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Le salage des routes n'est pas sans impact sur l'environnement

La France a été confrontée à des épisodes neigeux où des tonnes de sel ont été répandues sur les routes pouvant avoir des effets sur la biodiversité, a alerté FNE. La fédération propose des alternatives (sable, copeaux de bois…) au salage chimique.

Biodiversité  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Le salage des routes n'est pas sans impact sur l'environnement
   

Alors que le gouvernement s'inquiétait fin décembre pour ses stocks de sel pour déneiger les routes, la fédération France Nature Environnement (FNE) a rappelé le 4 janvier les conséquences écologiques de tels épandages.

Chaque hiver, environ un million de tonnes de sel seraient en moyenne déversées sur les routes françaises pour faire fondre la glace ou la neige. Plus du double de sel risque toutefois d'être utilisé cette année, selon l'Association des fournisseurs de sel de déneigement (Asselvia).

 
Pourquoi répandre du sel ? L'eau et le sel (NaCl) forment un mélange dit eutectique. En chimie cela signifie que la frontière qui sépare le mélange dans son état liquide, de son état solide (glace) en fonction de la température et de la pression se déplace par rapport au corps pur seul. Concrètement, lorsqu'il sont mélangés dans des proportions idéales, l'eau et le sel ne gèlent qu'à -21,6 °C contre 0°C pour l'eau pure.
L'épandage du sel permet donc de prévenir la formation de glace lorsque le froid reste raisonnable (environ -15°C car il n'est pas possible de répandre la quantité "idéale" de sel en tous points de la route), voire de faire fondre la neige lorsque celle-ci se dépose sur le sol. Il est en revanche sans grande efficacité sur le sol déjà enneigé.
 
Le chlorure de sodium reste le fondant routier le plus utilisé pour des questions de coûts. D'autres fondants sont aussi employés dans l'Hexagone comme les alcools et glycols, le chlorure de calcium, les sulfates et nitrates, explique FNE. La fédération pointe du doigt les ''impacts considérables sur l'environnement'' de l'accumulation de sel pouvant aboutir à la disparition d'espèces végétales et animales. ''En ce qui concerne les impacts sur la faune et la flore, ils sont immédiats mais peuvent également se prolonger après la saison hivernale'', déplore Benoît Hartmann, porte-parole de FNE dans un communiqué.

Certaines espèces aquatiques sont sensibles au taux de salinité, comme les saumons ou les crapauds, d'après le WWF. Une étude américaine, publiée en septembre dernier, dans la revue ''Environmental Science and Technology'', avait également démontré un impact sur la biodiversité des cours d'eau situés au nord des Etats-Unis.

Le sel peut aussi brûler le feuillage des végétaux, provoquer un dessèchement au niveau des racines ou modifier les propriétés des sols, comme leur perméabilité, ajoute de son côté Demba Diedhiou, chargé de projets Transports chez FNE. Par réaction chimique, il peut aussi "libérer" les métaux lourds présents sur les routes (plomb, zinc, aluminium), provenant notamment des carrosseries ou des pneumatiques, et entraîner leur dispersion dans la nature et sur les terres agricoles via l'irrigation et le ruissellement.

Privilégier les traitements mécaniques, selon FNE

D'autres alternatives existent pourtant aux produits chimiques, souligne FNE comme ''la limitation des déplacements par temps de neige, le développement de l'utilisation des pneus neige ou l'usage des transports en commun'' (quand ceux-ci ne sont pas perturbés...).

FNE plaide aussi pour les "traitements mécaniques" pendant les épisodes neigeux : épandages de sable, copeaux de bois, gravillons rocheux... ''Les solutions chimiques ne peuvent intervenir qu'en ultime recours en prévoyant la collecte et le traitement des eaux traitées'', estime la fédération.

FNE a demandé l'élaboration en France d'une "réglementation permettant la hiérarchie des usages et solutions à mettre en oeuvre en cas d'épisode neigeux ou de gel persistant". Pour Bruno Genty, président de la fédération, ''il est vain de vouloir s'opposer frontalement aux phénomènes naturels. La nature n'est pas notre ennemi. Nous devons faire avec elle et pas contre elle, en privilégiant l'adaptation voire une approche mécanique plutôt que se limiter a une approche chimique dont les dégâts collatéraux peuvent être très importants''.

