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Actu-Environnement

Les abeilles meurent plus en France pendant la saison apicole que dans le reste de l'Europe

La première étude de la mortalité des abeilles dans 17 Etats membres a été présentée par la Commission européenne. L'honnêteté de cette démarche est pourtant contestée, l'influence des pesticides n'étant étrangement pas abordée.

Biodiversité  |    |  Pierre Emmanuel BouchezActu-Environnement.com

Le 7 avril 2014 a été présentée à Bruxelles l'étude "Epilobee". Ce rapport commandé par la Commission européenne et coordonnée par l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) avait pour but de comparer l'état de santé des ruchers dans 17 pays de l'Union européenne.

Dans cette optique, 1.350 inspecteurs ont visité à trois reprises 3.300 ruchers comprenant 31.800 colonies d'abeilles, entre l'automne 2012 et l'été 2013, afin de mesurer le taux de mortalité des abeilles domestiques, et de recueillir des informations relatives aux agents pathogènes susceptibles d'entrainer leur mort.

On observe, depuis les années 1990, un déclin de ces pollinisatrices au niveau mondial, mais aucune étude n'avait encore été réalisée au niveau européen pour rendre compte de leur santé. Très curieusement, le rôle des pesticides n'est abordé à aucun moment dans les 30 pages du rapport.

Un record européen de mortalité en période de production de miel pour la France

C'est en hiver que la mortalité des abeilles est la plus élevée. Sans surprise, ce sont les pays du Nord qui enregistrent les plus forts taux de mortalité. Ce taux est de 33,6% en Belgique, de 28,8% au Royaume Uni, de 28,7% en Suède, et de plus de 23% en Estonie et en Finlande, alors qu'un taux de mortalité de 10% est considéré comme normal.

Les Etats du centre de l'Europe présentent un taux de mortalité un peu moins important. Puisque la France (14,1%), l'Allemagne (13,6%) et la Pologne (14,8%) excèdent un peu le seuil. Au sud, la mortalité hivernale des abeilles est plus faible, restant au dessous des 10%. L'Italie présente ainsi un taux de mortalité de 5,3%, la Grèce de 6,6%, et l'Espagne de 9,5%.

Cependant, si ces résultats paraissent logiques, l'observation des taux de mortalité lors de la saison de production de miel aboutit à des résultats plus surprenants. Si la mortalité des abeilles diminue généralement pendant la saison apicole, entre le printemps et l'été, ce n'est pas le cas en France (13,6%), seul pays européen à rester au dessus des 10% durant cette saison.

Un tel taux de mortalité cause une baisse considérable du volume de miel produit en France. La production a ainsi été divisée par deux entre 1995 et 2013 pour un nombre de ruches resté stable. Certaines voix, dont celle de l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF), s'élèvent donc pour pointer du doigt le rôle des pesticides, dont la France est le plus gros consommateur européen, comme cause de cette chute.

Les pesticides écartés de l'étude

L'étude s'est limitée à l'observation des causes de mortalité due à des agents pathogènes. Les scientifiques ont ainsi cherché à observer la présence éventuelle dans les ruches de Varroa, un acarien, et de Nosema, un champignon. "Les pratiques apicoles, des informations sur les ruchers et les apiculteurs ainsi que les manifestations cliniques des principales maladies infectieuses et parasitaires ont été enregistrées au moyen d'un questionnaire détaillé", indique l'Anses.

Néanmoins, c'est le grand absent de cette étude qui a concentré l'attention des observateurs. Pour certains, l'ombre des lobbys de l'agroalimentaire plane sur certains biais introduits lors de l'élaboration du rapport. En effet, dans cette étude, le rôle des pesticides, insecticides et autres produits phytosanitaires dans l'augmentation de la mortalité des abeilles est totalement éludé, alors que de lourds soupçons pèsent sur ce type de substances.

"ll n'y a pas de motif politique (à la non prise en compte des pesticides), ce sont des raisons techniques et cela coûterait très cher. On peut admettre qu'une étude coûte très cher, mais à condition qu'elle donne les informations qu'on recherche", explique Gilles Salvat, directeur de la santé animale à l'Anses. Les 3 millions d'euros de budget alloués par la Commission européenne étaient donc selon lui insuffisants pour étudier une éventuelle influence néfaste des pesticides, au moment où cette problématique occupe le devant de la scène.

