%, soit deux fois supérieure à celle prévue pour l'économie française. Globalement les prévisions sont plus optimistes pour les activités liées à la fabrication d'équipements et au BTP environnemental (respectivement + 10,3% et + 9,6%) que pour les services (+ 2,9%). Les secteurs des énergies renouvelables, de la réhabilitation des sols pollués et de la lutte contre la pollution de l'air devraient enregistrer une croissance à deux chiffres. Après une hausse spectaculaire en 2004, l'éco-activité de récupération s'annonce en net recul (-5,1%).

Les estimations 2004 et les prévisions 2005 sont cependant très différenciées selon les secteurs :

Eco-activité de récupération et du recyclage (valorisation matière)

Le secteur de la récupération a connu une année 2004 exceptionnelle, qui l'a placé au premier rang des marchés des éco-entreprises françaises. Le chiffre d'affaires des adhérents de la Fédération de la récupération, du recyclage et de la valorisation (Federec) a en effet atteint 7,9 Md€ en 2004, après une progression de 25% par rapport à 2003.
Ce bond spectaculaire résulte pour l'essentiel de la flambée des prix des matières premières (les prix des métaux ferreux de récupération ayant connu des augmentations allant jusqu'à 80%) et de la forte demande asiatique sur la période. Le volume total collecté par les entreprises n'a pour sa part progressé que de 6%.
L'évolution a cependant été très variable selon les filières. Les ferrailles et VHU (véhicules hors d'usage) et les métaux non ferreux ont enregistré les plus fortes progressions en chiffre d'affaires (respectivement +69% et +18%), et ont encore accru leur poids au sein du secteur. Elles représentent aujourd'hui à elles seules 67% du chiffre d'affaires global de la récupération. Certaines activités ont en revanche stagné : c'est le cas du verre ou du textile, mais leur poids au sein de la récupération reste marginal (2%). Seule baisse sensible : celle des papiers cartons (-3%), pénalisés par une stagnation des prix.

Pour l'année 2005, les perspectives s'annoncent moins favorables. Le renversement de tendance dans l'évolution des prix des ferrailles, la baisse de la demande chinoise et une progression limitée du gisement laissent présager une baisse de 5% du chiffre d'affaires.

Secteur de l'eau

Le secteur de l'eau regroupe les éco-activités d'assainissement et de distribution d'eau. Ces deux domaines présentent pour 2004 un chiffre d'affaires de 7,45 Md€ et 5,56 Md€ respectivement. Mais ce secteur peut être également analysé en différenciant les services de la construction.

Les services :
Selon les estimations des Enquêtes Annuelles d'Entreprises (Insee et Sessi), le chiffre d'affaires des services relatifs à l'eau n'aurait que légèrement augmenté en 2004 : +2% pour l'assainissement-épuration (2 134 M€) et seulement +0,75% pour la production-distribution d'eau (4 077 M€).
En 2005, une croissance globale de 3,71% est attendue, la conjoncture s'annonçant cependant plus favorable pour l'assainissement (+6%) que pour la production/distribution d'eau (+ 2,5% ). Dans les années à venir, même si l'influence de la nouvelle Loi sur l'eau, tant sur les prix que sur l'activité, reste difficile à évaluer, la progression des activités de services dans le domaine de l'eau devrait rester faible. La vente de services à plus forte valeur ajoutée que la simple fourniture d'eau pourrait constituer le principal axe de développement de l'activité des entreprises.

Construction des réseaux :

Dans le domaine de la construction de réseaux d'adduction et d'assainissement, le chiffre d'affaires 2004 des acteurs aurait progressé de près de 6% dans l'adduction et de 12 % dans l'assainissement, atteignant au total 2 776 M€.

Pour 2005, les investissements imposés là encore par la réglementation (directives « Eau potable » et « Eaux Résiduaires Urbaines ») devraient se traduire par un maintien de ces taux de croissance.

Construction des STEP :

Selon le Syndicat National des Industries de Traitement des Eaux (SNITER), le chiffre d'affaires 2004 est affecté par la baisse des commandes enregistrée en 2003 (-14%). Ce dernier reculerait d'environ 7% et s'établirait à 1 612 M€.

En 2005, le secteur pourrait par contre bénéficier de l'accélération de la mise en conformité des stations d'épuration souhaitée par le MEDD. Une hausse de 5% du chiffre d'affaires des professionnels paraît donc probable.

Assainissement autonome :

En matière d'assainissement autonome, l'application de la réglementation devrait également se traduire par une forte augmentation du marché. En effet, fin 2003, entre 80% et 90% des assainissements autonomes contrôlés par des Services Publics d'Assainissement Non Collectif (SPANC) n'étaient pas conformes aux prescriptions des Agences de l'Eau.

Le rythme de croissance de 5% prévu pour 2005, identique à celui de 2004, pourrait de ce fait être réévalué dans les prochaines années.

