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Actu-Environnement

La fertilité humaine est-elle menacée par l'environnement ?

Comme de nombreuses études tendent à démontrer l'impact d'un environnement malsain sur la reproduction et notamment sur la fertilité masculine, la reprotoxicité fera l'objet des 4èmes rencontres parlementaires santé et environnement.

Risques  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
En tant que présidente du groupe d'études parlementaires santé et environnement de l'Assemblée Nationale qui regroupe plus de 100 députés de tous les groupes politiques, Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne, organise chaque année une rencontre internationale sur un sujet de santé environnementale.

Après s'être intéressé à l'impact du bruit sur la santé en 2003, l'impact des pollutions chimiques en 2004 et l'impact des ondes électromagnétiques en 2005, le thème de la reprotoxicité (malformation et problèmes de stérilité) a été choisi cette année. La question posée est claire et nette : la fertilité humaine est-elle menacée par l'environnement ?q
Ces rencontres qui s'attacheront, le mercredi 13 décembre, à faire le point sur les possibles effets de l'environnement sur le déclin de la fertilité et en particulier les conséquences de l'exposition aux substances chimiques, ont vocation à réfléchir, à alerter et sensibiliser sur des problématiques situées à la croisée d'enjeux de santé publique et environnementaux. Ces rencontres son notamment destinées à faire avancer sur des vides juridiques, a expliqué Nathalie Kosciusko-Morizet.

L'objectif affiché de ces rencontres consiste également à réunir les différentes parties concernées afin de faire le point et de débattre des études et des données scientifiques les plus récentes. Les meilleurs spécialistes européens (France, Danemark, Royaume-Uni) aux côtés de décideurs politiques, de hauts responsables en matière de santé publique et d'industriels, viendront donc demain à l'Assemblée Nationale débattre de ces problématiques parmi lesquels : pourquoi y a t-il plus de problèmes de stérilité ?

En effet, dans les pays industrialisés, le bulletin de santé de la reproduction humaine affiche des signaux inquiétants. Entre 25 et 44 ans, 30% des femmes déclarent avoir eu des difficultés ou échoué à avoir un enfant, a rappelé Nathalie Kosciusko-Morizet, citant une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined). Toutefois ces recours à la consultation sembleraient plus directement liés au recul de l'âge moyen de la première grossesse et aux modes de vie : consommation de tabac et d'alcool stress…
Mais c'est sur la fertilité masculine que la situation semble la plus alarmante : une étude danoise datant de 1992 faisait état d'une dégradation régulière de la qualité et de la quantité des spermatozoïdes depuis 1950. On est passé en Europe de 90 à 100 millions de spermatozoïdes par millilitre dans les années 50, à 50 à 60 millions par millilitre dans les années 90, a précisé le Pr. Spira, professeur de santé publique et d'épidémiologie à l'Université Paris Sud XI et chercheur à l'INSERM, faisant état toutefois d'une stabilisation relative depuis dix ans.

Selon le professeur, la gamétogenèse (production de spermatozoïdes) commence durant la vie utérine puis reprend à la puberté et toute modification subtile liée à l'environnement pendant ces phases peut avoir des effets non seulement sur la personne elle-même mais les générations suivantes.
Par ailleurs, une augmentation des maladies congénitales de l'appareil reproducteur masculin, une évolution du sex-ratio tendant à une plus faible proportion de garçon et une augmentation en France de 50% en vingt ans du taux d'incidence de cancer des testicules, ont été constatées. Or, des observations et expérimentations montrent que certains facteurs environnementaux pourraient être à l'origine de ces perturbations et pathologie, observées également chez différentes espèces animales sauvages : alligators, oiseaux, poissons invertébrés…
Parmi les facteurs environnementaux en cause, sont suspectés les produits organiques persistants (POP), les éthers de glycol ou autres substances soupçonnées d'agir comme des perturbateurs endocriniens et notamment les organochlorés comme les phtalates ou les phyto et myco-oestrogènes.
Ces substances sont présentes dans tous les milieux (eau, air, sol) et, pour certains d'entre eux, rentrent dans la composition de bon nombre de produits de grande consommation tels que certains produits phytosanitaires de type pesticides et fongicides, certains produits à usage domestique du type cosmétiques, peintures, détergents ou certains produits manufacturés.

Pour déterminer avec plus de précision, les causes de la détérioration de la santé reproductive et les corréler à un éventuel impact de l'environnement, un observatoire épidémiologique de la fertilité en France a été mis en place par l'INSERM, l'Institut de veille sanitaire et l'Université de Copenhague.
Les premiers résultats d'une étude préliminaire* publiés en juillet ont permis de confirmer d'office l'effet néfaste du tabac sur la fertilité, le délai nécessaire à l'obtention d'une grossesse ayant doublé parmi les couples fumeurs par rapport aux couples où la femme était non-fumeuse.
La suite de l'étude, plus vaste, devrait se dérouler en 2007 et inclura un millier de coulpes suivis plusieurs années, ce qui impliquera de contacter 20.000 foyers. À l'issue de cette enquête, les chercheurs espèrent mettre en évidence d'autres facteurs environnementaux impliqués dans la détérioration de la santé reproductive humaine.