Un avis que ne partage pas Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS, pour qui "ce choix est politique, pas scientifique. Si on ne recherche que des agents infectieux, on ne risque pas de trouver des résidus de pesticides" estime-t-il.

Réactions36 réactions à cet article

 

Merci pour ce résumé, même s'il est – un peu – contaminé par la désinformation et la démagogie ambiantes.

L'étude avait pour objet de mesurer la mortalité (hivernale et estivale) et l'état sanitaire des ruches en Europe sur, essentiellement, une saison. 3,3 millions d'euros ont été alloués à cette étude.

Pour rappel, c'est en gros ce que l'Union européenne compte dépenser – lire : dilapider – pour reproduire (avec un peu plus de sérieux tout de même !) l'infâme « étude » de M. Séralini sur les rats nourris à l'OGM NK 603.

Cette étude est probablement une première en ce qu'elle produit des chiffres obtenus pour 17 pays sur la base d'une procédure standardisée. Ces chiffres sont à la fois intéressants à plus d'un titre et très insuffisants.

Intéressants car, face à l'extraordinaire tapage médiatique sur le déclin des abeilles, ils semblent indiquer que l'abeille se porte très bien dans les pays du Sud, ainsi qu'en Hongrie, Lituanie et Slovaquie... C'est très fâcheux pour les marchands d'apocalypse !

Intéressants aussi par les résultats sur la présence des parasites et maladies.

Et intéressants par le fait que bien malin sera celui qui pourra dégager une tendance générale et des corrélations entre mortalité et facteurs de mortalité (sanitaires) suspectés.

(À suivre)

Wackes Seppi | 14 avril 2014 à 19h14
 
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Très insuffisants, d'un autre côté, parce qu'ils ne concernent qu'une saison et 17 pays – sans distinction des localités – et qu'ils ne portent pas sur des facteurs (suspectés) importants de mortalité. Les idéologues et marchands d'apocalypse se sont bien évidemment engouffrés dans l'absence de données sur les pesticides. C'est, tout compte fait, de bonne guerre.

Le cas de la France est assez emblématique : on a visité 344 apiculteurs, mais 95,3 % ayant moins de 50 ruches, 4,7 % en ayant entre 50 et 150, et 0 % en ayant plus. Aucune information sur les localisations et les environnements.

Les « commentaires » – y compris ceux de la Commission – se sont donc limités à des généralités grossières. Oui, la mortalité a décru (j'emploie le passé parce que l'étude ne porte que sur l'hiver 2012-2013) du Nord au Sud, mais comment expliquer la très faible mortalité en Lituanie par rapport aux pays voisins ? Ou la très forte mortalité de la Belgique ?

Quant aux théories de la conspiration, c'est, comme toujours, du pipeau.

Mais il est vrai que ceux qui ont établi le protocole de cette étude n'ont pas été bien avisés.

Wackes Seppi | 14 avril 2014 à 19h15
 
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Tout le monde peut voir maintenant la catastrophe qui arrive à grand pas, et le cynisme invraisemblable de ceux qui profitent à court terme du saccage de la nature - et l'absence de raction également coupable du reste de la population.

Zoltan | 15 avril 2014 à 08h43
 
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La "catastrophe qui arrive à grand pas" c'est celle de la politisation de l'environnement, sujet éminemment sérieux et complexe malheureusement trop souvent réduit à des slogans et à des Yakafokon totalement inutiles et exploité par des carriéristes qui en font leur fonds de commerce: politiciens, marchands (les rayons "bio" des GMS) et profiteurs de la panique (financiers du climat, calculateurs de bilans carbone bidonnés...).
Les limites de l'étude sont bien réelles toutefois et elle ne permet pas de tirer des conclusions universelles du genre "les lobbies blablabla..."

Albatros | 15 avril 2014 à 09h48
 
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L'étude montre tout de même deux choses importante à mon sens

1. Les abeilles meurt et on ne sait toujours pas vraiment pourquoi, mais elle meurt.
2. Elle meurt plus en France, pays n°1 dans la consommation de produits phytosanitaire.