Eco-activité de gestion des déchets (hors recyclage et récupération)

Avec un chiffre d'affaires de près de 5,81 Md€, dont 5,15 Md€ pour les services et 662 M€ pour les équipements, le marché des activités liées aux déchets constitue par ordre d'importance le troisième marché des éco-activités derrière la récupération de matière et l'assainissement. On distingue les activités liées aux déchets non dangereux, composés des déchets municipaux et des déchets d'entreprises constituant l'essentiel du marché avec 5,2 Md€ de chiffre d'affaires, de celles liées aux déchets dangereux, essentiellement en provenance des entreprises.

Les déchets non dangereux :

Selon l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME), le chiffre d'affaires des services d'enlèvement et de traitement des déchets non dangereux aurait progressé de 2,6% en 2004, atteignant 4 912 M€.
Il faut également préciser les tendances suivantes :
• Confirmation de la stagnation de la collecte traditionnelle au profit de la collecte sélective (respectivement -1% et +6,3% en 2004 pour les ordures ménagères),
• Baisse globale du gisement de déchets industriels non dangereux collectés (1,6% en 2004), compensée par des prix moyens de collecte en hausse de 3,5% sous l'effet des progrès de la collecte sélective,
• Baisse du volume de déchets mis en centres de stockage (-3% en 2004), enfin, la poursuite du développement du traitement biologique (+3,4% par an), sauf sur le segment du compostage des ordures ménagères.

La croissance devrait être plus faible en 2005 (environ 1,7%), les opérateurs anticipant une stagnation des quantités et une faible hausse des prix.

Les déchets dangereux :

Après avoir accusé une baisse de 0,1% en 2004, le marché des services d'élimination et de traitement des déchets dangereux (978 M€) devrait quant à lui légèrement reprendre en 2005 (+1,53%), les industriels prévoyant une stabilisation des prix et une poursuite de la croissance des quantités à traiter en incinération.

Les boues de STEP :

Evalué en 2004 à 184 M€ (+2,8% par rapport à 2003), le marché du traitement des boues devrait continuer à croître dans les mêmes proportions en 2005 (+2,7% prévus). Ce marché bénéficie en effet d'un contexte réglementaire particulièrement favorable depuis l'entrée en application, en juillet 2002, des nouvelles dispositions d'élimination des déchets, incitant à la valorisation agronomique ou énergétique des boues d'épuration. Des effets positifs sur le développement du compostage des boues sont par ailleurs attendus suite à la publication,en mars 2004, de l'arrêté rendant obligatoire l'application de la norme NF U–44-095 sur la qualité des composts issus du traitements des eaux usées.

Matériels et équipements :

Après une décennie de croissance liée en grande partie à la mise en place de la collecte sélective, le marché national de fabrication de matériel et d'équipements de collecte semble arrivé à maturité. Evalué par l'ADEME à 212 M€ en 2004 il s'annonce également en baisse sensible en 2005 (-7,5%). Les matériels (bacs roulants, conteneurs, bennes à ordures) constituent désormais un marché de renouvellement et le nombre d'ouvertures de déchetteries devrait aller en décroissant.

Construction d'installations de traitement :

Quant aux marchés de la construction d'installations de traitement des déchets ménagers et assimilés, ils ont enregistré une forte croissance en 2004 de 60% (450 M€) due au rythme soutenu de construction d'usines d'incinération (UIOM) et de construction/mise aux normes de systèmes de traitement des émissions atmosphériques sur les installations existantes, ces deux activités représentant à elles seules plus de 75% du chiffre d'affaires réalisé.

Pour 2005, une croissance supérieure à 50% est annoncée. Outre le maintien prévisible d'un bon niveau de commandes d'UIOM, ces marchés devraient bénéficier de plusieurs facteurs favorables, en particulier de l'échéance réglementaire de fin décembre 2005 pour l'équipement en systèmes de traitement des fumées et du développement de la méthanisation, qui suppose la construction d'usines de plus grande taille.

Secteur des Energies Renouvelables

En 2004, selon l'Observatoire de l'Energie, la production d'électricité d'origine renouvelable a progressé de 1,4%, pour atteindre 71.176 GWh. L'hydraulique a fourni à elle seule 92% de la production (65.421 GWh), devançant de loin les déchets urbains solides (4,69 %), le bois et les déchets de bois (1,93%). La part des autres énergies (éolien, biogaz, solaire) est restée marginale malgré la forte croissance de l'éolien (+ 46%) représentant 1,47% de la production (1.044 GWh).

Production thermique :

La production thermique d'origine renouvelable a quant à elle progressé de 2,5% en 2004, passant de 10.245 ktep à 10.500 ktep. Elle est restée largement dominée par le bois et les déchets de bois qui ont constitué 82,32% de la production. Par ordre d'importance, viennent ensuite : les déchets urbains solides (7,75%), les biocarburants (4,25%) qui ont progressé de 11% sur la période, les pompes à chaleur (2,99%) et la géothermie (1,24%). La part de chacune des autres énergies, qu'il s'agisse des résidus de récoltes, du biogaz ou du solaire, est restée inférieure à 1%.

Les équipements :

En ce qui concerne les équipements, le marché de l'éolien, du solaire photovoltaïque et thermique, et du bois énergie aurait atteint 620 M€ en 2004 et progressé de 23% par rapport à 2003, les plus fortes croissances ayant été enregistrées dans le solaire thermique (+42,5%) et l'éolien (+37,7%).