Réactions12 réactions à cet article

 

Bonjour,

Je suis totalement pour le fait de trouver des solutions substitutives telles que les épandages de sable. Mais en revanche, je ne suis pas d'accord quand vous dîtes "comme la limitation des déplacements par temps de neige, le développement de l'utilisation des pneus neige ou l'usage des transports en commun.". La limitation de ces déplacements n'est pas toujours possible pour les personnes ayant des impératifs. Le développement de l'utilisation des pneus neige, pourquoi pas, dans la mesure où les prix de ceux-ci seraient plus accessibles? L'usage de transports en commun, certainement mais la plupart du temps, les services responsables de ceux-ci ne fonctionnent plus durant les problèmes de neige, sauf les trains (et encore, ils fonctionnent mais parfois au ralenti, voire pas du tout dans certains cas).

Merwan | 10 janvier 2011 à 13h13
 
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Je suis entièrement d'accord avec Merwan et notamment en ce qui concerne les transports en commun, l'épisode neigeux du mois de Décembre nous l'a bien démontré! Habitant dans l'Est, je souris notamment devant la suggestion concernant "la limitation des déplacements"!!!
Cela dit, je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'il faut mettre en place et que les collectivités se doivent d'organiser d'autre solutions.
J'ai une question au sujet du salage: est il vrai qu'il accentue la dégradation du revêtement des routes, ou les nombreux nids de poules sont ils simplement l'effet du gel?

armillaria | 10 janvier 2011 à 15h02
 
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pourquoi ne pas utiliser du chlurure de calcium , il est moins nocif

tomi | 10 janvier 2011 à 17h47
 
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Le constat que vous faite dans votre article est connu de biens des personnes. Mais vous ne nous amenez pas de solution, si ce n’est que nous devons prendre les transports en commun. Cela c’est pour les grandes villes et encore quand ils fonctionnent. Après les pneus neige par exemple, si vous n’avez pas de 4x4 (c’est vrai ils polluent parait-il, c’est un autre débat) je vous défie de rouler dans 20cm de neige avec une voiture normale. Donc la solution c’est de rester chez soit et attendre le dégel et d’être obligé de prendre des jours de vacances, en priant que cela ne dure pas 1mois ou plus.

sam | 10 janvier 2011 à 18h13
 
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Cela a déjà été dit dans les autres commentaires, mais les propositions de FNE sont évidemment à côté de la plaque. Leur raisonnement est typiquement Parisien intra-muros, les métros fonctionnent (et pour cause ils sont sous-terrains) mais les bus on oublie, les RER et trains de banlieue sont fortement perturbés. A l'heure où l'on s'entend rabâcher à longueur de journée que "c'est la crise" j'imagine bien une réglementation aménager les horaires des salariés parce qu'il y a 15cm de neige au sol...

FCkennedy | 13 janvier 2011 à 09h22
 
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Quelq'un a-t-il fait une analyse de cycle de vie des différentes solutions ?

catherine | 13 janvier 2011 à 09h29
 
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@ Sam : défit accepté et relevé chaque année sur le plateau de Milles Vaches avec une 4L ou tout autre type de voiture légère (R5, fiat panda, etc...)

@tomi : Atténuer la nocivité du produit utilisé ne résoudra pas le problème, même si ce serait déjà un pas en avant d'effectué aussi petit soit-il...Je pense qu'on peut mieux faire encore !

@armillaria & Merwan : La limitation des déplacement sous-entendu à mon sens, décrit le fait que seul les personnes prioritaire se déplace par temps de neige dans un premier temps...mais surtout une réorganisation du fonctionnement général. j'entends par là le fait qu'un salarié ne soit pas obligé de poser ses congés, rtt ou autre sur ces passages d'impossibilité de se rendre au travail. Et là effectivement cela risque fortement d'être impossible ^^

A mon humble avis nous allons finir par tendre sur des fonctionnement du type allemand ou suisse. Pneus neige obligatoire en cas de neige. Si on sort sans : amende qui nous fera passer l'envie de rééditer cette erreur ou qui nous donnera envie d'acheter des pneus neige ^^
Cela ne règle rien, ce n'est pas une solution, mais l'Etat y verra l'intérêt financier.
Pour remplacer le sel, la sciure ne serait-il pas tout aussi efficace? On s'en sert dans les potager pour protéger des gelés et ça absorbe les liquides. une fois qu'il n'y a plus de neige, direction le traitement des bous ou dans les endroits plus sain et sans trop d'hydrocarbures, directement en plateforme de compostage....