Le reste des chiffres ne sert à rien, dire que les abeilles meurt plus au nord qu'au sud pendant l'hiver est une évidence.
En effet, pas de précision géographique ce qui ne permet pas de prendre en compte les polluant de l'air.
A quand une étude sérieuse et à quand un programme pour sauver tout simplement les abeilles : réimplantation massive de ruches ?

Peut-être lorsqu'il n'y aura plus d'abeille.
Et peut-être que l'on fera comme aux USA et qu'on développera des société pour amener les abeilles dans les champs à polliniser. Cela se fait sur les champs de citrouille. résultats garantie sur la production

Terra | 15 avril 2014 à 10h44
 
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Qui a dit:Quand il n'y aura plus d'abeilles, ,ce sera la fin de la Vie terrestre! On ne peut que partager l'opinion de Terra. Que faire en face des défenseurs du Phytosanitaires, toujours prêts à la révolte au nom du sacro-saint RENDEMENT, pourtant la cause de leur propre empoisonnement, comme l'arroseur ,arrosé ,de produits toxiques.

arthur | 15 avril 2014 à 11h40
 
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les abeilles meurent plus en France pays champion des pesticides, on aurait pu faire l'économie d'une étude, ce n'est pas une surprise

lio | 15 avril 2014 à 12h37
 
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Les logorrhées de wakes sepi et autres albatros sont tellement prévisibles et rodées que l'on les imagine rédigées à l'avance par les industriels mortifères de l'uipp.
Mai bon ces 2 personnes et leurs commanditaires sont heureusement sur le déclin (comme les abeilles mais hélas pour ces dernières).
Jour après jour je constate avec joie le rejet grandissant des thèses exterminatrices de ce genre d'individus !

jms | 15 avril 2014 à 14h30
 
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En été les abeilles succomberaient plus en France que dans les autres pays d'Europe.
En parallèle , notre pays reçoit le maximum de touristes venus profiter de nos belles campagnes (peut-etre plus belles que chez eux)
Il y a donc de sérieux doutes sur la toxicité du tourisme , qui dérange les ruchers ... la question est lancée.

VD69 | 15 avril 2014 à 14h42
 
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M./Mme Terra,

Vous récitez...

«1. Les abeilles meurt et on ne sait toujours pas vraiment pourquoi, mais elle meurt»?

Oui et non! Les abeilles ne meurent pas partout, et l'étude décrite ici, aussi limitée soit-elle, tend à le montrer. La cause de la mortalité est multifactorielle, ça on le sait.

«2. Elle meurt plus en France, pays n°1 dans la consommation de produits phytosanitaire»?

Corrélation n'est pas relation de cause à effet. La France, grande consommatrice de phytos, est aussi un pays avec une importante surface en vignes et cultures fruit!ères (grandes consommatrices...). Et c'est un pays avec d'importantes zones, par exemple de montagne, où les phytos ne sont guère utilisés.

Vous écrivez aussi: «Le reste des chiffres ne sert à rien...»

En fait, si. Ils tendent à démontrer – tendent car des résultats sur une années doivent être maniés avec précaution – que les discours convenus sont vraisemblablement dénués de fondement.

«...dire que les abeilles meurt plus au nord qu'au sud pendant l'hiver est une évidence»?

Oui, si on compare la Suède avec la Grèce. Non si on compare la Lituanie avec la Pologne. Ou la Belgique avec la France (qui a une importante apiculture dans la zone sud).

«...ce qui ne permet pas de prendre en compte les polluant de l'air»?

La pollution de l'air n'a pas été identifiée comme cause de mortalité.

«A quand une étude sérieuse...»

C'est une étude sérieuse. Très sérieuse même (même si on peut et doit en critiquer les limites).

Wackes Seppi | 15 avril 2014 à 14h43
 
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M. Arthur a écrit :

« Qui a dit... »

En tout cas, ce n'est pas Einstein.

Et il faut arrêter le délire, fruit d'une désinformation outrancière. La vie terrestre a existé en Amérique avant que les Européens n'y introduisent l'abeille domestique. Ce n'est qu'un esemple.

Écrire cela, ce n'est pas nier l'existence de problèmes, comme d'aucuns le prétendront sans nul doute dans les commentaires à suivre. C'est appeler à la raison et la rationalité.

