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Les caractéristiques environnementales des appareils électroménagers pèsent dans le choix d'achat des Français

Alors que la filière de recyclage des DEEE se met en place, un sondage réalisé par TNS/Sofres pour le Gifam montre que les caractéristiques environnementales d'un appareil électroménager pèsent désormais dans l'achat des Français.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
Les caractéristiques environnementales des appareils électroménagers pèsent dans le choix d'achat des Français
   
Un sondage* réalisé par TNS/Sofres pour le Groupement Interprofessionnel des Fabricants d'Appareils d'Equipement Ménager (Gifam)** vient de montrer que les caractéristiques environnementales tiennent une place importante dans les achats d'appareils électroménagers. En effet, une majorité d'entre eux déclare que les caractéristiques environnementales d'un appareil électroménager (consommation d'eau, d'énergie) pèsent pour eux davantage que le design (77%), la marque (74%) ou les fonctionnalités (67%). Si le prix reste une variable majeure dans le choix d'un appareil électroménager, 55% des Français jugent les caractéristiques environnementales plus importantes. De plus, 75 % des Français déclarent prendre en compte l'étiquetage spécifique mis en place sur les appareils électroménagers dans leurs achats. Créée en 1994 par la Communauté Européenne, l'étiquette-énergie à pour but d'informer le public sur la consommation d'énergie électrique des équipements domestiques. Elle est obligatoirement apposée sur tous les appareils électroménagers proposés à la vente, y compris sur les appareils fabriqués hors de l'Union Européenne. En France, elle concerne notamment depuis septembre 1995 les réfrigérateurs, congélateurs et combinés, depuis 1996 les sèche-linges et depuis le 10 janvier 1999 les lave-linges. Pour les réfrigérateurs, par exemple, en 1995, les appareils étaient étiquetés et classés dans les lieux de vente à l'aide d'une étiquette échelonnée du gradient le plus économe (A) au plus énergivore (G). En 2000, seules les classes A, B, et C ont été autorisées à la vente, les autres étant jugées trop énergivores. En 2004, le marché glisse alors progressivement vers des appareils plus performants avec l'arrivée de catégories supérieures A+ et A++. Ces catégories s'appliquent sur les appareils les plus économes, pouvant représenter plus de 40 % de gain par rapport à l'actuelle catégorie A. Il semble toutefois que cet étiquetage ne soit pas toujours compris par les consommateurs, puisque 23% des personnes interrogées déclarent la connaître mais ne pas savoir à quoi elle correspond exactement. Une majorité écrasante de sondés (94%) affirment, lorsqu'ils utilisent leurs appareils électroménagers, penser aux gestes permettant de réduire la consommation d'eau et d'énergie (programmes « ECO », touche demi-charge, programmes de lavage basse température…). 68% d'entre eux déclarent même toujours le faire. En revanche, seuls 7% sont conscients qu'au cours des 10 dernières années, les gains de consommation d'énergie réalisés pour un réfrigérateur ont été de l'ordre de 60%.

Sur le plan financier, 9 individus sur 10 seraient prêts à payer plus cher pour un appareil de grande marque respectueux de l'environnement. Toutefois, 10% sont encore réticents, majoritairement des personnes qui ne se sentent pas concernées par les problèmes environnementaux et accordent plus d'importance au prix qu'aux caractéristiques environnementales dans leurs achats. Mais bien évidemment, si une incitation financière était mise en place, 90% des sondés déclarent que cela les encouragerait à acheter des appareils plus chers mais plus économes en eau ou énergie et 46% d'entre eux se disent prêts à changer un appareil fonctionnant encore au profit d'un appareil plus respectueux de l'environnement dans ce contexte, ce qui profiterait également au Groupement Interprofessionnel des Fabricants d'Appareils d'Equipement Ménager à l'initiative du sondage. Concernant les coûts de collecte et de recyclage des anciens appareils, 61% considèrent qu'il est justifié de demander une contribution financière spécifique.