Dans ce contexte, la proposition de directive européenne REACH (Registration, Evaluation, Autorisation of Chemicals) dont le vote en deuxième lecture au Parlement européen est programmé la semaine du 11 décembre, est une des clés des questions que l'on se posent, a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette directive extrêmement importante du point de vue de la santé environnementale a l'avantage d'exister mais n'est pas satisfaisante. L'information du grand public reste en effet limitée et beaucoup de substances chimiques très suspectes pourront continuer à être utilisées dans la fabrication de produits courants dès lors que les avantages économiques et sociaux de leur utilisation sont plus élevés que les risques pour l'homme et l'environnement et que leur utilisation est adéquatement contrôlée.

La clé réside aussi dans les modes de financements de la recherche. Pour améliorer les connaissances sur ces sujets, l'exposition aux produits chimiques doit être suivie dès la petite enfance et sur plusieurs générations. Or à l'heure actuelle, les modalités de financement sont mal adaptées aux études sur le long et très long terme, a expliqué le Pr Spira qui ne s'estime par ailleurs, pas catastrophiste mais bien rationnel.
Même s'il existe des outils au sein du Plan national Santé, comme un programme de recherche santé et environnement mené par l'agence nationale de la recherche (ANR) et un programme national de recherche du MEDD sur les perturbateurs endocriniens cela reste, selon lui, largement insuffisant. De plus, dans les pays du sud, il n'y a aucune réglementation, s'inquiète-t-il.

Dans l'attente, il semble donc appartenir au consommateur de porter une attention particulière aux produits qu'il acquiert quotidiennement, soit en les substituant (jouets bas de gamme, peinture fortement émettrice de composés organiques volatils - COV), soit en les supprimant totalement de son panier (désodorisant, produits phytosanitaires…) ou à défaut en respectant scrupuleusement les précautions d'usages (lave-glaces par exemple).

Réactions8 réactions à cet article

 
Et mon futur enfant, et les truc de grand mère...?

Cela me fous les boules, de ne pus pouvoir procréer et donc de maintenir en vie l'existence humaine.
Je crois que la plus grande joie de l'humain est d'avoir des enfants.
Si on m'enleve ce droit, par manque d'information sur l'utilisation de certains produits. Dois je partir vivre à la campagnes et me soigner avec les "truc de grand mère". Attendre en vain mon enfant, parce que ma femme fume, se maquille et respire une peinture de mauvaise qualité dans sa chambre.
Merci à ceux qui cherche des solutions et dans l'espoir qu'ils nous donnent un maximum d'information.
Goulven
23 ans

Goulven | 14 décembre 2006 à 10h04
 
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vérifier ce que je mets dans mon panier, impossibl

Je voudrais bien, mais comment faire, cela relève de l''impossible, souvent il n'y a pas la composition des produits, notamment pour les cosmétiques (risque accru avec les mini particules contenues désormais dans ce type de produit dont ils font la publicité ), et quand elle y est, elle est souvent vague ou incomplète par exemple arômes mais lequel après quelques heures d'ingestion on le sent encore remonter à la gorge (produits alimentaires), ou je ne sais pas à quelle famille le composant appartient phtalate ou pas, et je n'en connaîs pas la mesure. Que faire ? Il pourrait au moins y a voir un avertissement comme quoi le produit chimique est potentiellement dangereux pour la santé. Souvent c'est même des produits de rinçage, et c'est pas marqué : je voudrai bien m'abstenir, mais avant je ne peux pas, je ne le vois qu'au goût, et c'est trop tard, pour ceux qui sont autour de moi. En plus souvent c'est le commerçant lui même qui rajoute un papier transparent sur le jambon, je lui ai dit que cela donnait un goût , mais il ne veut pas me croire, Alors phtalate ou pas ?
Quant aux désherbant, il y a marqué spécial jardin, alors je peux être tranquille, peut être que la précaution c'est le biologique ?

pierre | 14 décembre 2006 à 19h58
 
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Quel avenir pour l'humanité?

Là encore, l'être humain récolte ce qu'il sème...
La baisse de la fertilité masculine liée à des causes biologiques précède celle de la fertilité féminine qui sera liée à des causes spirituelles...
Sans une grande Purification de la planète et de son humanité l'avenir s'annonce sombre...
Mais qu'il s'agisse de baisse de fertilité, d'utilisation d'armes nucléaires ou même de "nucléaire civil", de perturbations climatiques ou de quoi que ce soit d'autre, tout concourt maintenant à la disparition du genre humain de la surface de la Terre...
A moins que...