M. Arthur,

Les producteurs de fruits – grands utilisateurs de phytos* pour, d'une part pouvoir produire et, d'autre part, produire des fruits de qualité à votre convenance (et la mienne) – sont tout à fait conscients du rôle des pollinisateurs et dans leur très grande majorité prennent les mesures nécessaires pour les préserver.

Votre discours hargneux envers les «  défenseurs du Phytosanitaires » est sans fondement.

___________

*  Y compris les producteurs « bio » qui, eux, sont obligés de se rabattre sur des produits, dits « naturels », généralement nocifs pour les abeilles.

Wackes Seppi | 15 avril 2014 à 15h02
 
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LEs abeilles sont les plus connues pour la pollinisation mais elles sont loin d'être les seules. Les bourdons participent aussi. Et malheureusement une étude récente signalées sur actu-environ. montre que le quart de leur population a disparu. Donc il y a vraiment un problème sérieux.

Anecdote: en Espagne, région d'Alméria existent des serres plastiques à perte de vue ou poussent poivrons, aubergines et tomates. On y trouve par-ci par-là des empilement de boites en cartons d'ou sortent par une mince fente des multitudes d'insectes pollinisateurs (mélange d'insectes). Le moment venu ces cartons sont rentrés dans les serres puis ressortis une fois que le TRAVAIL de pollinisation a été fait. Il y a beaucoup de sociétés américaines dans le secteur.

ami9327 | 15 avril 2014 à 16h18
 
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Qu'il y ait un grave problème de mortalité des abeilles est une évidence.
La vox populi et beaucoup d'apiculteurs accusent volontiers les pesticides d'en être responsables. C'est une hypothèse mais pas du tout la seule, mais c'est une hypothèse où les écolos parisiens peuvent se délecter de bouffer de l'industrie, si elle est américaine c'est encore mieux. Hypothèse aussi qui permet aux apiculteurs de rêver à des indemnités prélevées sur les milliards de multinationales.
La polarisation sur cette hypothèse me semble dangereuse, en négligeant les autres hypothèses et donc les possibilités d'éradiquer cette disparition des ruchers.
Les abeilles sont décimées mais les bourdons résistent, tout en butinant les mêmes fleurs. On peut s'interroger sur le fait que ces insectes artificiels, d'élevage soient plus touchés que leurs homologues sauvages.

VD69 | 15 avril 2014 à 16h37
 
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Je ne travaille pas pour l'UIPP, n'en déplaise à jms et, si c'était le cas, je ne vois pas en quoi cet organisme serait à diaboliser: les industriels membres de l'UIPP fournissent des substances chimiques utiles et n'ont pas pour objectif de détruire la planète. Je ne partage simplement pas les délires complotistes trop largement répandus (encore davantage que les pesticides).
J'en appelle à la modération de ce site contre des propos outranciers et totalement infondés.
Si jms venait au pouvoir, il serait sur un mirador et moi dans un camp?
Merci d'avance.

Albatros | 15 avril 2014 à 19h24
 
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....les écolos parisiens .. ont tout le droit et les capacités à comprendre et porter des avis sur tout ce qui se passe autour d'eux !

En tout cas tout autant que ces ruraux auto déclarés seuls grands défenseurs de l'écologie comme tous ces agriculteurs de la FNSEA ou ces chasseurs qui défendent en fait une vision corporatiste et violente de leurs privilèges de subventionnés ad vitam aeternam !

jms | 16 avril 2014 à 08h32
 
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Cessez de vous poser en victime Albatros!
Vous parlez de délire complotiste : C'EST DU GRAND N'IMPORTE QUOI.

Vous êtes sur un site qui parle de l'environnement au sens large du terme et pas sur un site de militants bouffeurs des sales écologistes !

Les pesticides on pour but de détruire des organismes dits ravageurs des cultures.
Ce faisant ils ont des effets dramatiques pour TOUTES les formes de vie.
Il réduisent lentement mais sûrement à néant la diversité biologique de la planète.
Oui des industriels font leur beurre avec ces poisons.
Oui ils ont des relais actifs sur des sites internet.
Ceux qui dénoncent ces empoisonneurs ne craignent certes pas les miradors (ridicule et inconvenante votre expression...) mais une vie animale et végétale réduite à néant !