Les résultats du sondage semblent également montrer que l'environnement est également pris en compte par les Français lorsqu'ils se séparent de leurs anciens appareils électroménagers même si les résultats notent des différences dans la manière de se séparer de ses appareils de gros et de petit électroménager. Pour les produits de gros électroménager, 45% des Français déposent leurs anciens appareils en déchetterie et 39% les font reprendre par un vendeur lors de l'achat d'un nouveau. Seuls 3% des individus déposent leurs appareils sur la voie publique. De même, pour les produits de petit électroménager, ils sont 56% à déposer leurs anciens appareils en déchetterie, puis 31% aux encombrants. En revanche, ils sont tout de même 11% à les jeter dans les poubelles en même temps que les ordures ménagères. Enfin, à l'avenir, la quasi-totalité (96%) des personnes interrogées affirment être prête à participer à l'effort de collecte en remettant les anciens appareils dans les circuits de collecte organisés (le vendeur, la déchetterie, les encombrants ou un opérateur social tel qu'Emmaüs, Envie…).

Alors que le secteur de l'électroménager, de par sa diffusion dans les ménages français (160 millions de gros appareils ménagers en service, 300 millions de petits appareils électroménagers) et par le poids même des gros appareils, représente 63% en volume des produits mis au rebut chaque année, aujourd'hui, priorité est donnée au chantier de la « fin de vie » des produits : la transposition en droit français de la directive européenne, dite « DEEE », sur le recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques en fin de vie, assigne en effet aux industriels une « responsabilté élargie ». Cette réglementation est en vigueur en France depuis le 13 août 2005 mais la filière ne pourra être opérationnelle qu'après l'agrément des éco-organismes par le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable (prévus d'ici la fin de l'année 2006).

Avec la mise en place du nouveau processus de valorisation et de recyclage des DEEE, chacun devra modifier son comportement à son niveau : fabricants, distributeurs, collectivités locales, recycleurs et consommateurs.


*L'étude a été menée auprès de 934 individus âgés de 20 ans et plus, représentatifs de la population française des 20 ans et plus. Les interviews ont été menées par téléphone 1er au 3 juin 2006.

**Créé en 1967, le Groupement Interprofessionnel des Fabricants d'Appareils d'Equipement Ménager (GIFAM) rassemble plus de 50 sociétés ou groupes industriels, qui sont soit des entreprises françaises soit des filiales françaises de groupes européens.

Réactions2 réactions à cet article

 
Ah!!! ces vendeurs...

"Mais bien évidemment, si une incitation financière était mise en place, 90% des sondés déclarent que cela les encouragerait à acheter des appareils plus chers mais plus économes en eau ou énergie et 46% d'entre eux se disent prêts à changer un appareil fonctionnant encore au profit d'un appareil plus respectueux de l'environnement dans ce contexte, ce qui profiterait également au Groupement Interprofessionnel des Fabricants d'Appareils d'Equipement Ménager à l'initiative du sondage."

Quelqu'un sait il s'il vaut mieux se débarasser d'un appareil qui fonctionne au profit d'un appareil plus économe ou s'il est préférable de garder son appareil énergivore et attendre sa fin de vie. En gros, l'énergie globale pour produire un nouvel appareil (transformation, fabrication, transport...) est elle inférieure au delta d'énergie consommée des deux appareils (ancien et nouveau)?

A mon avis cette étude n'est pas innocente et cherche avant tout à faire vendre encore plus.

kil | 19 juillet 2006 à 19h39
 
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Quel beau lobbying !

Le sondage commandé par le GIFAM met en valeur l’intérêt des ménages pour les performances environnementales des appareils électroménagers… Est-ce pour cela que tout le monde lave désormais plus vert que vert, quitte à inventer des performances environnementales qui n’existent pas toujours ?

Sujet d’actualité : les climatiseurs. Pour sauver le marché des climatiseurs monoblocs, les fabricants ont négocié au niveau européen une grille d’analyse des performances destinée à permettre le classement en catégorie A de modèles monoblocs qui consomment pourtant plus que des climatiseurs « Split » (en deux parties) classés D voire G, eux-mêmes désastreux sur le plan environnemental !

Pourquoi mentir ? Dans le cas des climatiseurs, l’information du consommateur a été volontairement biaisée avec la complaisance du législateur. Ce type de pratique jette le discrédit sur la notation environnementale des produits… surtout lorsque l’information émane des industriels !

Dommage car nous ne pouvons nier que des efforts sont accomplis, bien qu'insuffisants face aux enjeux à venir.

Sobre | 20 juillet 2006 à 21h26
 
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