Matt | 13 janvier 2011 à 10h22
 
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Les auteurs de plusieurs réactions à cet article soulignent la difficulté de répondre à l'objectif : "limiter les déplacements".
Aucun ne mentionne le recours au télétravail : Cette solution n'est évidemment pas applicable à tous les emplois, elle l'est, en revanche pour bien des personnes n'ayant pas de contact direct et permanent avec une clientèle et passant une partie de leur temps "devant un écran". Il faut, certes, un matériel, une organisation et la volonté employé-employeur.
Cette dernière condition est la plus difficile à remplir, car elle demande des efforts, bouscule les habitudes ancrées dans le mental de la hiérarchie et la routine de l'entreprise. C'est bien dommage pour l'efficacité générale économique et écologique...Peut-être faut-il un encouragement plus marqué aux entreprises ou administrations qui s'engageraient dans cette voie de progrès où l'on éviterait de passer 3 heures (ou plus) bloqués par la neige ou une grève des transports au lieu de travailler... "tranquillement" ?

Michous | 13 janvier 2011 à 10h27
 
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Bonjour,

Je suis entièrement d'accord avec vous, il faudrait réellement mettre en place des solutions alternatives tels que l'épandage de sable ou de copeaux....
Par contre, Sam, je ne suis pas d'accord avec vous puisque dans cet article, ils proposent des solutions comme le sable, les copeaux...
Le problème c'est que notre gouvernement n'a pas l'air de savoir très bien gérer tout ça... Quand on voit que certaines routes n'ont pas été déblayées avant 1 voire 2 semaines...

Il serait peut être bien de voir comment se débrouillent des pays comme la Suède, le Danemark ou le Canada... Eux s'en sortent, pourquoi pas nous ?

Angie92 | 13 janvier 2011 à 10h56
 
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certes les pneus neige sont un peu plus cher que les normaux mais je pense' que c'est aussi une question de sécurité : un véhicule à pneus normaux presque lisse sur route glissante met en danger la vie des autres ! de plus la conduite sur route glissante est un entrainement : on ne peu pas demander à des gens qui ne connaisse ça qu'une fois tous les 5 ans de savoir y faire. donc je suis pour que cela restent chez eux ! tous le monde à des impératifs mais si c'est pour passer la fin de ces jours dans un fauteuil roulant .... c'est aussi aux employeurs de tolérer des retards ou des modif de plannings dans ces conditions climatiques. j'ajouterai aussi que les engin de déneigement peuvent passer la lame pour enlever la neige sans pour autant épandre quoi que ce soit; de plus dans certaine conditions ça ne sert à rien de saler : s'il fait - 15 ou si c'est à 14h et que tout est déjà fondu ... mais s'ils sont passé sans saler et que quelqu'un se plante et porte plainte ils sont en tort !!!!! il n'y a pas de solution miracle ! mais il faut être patient !

pallipes | 16 janvier 2011 à 19h38
 
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Oui,enfin les notions d'impératif sont aussi entièrement à revoir...A commencer par l'économique,le patron ne peut pas attendre!On peut très bien se sentir d'aller bosser ou d'aller faire quelques courses en temps de neige et de verglas comme au temps ou les routes étaient pratiquables sans nid de poule ou autres...Comme avant ,tous azimut.
En temps de salage des routes,les chevreuils par exemple ,aime gouter le sel épandu et écoulé dans les fossés.En se rapprochant des routes,il ya plus de probabilité d'en chouter un,car le freinage est encore reduit...On est bien avancé.

kiror | 08 février 2011 à 11h30
 
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Le chlorure de calcium moins nocif que le chlorure de Sodium ?
D'où vient cette information erronée ?

Cédric | 09 mai 2011 à 15h14
 
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