jms | 16 avril 2014 à 09h23
 
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les modes de culture que prônent Seppi et albatros pour l'agriculture donne le cancer à la planète et toute la chimiothérapie destructrice de l'uipp n'y changera rien encore une fois c'est une vision du monde appartenant au passé

lio | 16 avril 2014 à 09h43
 
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Ce site est un lieu d'informations et d'échanges et je n'y emploie ni insultes ni anathèmes. Je ne suis simplement pas d'accord avec jms, lio et cela ne fait pas de moi une victime ni un coupable et encore moins un suppôt de qui que ce soit.
Les substances chimiques, même biocides par définition dangereuses, quand elles sont bien utilisées, sont véritablement utiles.
Le totalitarisme et l'outrance de l'expression contre les "méchants" dont je semble être, sont inconvenants. La violence commence par le verbe...

Albatros | 16 avril 2014 à 13h13
 
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Pauvre lio, je suis très loin de la retraite et j'ai utilisé personnellement la chimio et quelques autres merveilles de la chimie qui m'ont maintenu vivant. Je n'ai rien contre, bien au contraire...

Albatros | 16 avril 2014 à 14h01
 
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Le fait que cette étude n'intègre pas l'impact des pesticides est tout simplement aberrant. Combien d'années faudra-t-il encore pour soulever cette problématique?

Le problème des pesticides en France est un problème de fond, tout comme le conseil apporté aux agriculteurs. On ne peut pas être bon vendeur et honnête conseiller, sans quoi on ne fait pas long feu! Le technico passe en hiver, vous indique quoi mettre selon ce que vous avez eu l'année passée, et une fois les produits dans le local, la question ne se pose plus de les mettre ou non vu qu'ils sont achetés. Sans parler des techniques alternatives et préventives, quasiment absentes des conseils fournis.

Alors oui, je pense que la question de l'impact des pesticides sur le déclin des abeilles se doit d'être posée. En déplaise aux Seppi ou aux autres Albatros. Mais la question est effectivement ardue au vu des effets cocktails et multifactoriels en jeu : la complexité de l'équation est-elle une raison pour abandonner?

"Les idéologues et marchands d'apocalypse se sont bien évidemment engouffrés dans l'absence de données sur les pesticides." : eh bien pourquoi ne pas avoir intégré ce volet à l'étude pour lever tout soupçon selon vous? Pensez-vous qu'ils aient peur de ce qu'ils découvriraient?

Rudy | 16 avril 2014 à 16h17
 
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Cher Rudy.
Je n'ai rien exprimé contre la nécessité de faire des études spécifiques sur les substances chimiques utilisées. Je suis même persuadé qu'il faut en faire. Les usages abusifs que vous décrivez existent et il faut modifier ces pratiques.
"Je ne suis pas un suppôt de la chimie mais lever tout soupçon sur un biocide quant à son innocuité est tout simplement impossible, par construction: il n'y a aucun doute sur la dangerosité d'un biocide.

Albatros | 16 avril 2014 à 19h03
 
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« Le fait que cette étude n'intègre pas l'impact des pesticides... »

Cette étude porte sur la mortalité et sur l'état sanitaire des ruches au regard des parasites et maladies. Point barre. Elle n'a pas cherché à établir des liens entre mortalité et état sanitaire.

M. Rudy regrette que cette étude n'intègre pas l'impact des pesticides. On peut être tout à fait d'accord. On peut tout autant regretter qu'elle n'intègre pas d'autres facteurs, tels la localisation des ruchers, le régime alimentaire des abeilles, le mode de gestion technique et économique, etc.

« En déplaise aux Seppi ou aux autres Albatros... » ?

Le volatile répondra pour son compte, peut-être, mais moi, je trouve déplaisant qu'on me prête des intentions, des opinions, etc. Il se trouve que la question de l'impact des pesticides sur le déclin des abeilles est posée. Depuis pas mal de temps. Avec une recherche qui est loin d'être négligeable.

« ...eh bien pourquoi ne pas avoir intégré ce volet à l'étude pour lever tout soupçon selon vous? »

Je n'ai pas été maître d'oeuvre de l'étude, ni partie prenante dans la définition de ses modalités. La question que vous posez est tout à fait pertinente.

Wackes Seppi | 16 avril 2014 à 23h59
 
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Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il est impossible d'obtenir, sur ce sujet important du déclin des abeilles, un véritable consensus.

Wackes Seppi, je suis d'accord que vous n'avez pas à justifier l'intégration ou non des pesticides dans cette étude.