Une nouvelle progression globale de 18% est attendue en 2005.

Marché de la vente d'énergie :

Le marché de la vente d'énergie d'origine renouvelable s'est élevé à 620 M€ en 2004, en croissance de 9% par rapport à 2003. Il est largement dominé par les biocarburants qui représentent à eux seuls plus de 55% du marché estimé et par les UIOM (+ de 35%).

Ce marché devrait progresser de 12% en 2005 et atteindre 692 M€.

Malgré les efforts consentis, le développement des énergies renouvelables en France reste bien inférieur à son potentiel et aux résultats atteints par de nombreux autres pays de l'Union Européenne, a priori moins favorisés en terme de ressources.

Secteur de la réhabilitation des sites pollués

En 2004, le chiffre d'affaires des adhérents de l'Union Professionnelle des entreprises de Dépollution des Sites (UPDS), qui représentent 80% du marché des études et travaux de dépollution des sites, a atteint 232 M€, enregistrant une progression de 10% par rapport à 2003.
L'activité a en particulier été marquée par le démarrage d'Agora, le chantier de réhabilitation du site de Métaleurop, prévu sur 18 mois et d'un montant estimé à 22 M€. Elle a également bénéficié de l'impact positif de la norme NF X31-620 mise en place en septembre 2003 pour définir les exigences de services applicables aux prestataires de service de la dépollution.

La croissance devrait se poursuivre au même rythme en 2005, avec les effets attendus de la Loi sur les risques technologiques et naturels du 30 juillet 2003. Deux articles de la Loi permettent déjà aux pouvoirs publics d'assurer d'office l'exécution des travaux nécessaires aux frais du responsable ou bien de l'obliger à consigner entre les mains d'un comptable public une somme égale au montant des travaux à réaliser. Il reste toujours par ailleurs 28 décrets à paraître, sur les 30 prévus par la Loi.

Secteur de la lutte contre la pollution de l'air

L'évolution du marché du matériel de filtrage et de dépoussiérage des gaz apparaît en contradiction avec les prévisions, du moins d'après les indicateurs disponibles. Alors que l'obligation de mise aux normes des usines d'incinération des ordures ménagères (UIOM) pour décembre 2005 laissait supposer une forte progression du marché entre 2002 et 2005, les facturations de matériels de filtrage et de dépoussiérage des gaz semblent au contraire avoir chuté de 44% sur les neuf premiers mois de 2004, après avoir déjà baissé de 12 % sur l'année 2003*.

Le marché de la lutte contre les Composés Organiques Volatils (COV) s'annonce pour sa part toujours aussi porteur. Estimé à 32,4 M€ en 2004 (+20% par rapport à 2003), il devrait continuer à augmenter de 20% en 2005, pour atteindre 38,8 M€. Il est vrai que ce marché bénéficie d'un contexte particulièrement favorable avec l'entrée en vigueur, le 30 octobre 2005, de la réglementation sur les COV pour les installations autorisées avant le 1er janvier 2001.

Secteur de la lutte contre le bruit

Dans le domaine des écrans acoustiques, après la dégradation du marché observée en 2003, les indicateurs disponibles sont désormais tous à la hausse. Ainsi selon APREA**, le nombre d'opérations de protection acoustique lancées et attribuées a recommencé à monter (77 en 2004 contre 55 en 2003) et le nombre de m2 d'écrans acoustiques dans les appels d'offres lancés a fortement progressé en 2004 atteignant 99 000 m2 contre 52 000 m2 en 2003. Cet indicateur devrait enregistrer une nouvelle hausse de 5 à 10% en 2005.

Le Plan national d'actions contre le bruit, lancé fin 2003, commence de fait à avoir des effets visibles en termes de lancements et de réalisations. On assiste parallèlement à une évolution de la structure du marché : le poids de l'Etat étant en baisse sensible, celui des collectivités est en nette progression puisque 45% des opérations lancées et/ou attribuées en 2004 leur sont imputables.

Concernant l'isolation acoustique et thermique des bâtiments, les indicateurs suivis (fabrication de laine minérale, de polystyrène et de doubles vitrages) montrent une croissance régulière, estimée à environ 5%. La plus forte hausse a été enregistrée par les laines minérales, qui représentent 74% du volume d'isolants utilisés en France. Le chiffre d'affaires des adhérents du FILMM*** a ainsi progressé de 7,6% en 2004, pour atteindre 396 M€ et devrait passer à 415 M€ en 2005. Cette progression s'explique notamment par la forte croissance du marché de la construction, en particulier celui de la maison individuelle neuve et de la rénovation ainsi que par la mise en œuvre de la réglementation thermique 2000 dans les secteurs résidentiels et non résidentiels.


*Données Sessi
**Association Professionnelle des Réalisateurs d'Ecrans Acoustiques, des concepteurs, des architectes et des bureaux d'études, représentant 80% du marché français.
***Syndicat national des fabricants d'isolants en laines minérales manufacturées, totalisant 75% du marché français de la laine minérale.

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