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La composition du Conseil national du littoral ne fait pas l'unanimité

Le Premier ministre a installé, le 13 juillet dernier, le Conseil national du littoral, présidé par le député Jérôme Bignon et composé de 72 membres dont 35 élus nommés pour cinq ans. Mais cette instance inquiète les écologistes.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
   
La composition du Conseil national du littoral ne fait pas l'unanimité
   
Le Premier ministre a installé, le 13 juillet dernier, le Conseil national du littoral (CNL), en présence de Dominique Perben, Dominique Bussereau, Nelly Olin, François Baroin, Léon Bertrand et Christian Estrosi. Nous allons pouvoir compter enfin sur un formidable outil au service de notre littoral. Un lieu de veille, d'échanges et de propositions, qui prendra en compte les aspirations de l'ensemble des acteurs locaux et qui contribuera à la cohérence des actions publiques menées sur le littoral, a indiqué le Premier ministre lors de son allocution.

Créé par la loi sur le développement des territoires ruraux, le Conseil national du littoral présidé par le député Jérôme Bignon (UMP, Somme), président de Rivages de France, est composé de 72 membres dont 35 élus nommés pour cinq ans. Parmi ses membres : des parlementaires, des élus des collectivités territoriales de métropole et d'outre-mer, des représentants des milieux socioprofessionnels, des personnalités de la société civile et des représentants des établissements publics concernés.

Le Conseil national du littoral doit d'abord répondre au problème de la pression démographique. Alors que 7 millions de personnes habitent aujourd'hui dans les 900 communes littorales maritimes, elles pourraient être 3,5 millions supplémentaires dans les départements littoraux en 2030, avec une progression particulièrement sensible en Outre-mer. Pour le Premier ministre, cette évolution modifie en profondeur la vie sociale territoires littoraux et fait apparaître de nouvelles difficultés liées au chômage, à l'exclusion et à un changement d'identité.

Pour Dominique de Villepin, le deuxième défi que doit relever le CNL est le renforcement de l'activité économique du littoral. Nous devons d'abord offrir de véritables perspectives à la pêche maritime française, a-t-il dit lors de son allocution.
La compétitivité des ports est également à l'ordre du jour. Le Premier ministre adressera fin juillet 2006 aux préfets leurs mandat de négociation des contrats de projet Etat-régions. Enfin, l'offre touristique du littoral doit être améliorée.

Pour relever ces défis, deux directions seront privilégiées par le gouvernement : mieux coordonner les politiques publiques qui touchent à la mer et au littoral, que ce soit au niveau français ou au niveau de l'Union européenne et appliquer le principe de subsidiarité en privilégiant la méthode contractuelle. Nous devons bien sûr définir les règles et les grandes orientations au niveau national ou régional. Mais les projets de développement doivent être élaborés en concertation entre les collectivités territoriales, les acteurs socioprofessionnels et les associations locales, avec l'appui de l'État, a souligné le premier ministre.

Enfin, souhaitant une vision plus intégrée entre la protection de l'environnement, l'urbanisation et le développement économique, le Premier ministre a demandé aux membres du CNL, de réfléchir aux outils à mettre en place pour développer les espaces littoraux. Ils doivent nous permettre à la fois de planifier notre action, afin de garantir un développement durable, et de concilier des intérêts et des objectifs parfois divergents. Les membres du CNL devront également se pencher sur la nécessité d'anticiper les risques naturels qui menacent le littoral. Je pense par exemple à l'érosion du trait de côte, qui est déjà une réalité dans de nombreuses zones et qui risque d'être accentuée par les conséquences du changement climatique, explique Dominique de Villepin. Enfin, son rôle sera de faire du littoral un lieu essentiel du développement des énergies renouvelables. L'espace marin doit pouvoir y contribuer, mais cela doit se faire de manière harmonieuse et organisée, dans le respect des autres activités, de la protection des paysages et de la biodiversité. De nombreux projets existent, qu'il s'agisse des éoliennes en mer ou de l'utilisation de l'énergie des vagues ou des courants marins.

L'organisation France Nature Environnement (FNE) a exprimé mercredi son inquiétude, quant à la composition et aux futures missions de cette nouvelle instance. L'organisation estime en effet que sa composition assure une surreprésentation des élus du littoral hostiles à la maîtrise de l'urbanisation. France Nature Environnement, qui regroupe 3000 associations de protection de l'environnement dont la plupart sont agréées, n'est même pas assurée de voir son représentant élu à la commission permanente, lieu de décision du CNL, indique l'organisation. La FNE considère en outre que le CNL risque d'être le lieu des revendications d'élus locaux désireux de modifier la loi littoral afin de favoriser leurs projets locaux.

Réactions3 réactions à cet article

 
Confiance totale à France Gamerre

La Loi Littoral (comme la loi Montagne) est une véritable avancée en matière de protection de l'environnement. Même malheureusement assouplie, elle demeure un formidable rempart contre l'appétit féroce des promotteurs immobilier.

Résidant sur le littoral méditerranéen, je peux vous affirmer que cette loi à évité le bétonnage de plusieurs kilomètres de rivage. Et 1 Km de côte urbanisée, c'est un massacre d'écosystèmes locaux irréversible.
N'importe quelle étude d'impact, un tant soit peu rigoureuse, nous le démontre aisément.

Les membres de ce conseil national du littoral se doivent donc d'être particulièrement responsables.

Fragued
 
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France Gamerre défendra la loi littoral

Les préoccupations de FNE quant à la volonté de certains élus de bétonner le littoral me semblent légitimes.

Fort heureusement, France Gamerre, adjointe au Maire de Marseille et Présidente de Génération Ecologie, figure au rang des élus représentés.

Gageons qu'elle saura défendre avec vigueur un application stricte de la loi littoral, qui était, avant son récent assouplissement, la meilleure protection des sites naturels.

Anonyme | 20 juillet 2006 à 10h24
 
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a voir...

il est aussi primordial de prevoir que le developpement touristique de nos littoraux va engendrer une pression encore plus forte sur les ecosystemes cotiers. Travaillant dans ce domaine et constatant deja les degats en la matiere, je suis inquiete de vois la suite des evenements... En effet, il est important de defendre le reste des cotes qui n'ont, par chance, pas encore etees betonnees, mais il ne faut pas non plus oublier tous les ecosystemes se trouvant deja dans des zone ayant commencees a etre "touristisees"... Je suis de plus en plus inquiete quand je lis tout ca....

anonyme | 24 juillet 2006 à 19h37
 
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