Mais je ne comprend pas pourquoi vous défendez bec et ongle l'usage actuel des pesticides alors même qu'un de vos argument pour les OGM est d'en réduire l'usage et que des personnes comme Albatros et d'autres dans d'autres fils, concèdent au moins des problèmes d'usages et de pratiques.

Ce printemps, j'ai encore vu un voisin faire un anti-méligèthe à 14h, en plein soleil...

Alors, je ne sais pas si ce genre de produits agit sur les abeilles, ni si elles sont sorties au moment où il y a le traitement, mais convenons que ces pratiques dangereuses pour les pollinisateurs sont encore d'actualité.

Vous semblez vous poser en rempart face au "0 phyto imposé par les bobo" alors que nous sommes très loin de cela ! Et même si l'humanité ne disparaitra pas avec les abeilles, convenons que des efforts peuvent être fait du point de vue des quantités ou des pratiques.

Et je rejoins totalement Rudy par rapport au commerciaux... Je l'avais déjà écrit : en 2003, en pleine sècheresse, un TC a conseillé à un agri un raccourcisseur... L'agri a fait son raccourcisseur car, malgré ce que certains pensent, nombreux sont ceux qui ne maîtrisent pas tous les aspects de leur métier et suivent les conseils des technico... qui le savent bien.

jujuniep | 17 avril 2014 à 16h49
 
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M. Jujuniep a écrit : « Mais je ne comprend pas pourquoi vous défendez bec et ongle l'usage actuel des pesticides... »

Mais je ne défends pas... surtout pas bec et ongle.

Réagir, même vivement, au discours anti-pesticide pur et dur, primaire, démagogique, etc. ne signifie pas qu'on défend indistinctement les pesticides. Croire que nier non-A, c'est affirmer A est un paralogisme.

Oui, il y a d'importantes marges de progrès – sans et avec des OGM – mais une partie du discours et de la politique actuels est contreproductive.

Quant au "0 phyto imposé par les bobo", nous en sommes loin parce qu'il y a encore des gens raisonnables. Et c'est heureux.

Du reste, l'agriculture biologique est très loin d'être "0 phyto". Mais ça, beaucoup de bobos ne le savent pas.

Wackes Seppi | 17 avril 2014 à 18h30
 
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"Du reste, l'agriculture biologique est très loin d'être "0 phyto". Mais ça, beaucoup de bobos ne le savent pas." : très hilarant!

Allez donc comparer rien que pour les grandes cultures le nombres de produits homologuées en AB et ceux de l'index phyto de l'ACTA! Vous parlez de manipulation WS, mais vous êtes en plein dedans! Et vous osez encore évoquer vos "vendeurs d’apocalypse"? Vous êtes ridicule.

Et effectivement, les quelques matières actives homologuées en AB ne le sont pas par plaisir. Et je vous rappelle soit dit en passant qu'elles sont autorisées si des mesures PREVENTIVES sont mises en place auparavant. Sans parler des programmes pour s'affranchir du cuivre etc.

Rudy | 18 avril 2014 à 09h28
 
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Pour Rudy :

Moi je suis pro agriculture biologique, je suis contre la culture intensive à grand coup d'engrais et de certains OGM. Et oui j'aurai aimé que cette étude aborde un peu plus la problématique des phyto sur les abeilles.

Mais oui, les produits biologiques ne sont pas nécessairement meilleur. Un poison reste un poison, qu'il soit naturel ou non. Le curare est bio (et local !) n'empêche qu'une goute et vous êtes mort.
Il est va de même pour les produits biologiques.
Ils sont certainement moins néfaste que leur homologue de synthèse mais ils sont tout de même dangereux.

Donc oui, l'agriculture biologique utilise des phyto ou des produits de biocontrôle. Mais la finalité est la même. Elle est moins violente oui, mais elle n'est pas anodine

Terra | 18 avril 2014 à 09h50
 
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Tout à fait d'accord avec vous Terra, et je partage votre vision de l'AB. Mais avouez que la remarque de WS n'a pas lieu d'être. Je pense simplement que cet argument doit être tempéré et comparé au nombre de matières actives du conventionnel, aux IFT pratiqués, largement tirés par le poste herbicide, là où en bio il est de 0.