Vivre Mieux | 15 décembre 2006 à 10h51
 
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La solution.. c'est peut être nous?!

Bonjour,
Je me pose les même questions que vous, je me sens utilisé et mal mené par cette chimie de l'alimentation, de l'air, des pesticides ... même ma maison est devenue toxique pour moi et mes futures enfants.. alors que faire?
Notre réponse ne doit pas être de fustiger uniquement les gouvernements ou les grands producteurs agro-alimentaires, mais peut être nous même aussi avons une responsabilité?! Je vous donne quelques pistes : Créer une AMAP (soutenir un agriculteur ou coop, BIO ou raisonnée, recevoir un panier de légumes et fruits de saison par semaine et sensibiliser son entourage!). Exiger de votre super marché d'avoir plus de BIO, plus de produits régionaux, monté votre Club nature, assoc. FAITES UN POTAGER dans votre lotissement, avec vos voisins, votre école... C'est ça agir pour ça santé! Et surtout, se soutenir, et s'aider sur les projets, c'est peut être une part de solutions!
Grenoble (38)

dorian | 15 décembre 2006 à 12h09
 
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la planète peut-elle supporter autant d'humains ?

A l'heure ou la planète déborde d'humains, et ou, si tous ces bipèdes se mettaient à vivre comme des citoyens des USA, il faudrait plus de 10 planètes pour les ravitailler en énergie et en nourriture, faut-il craindre une baisse de la fécondité ?

Si les substances produites par l'industrie chimique réduisent la multiplication des humains, est-ce mauvais pour la planète ?

Vaut-il mieux empêcher la fécondation d'un ovule, empêcher un foetus de venir à terme, laisser un nouveau né mourir de faim ou envoyer un enfant au combat dans une guerre civile ?

Je suis extrèmement perplexe sur ce sujet, je trouve absolument intolérable qu'on empêche des gens de fonder une famille, mais peut-on les laisser engendrer des enfants promis à un destin tragique et misérable.

Et si on prenait en compte, dans le "droit à fonder une famille", non seulement le droit à procréer, mais aussi l'éducation et l'installation du futur adulte dans un monde vivable?

Dominique | 04 janvier 2007 à 22h40
 
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Re:Et mon futur enfant, et les truc de grand mère.

Nos ancêtres les Gaulois (enfin, c'est comme ça que nos manuels d'histoire en parlent) vivaient dans des huttes, ils faisaient du feu et la fumée se débrouillait pour sortir par les interstices du toit : moralité, ils avaient tous des poumons de grand fumeur, sans même savoir ce qu'était le tabac.

A la fin du Moyen-âge, l'espérance de vis d'un humain était de l'ordre de 40 ans, à cause de la Peste et autres épidémies, sans compter les différentes guerres et querelles souvent liées au manque de nourriture.

Dans ces conditions, on n'avait pas le temps de mourir d'un cancer, ou de développer la maladie d'Alzeimer (d'ailleurs, j'ai le premier symptome : je ne sais plus où est le "h" dans son nom).

Je vois deux idées contradictoires :

D'une part, le biotope terrestre n'est pas figé, les espèces ont constamment évolué et la planète a digéré bien des populations d'ammonites, de dinosaures et autres trilobites avant que le bipède sans poils apparaisse.

D'autre part, le bipède en question est en train de pulluler au delà du raisonnable, et de mettre au pillage les ressources de la Terre.

Moralité : on peut penser que l'espèce humaine est destinée à disparaître un jour : autant que ce ne soit pas dans une apocalypse générale.

Tant qu'à faire, il vaudrait peut-être mieux "décroître en douceur" et arriver à un point où la planète serait capable de "recycler" lesdéchets et de se régénérer en continu.

Pour ça, il faudrait qu'on devienne intelligent....

Quelqu'un est-il capable de mettre le thème de "Mission impossible" en guise de point final... ou de point d'interrogation?????

dominique | 10 janvier 2007 à 22h52
 
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Re:la planète peut-elle supporter autant d'humain.

bonjour j ces que ces un peut bete a dire, mais pour moi d apres ce quon a fait a notre planete nous ne somme plus des hetre vivant mais des parasite parceque nous nou detruison nous meme

harry | 05 juin 2007 à 10h35
 
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Re:Re:la planète peut-elle supporter autant d'hum.

Toi, on peut dire que t'as pas le moral.

Un peu d'espoir désespéré pour te remonter le moral :

Il y a un peu plus d'un siècle, deux enfants sont nés, ils étaient un peu bizarres, mais, finalement, ils ont fait leur chemin dans la vie et ils ont influé de façon majeure sur l'histoire du monde....

Ce qui est dommage c'est que si l'un s'appelait Albert EINSTEIN, l'autre s'appelait Adolphe HITLER.

Eh oui, chez les humains, on trouve de tout et, en plus, parfois, le même homme est capable du meilleur et du pire.

dominique | 05 juin 2007 à 10h43
 
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