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Naturel ou artificiel : le sapin de Noël est-il écologique ?

Alors que 5 millions de sapins naturels vont être coupés des exploitations françaises pour illuminer les intérieurs pendant les fêtes de fin d'année, les modes de production posent la question de l'impact écologique de l'arbre de Noël.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Rémi PinActu-Environnement.com

Pour les fêtes de Noël, ce sont plus de six millions de sapins naturels qui entreront dans les foyers Français. 20 % sont produits à l'étranger, essentiellement en Belgique et au Danemark. Ce sont cinq millions de sapins de Noël français, Nordmann ou épicéa, qui seront produits sur 5.000 hectares. Un quart des sapins français est produit dans le Morvan, sur quelques 1.500 hectares.

Plusieurs producteurs français se sont engagés dans une démarche éco-certifiante, mais sur plus de 130 producteurs d'arbres de Noël, leur nombre reste limité. Seulement quatre bénéficient du label international MPS, qui "mesure et évalue la pression environnementale liée aux intrants horticoles, ainsi qu'au mode de gestion de l'eau et des déchets", et trois du label français horticole Plante Bleue, attestant que "les professionnels ont des pratiques de production respectueuses de l'environnement".

Phytosanitaires et résidus

Une fois planté sur les parcelles après deux ans de semis et deux ans de pépinière, un sapin reçoit en moyenne une dizaine de traitements annuels, au moins pendant les trois premières années de sa vie : engrais, produits phytosanitaires, et hormones. Des traitements qui ne sont pas sans poser problème pour l'environnement et la santé humaine. En 2007, sur la commune de Champeaux-en-Morvan (Côte d'Or), le 2,6-dichlorobenzamide, un métabolite du dichlobénil, herbicide utilisé dans la culture des sapins et interdit en France depuis 2010, a été retrouvé à la source du Vossou. Une station de traitement par filtration sur charbon actif en grain a été installée. Le 2,6-dichlorobenzamide reste aujourd'hui régulièrement retrouvé à la source du Vossou, à des teneurs respectant la norme "eau brute" mais dépassant la norme "eau distribuée". Le traitement par filtration est toujours actif.

"Peu de demandes de sapins bio"

Les producteurs ont engagé une démarche plus raisonnée dans l'utilisation des phytosanitaires, selon l'Association Française du Sapin de Noël Naturel (AFSNN). "Nous testons des solutions alternatives comme le désherbage mécanique ou l'enherbement contrôlé", explique Frédéric Naudet, son président, lui-même producteur de sapins dans le Morvan. Aujourd'hui le nombre de producteurs bio augmente au fil des ans, mais la production de sapins exempts de traitements phytosanitaires reste encore confidentielle. "Il y a peu de demandes des distributeurs, en bout de chaîne, pour vendre des sapins bio", précise Frédéric Naudet.

Mais quitte à avoir un sapin, l'option naturelle semble la plus écologique. Une analyse du cycle de vie réalisée par une société canadienne en 2009 a montré qu'il faudrait garder plus de 15 ans son sapin artificiel en plastique et métal pour que l'intérêt écologique soit réel.

Réactions2 réactions à cet article

 

Pour la dernière remarque permettez-moi de sourire. Ça fait 5 ans que j'ai un sapin en plastique, un peu qualitatif et il est comme neuf. Je me vois bien le garder encore 20,30 ans ou plus.

Il suffit de se sortir de l'habitude de tout jeter pour un oui ou pour un non qui ronge nos sociétés modernes. De ce point de vue, quelle régression par rapport à nos anciens.

Cyril31 | 12 décembre 2018 à 21h04
 
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Afin d'améliorer encore le bilan écologique du sapin naturel, j'ai tenté à 3 reprises celui vendu avec motte. Bilan très médiocre au final, 1 seul ayant tenu 3 ans en pot, les deux autres ne survivant pas jusqu'au Noël suivant (pourtant tous remisés à l'extérieur dès les fêtes de fin d'année passées et bichonnés). Les jeunes sapins que j'ai acheté sont en fait arrachés du sol et leur pivot est donc sectionné, ce qui leur est fatal à brève échéance.
Sous réserve d'une réelle durabilité (entre 5 et 6 ans au moins), il y aurait là pour le consommateur sensibilisé à l'écologie une véritable voie médiane entre le sapin "naturel" (quoique farci de chimie en général ainsi que l'indique l'article) périssable et le synthétique. Dommage que l'article ne s'y intéresse pas.
Certes, on peut faire soi-même son sapin en carton, en bois de palettes, en tissus, etc., mais les enfants ne sont pas dupes et préfèrent l'original à la copie, même créative.

Pégase | 17 décembre 2018 à 14h31
 
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