Et je rejoins jujuniep sur le témoignage concernant les technico : ils restent des vendeurs, tout simplement. Il ne s'agit pas d'un conseil neutre répondant à l'objectif : comment gérer la situation au mieux de manière la plus environnementale possible, et comment l'éviter à l'avenir?

Rudy | 18 avril 2014 à 10h38
 
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Ce serait hilarant d'écrire que l'agribio n'est pas « 0 phyto » ?

Mais vous écrivez vous-même, par exemple : « Allez donc comparer [...] le nombres de produits homologuées en AB et ceux de l'index phyto de l'ACTA ».

« ...produits homologuées en AB » ? C'est donc bien que l'AB n'est pas « 0 phyto » !

Et vous poursuivez – avec raison : « Et effectivement, les quelques matières actives homologuées en AB ne le sont pas par plaisir. »

Sur les 349 spécialités autorisées en bio (agriculture + jardin), 97 sont classées « Risque de Toxicologie-N-dangereux pour l’environnement » ; 87, « Très toxique pour les organismes aquatiques, peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique » ; 23, « Dangereux pour les abeilles » ; et 3, « Nocif : peut provoquer une atteinte des poumons en cas d’ingestion ».

Wackes Seppi | 18 avril 2014 à 10h51
 
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Je n'ai jamais dit que l'AB était 0 phyto. Et vous omettez bien évidemment de préciser le détail agriculture-jardin.

Mais vous qui aimez les chiffres, poursuivez votre analyse incomplète svp : combien de spécialités en agriculture conventionnelle?

Allez, je vous aide. Source e-phy, pour la simple LETTRE 'A' : 391 spécialités commerciales!! Tiens, plus que l'ensemble des produits homologués en bio. Ajoutez le nombre des 25 autres lettre et cela donne le vertige!

Vous être très fort. Je vous laisse votre après midi pour me classifier l'ensemble des spécialités selon vos critères, fin du devoir sur table à 17h.

Rudy | 18 avril 2014 à 11h32
 
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L'agriculture "conventionnelle" rejoint l'agriculture "biologique" pour rester l'agriculture... Qui a besoin de quelques produits nécessaires pour la protection des plantes (non, je ne suis pas un suppôt de l'UIPP).
N'en déplaise aux green-washers patentés des rayons "bio" des supermarchés qui trompent le con-sot-mateur avec leurs arnaques de produits bio (souvent importés comme le sucre de canne "bio" du Costa-Rica enveloppé en petits plastiques qui coûte un bras et les deux yeux et qui est bénéfique pour le climat comme je le suis pour la danse classique).

Albatros | 18 avril 2014 à 11h34
 
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Pesticides, circulez y'a rien à voir, les lobbys s'occupent de tous car :

- la France reste le 1er pays européen utilisateur de pesticides et le 3ème au monde

et afin qu'il le reste, la Fédération Nationale des Syndicats Exploitants Agricoles (FNSEA) Pro OGM, pesticides, engrais de synthèse, semence hydride, maillons d'une oligarchie (agro-business (crédit agricole,...) , agroalimentaire, agrofourniture (coopérative agricole (pesticides, semences hydrides, engrais de synthèse,...), machinisme,...) y veille contre l'intérêt général du peuple souverain.

Exemple :
- l'Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) qui est un lobbgy regroupant les fabricants de pesticides en France est dirigé depuis le 5 novembre 2013 par Mme Eugénia Pommaret qui a été Responsable « environnement » à la FNSEA pendant 20 ans avant de rejoindre l'UIPP en novembre 2012 en tant que responsable suivi des produits et agriculture durable !

Faisons le savoir au plus grand nombre que les chats ne font pas des chiens !!!

Eau Pure | 21 avril 2014 à 16h57
 
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Une étude délibérément biaisée ?

Que le rôle des pesticides ne soit pas abordé pour les raisons qui sont évoqués est très problématique d'un point de vue scientifique, sachant qu'il s'agit là d'un des principaux facteurs mis en cause. Où cela devient grave, c'est que la justification de leur absence n'apparaît pas dans le rapport et que leur rôle n'est même pas évoqué. Comment peut-on conclure à leur innocuité alors ?

