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Protection du littoral : quand la nature reprend ses droits

Le Conservatoire du littoral acquiert en moyenne 3 000 hectares par an pour restaurer et préserver des sites naturels d'intérêt écologique. Illustration sur un site en Camargue après des années d'activité intensive dédiées à la production de sel.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com

Le site des étangs et marais des salins de Camargue a été acquis par le Conservatoire du littoral entre 2008 et 2012 aux salins du Midi. Un groupe qui a dû réduire la taille de son exploitation salicole pour des raisons liées à la rentabilité.

Ce site présente la particularité d'être une des plus vastes zones humides de France. Il est aujourd'hui géré par plusieurs gestionnaires ; le Parc naturel régional de Camargue, la Tour du Valat (un centre de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes) et la Société nationale de la protection de la nature.

Un plan de gestion a permis d'établir une feuille de route pour la restauration de cet espace naturel.

Une dynamique retrouvée naturellement

L'idée générale est de reconnecter les étangs à la mer, une reconnexion bénéfique pour les écosystèmes. Comment ? En laissant faire la nature. Une digue importante sur le front de mer protégeait l'exploitation de sel. Cette dernière est laissée à l'abandon depuis l'acquisition du site. Par conséquence, elle s'effondre peu à peu. Ici et là, des connexions avec les étangs se sont recréées. Des connexions importantes pour la biodiversité comme le précise Marc Thibaut, responsable de la restauration de la zone humide à la Tour du Valat : "cela permet notamment à diverses espèces de poissons migrateurs de coloniser de façon saisonnière les étangs et de pouvoir aussi en sortir pour retourner à la mer".

Par contre, l'érosion du trait de côte n'est plus stoppée par la digue, mais c'est un choix. Ici, "il n'y a pas d'activité économique, pas d'habitation, pas de danger et cela coûterait 30 millions d'euros pour la réhabiliter, sans compter la maintenance annuelle aussi très importante. On accepte que ce territoire soit repris progressivement par la mer du fait de l'érosion et de l'élévation du niveau marin".

Une dynamique restaurée aussi par l'intervention de l'homme

Un linéaire, de 100 kilomètres de digues, a été construit pour l'exploitation salicole. Des digues qui empêchaient l'écoulement de l'eau entre les étangs. Certaines vont se dégrader naturellement. Mais pour accélérer le processus quelques travaux hydrauliques sont nécessaires comme le curage d'un chenal ou le redimensionnement des ouvrages de communication entre les étangs, des travaux de décloisonnement hydraulique, la consolidation de certaines digues… le tout pour un montant relativement faible, environ 500 000 euros (comparé au coût pour le maintien de la digue sur le front de mer).

Depuis l'arrêt de l'exploitation salicole, il y a une dizaine d'années, le paysage a déjà bien changé, une plage s'est reformée derrière la digue en front de mer et des espèces, qui avaient disparu, refont surface comme la salicorne en buisson ou la salicorne glauque. Un suivi des peuplements piscicoles est en cours pour évaluer la reconnexion entre la mer et les étangs. D'autres analyses scientifiques doivent permettre le suivi des herbiers des macrophites et de la macrofaune benthique.

Réactions2 réactions à cet article

 

Enfin une bonne nouvelle! Cela prouve que la nature est très vite résiliente dès lors qu'on lui fiche la paix.Si seulement des mesures telles que celle-ci pouvaient trouver place plus rapidement sur notre territoire... Limiter l'expansion humaine par tous les moyens: ce devrait être le nouveau credo des élites dans les décennies à venir. Cela leur permettrait de faire preuve d'imagination.

gaïa94 | 02 janvier 2020 à 11h12
 
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Bonjour, adepte de la protection de la Nature, nous sommes en Camargue où depuis des millénaires la Camargue existe parceque les hommes ont trouvé des prétextes (élevage du taureau, du cheval, viticulture, riziculture ...) pour éviter que la mer supprime le cordon littoral et toute activité humaine : alors j'ai une question. Quand il n'y aura plus de digues, de gestion intelligente entre eau douce et eau salée que pensez vous qu'on fera pour que le village des Saintes Maries de la Mer avec son pèlerinage des gitans annuel existe encore ? Faudra t'il en faire une ile entourée de digues perdue avec une route surélevée pour y accéder ? Allons, tout cela n'est pas sérieux et organisez au moins un dialogue entre tous les acteurs au lieu de faire cela avec 3 structures qui partagent exactement le même point de vue ! Pas très démocratique tout cela, ou sont nos élus politiques et tous les acteurs de la société civile ? Ce type de mauvaise protection du littoral est inadmissible car elle est décidée de manière technocratique par des gens qui ne travaillent pas ni ne vivent en Camargue. Merci de faire passer cet avis contradictoire dans un but de réunir vraiment tous les acteurs... Phil.

Phil | 26 janvier 2021 à 09h38
 
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