Ou tous les moyens sont mis en place pour permettre une étude ou ce n'est pas la peine de faire cette étude sachant que les conclusions seront faussées. Et encore moins la peine de publier un rapport dessus (C'est peut-être pour cela qu'il n'est plus accessible sur le site de l'ANSES...).

Bref tout ça pour 3 millions d'Euros? Un beau gaspillage d'argent public !!!

Gaet | 24 avril 2014 à 12h32
 
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« Une étude délibérément biaisée ? »

Visiblement, le point d'interrogation est de trop : M./Mme Gaet réagit en fonction de préjugés plutôt que de faits.

La Commission a expliqué (je traduis) :

« La Commission a demandé au Laboratoire UE de référence d'inclure les pesticides dans l'étude. Toutefois, un projet de projet a été examiné avec les experts des États membres et on a considéré à ce stade qu'il n'était pas possible de mener un tel programme de surveillance sur les pesticides en même temps que l'étude. »

On peut toujours trouver que cette explication n'est pas convaincante (c'est mon avis !), mais c'est faire injure au bon sens et à la rationalité que de prétendre que l'étude est biaisée.

L'étude produit des chiffres sur des mortalités pendant une petite année, et des présences de parasites et maladies. Point barre !

L'étude n'a pas à justifier l'absence de données qui n'ont pas été recueillies.

L'étude n'a pas non plus été entreprise pour confirmer des préjugés, des légendes urbaines, des fonds de commerce d'activistes – éventuellement en tordant les faits pour qu'ils « collent » aux préjugés, etc. L'étude, encore une fois, c'est un état des lieux sur deux sujets : mortalités, et parasites et maladies.

Mais l'étude égratigne aussi les préjugés, etc. Dommage pour l'écolotalibanisme.

Et avant d'évoquer un gaspillage d'argent public, cela vaudrait la peine d'examiner en détail le budget de l'étude et son réalisme.

Wackes Seppi | 24 avril 2014 à 13h56
 
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Quand on étudie les causes de mortalité d'une espèce et qu'on omet d'évoquer l'une des principales causes, le minimum est au moins de le préciser dans le contexte et les limites de l'étude. Vu les attentes, on aurait pu espérer autre chose que la publication de résultats partiels, avec des recherches qui ne vont pas jusqu'au bout des choses. Plus de 3 millions d'Euros pour un rapport de 30 pages sur la mortalité des abeilles et aucune mention du mot pesticide. Pour paraphaser un autre article, c'est comme faire une étude sur le cancer du poumon et ne pas tenir compte du tabagisme (pour des raisons budgétaires...).

On peut espérer qu'il s'agit d'un simple oubli rédactionnel, mais sachant tous les enjeux économiques que représentent les pesticides et qu'ils sont au cœur du débat concernant la surmortalité des abeilles, il y a de sérieux doutes à avoir. C'est en tout cas dommage et fort regrettable.

Gaet | 30 avril 2014 à 18h56
 
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« Cette étude porte sur la mortalité et sur l'état sanitaire des ruches au regard des parasites et maladies. »
Faux
L'intitulé exact est : étude épidémiologique paneuropéenne concernant les pertes dans les colonies d'abeilles domestiques.
On y apprend que des analyses ultérieures exploreront les liens statistiques entre la mortalité et des facteurs de risques comprenant la prévalence des maladies, l'utilisation de traitements vétérinaires, le contexte d'élevage et d'autres paramètres.
Les pesticides sont donc classés simplement dans la partie « autres paramètres »... C'est plutôt fâcheux alors que les études précédentes indiquaient des co-expositions aux pesticides et aux agents pathogènes comme principaux facteurs explicatifs de mortalité.

Gaet | 05 mai 2014 à 11h57
 
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Le score plutôt lamentable obtenu par la France sur la mortalité des abeilles pourrait-il-être dû à l'absence pendant de nombreuses années d'un institut technique apicole français (qu'en est il dans les autres pays?) ou bien à la taille en ruchers des exploitations apicoles en France par rapport aux autres pays ? Mais c'est vrai que c'est plus facile de dire que c'est à cause des pesticides. La France premier pays consommateur en volumes, oui mais aussi premier pays agricole. Ramené aux surfaces agricoles on n'est plus premier consommateur de pesticides. Mais nos apiculteurs savent-ils soigner leurs abeilles ?

berg | 22 mai 2014 à 17h33
 
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