Aborder les conséquences de l'acétamipride s'avère un sujet sensible. Pour preuve, l'imbroglio autour de la conférence de presse qui aurait dû se tenir jeudi 30 avril pour présenter une note scientifique (1) sur ce sujet de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst).
La délégation parlementaire a en effet été saisie en septembre 2025 par la commission des affaires économique de l'Assemblée nationale pour réaliser un état des lieux de la recherche académique sur l'acétamipride à la fois sur la question environnementale et sanitaire. Interdit en France comme les autres produits à base de néonicotonoïdes, cet insecticide est autorisé dans d'autres pays européens. Ce produit est néanmoins revenu sur le devant de la scène nationale à travers la loi dite Duplomb l'été dernier. Le texte proposait en effet la réautorisation sous condition de l'acétamipride, une disposition toutefois censurée par le Conseil constitutionnel. Mais l'ombre de l'insecticide plane toujours : le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi pour permettre la réutilisation encadrée des néonicotinoïdes en janvier dernier. Certains s'inquiètent également de la possible introduction d'amendements dans ce sens lors des discussions du projet de loi d'urgence agricole 2. Les articles qui pourraient être concernés seront discutés en commission des affaires économiques à partir de lundi 4 mai.
L'examen de la note reporté après des modifications
Au dernier moment, la conférence de presse de l'Opescst a été annulée : la note scientifique préparée par Emeric Salmon, député Rassemblement national (Haute-Saône), et Michaël Weber, sénateur socialiste de la Moselle (Grand Est), a été rejetée en l'état par six voix contre et six voix pour (droite et de l'extrême droite). Les raisons invoquées ? Les données chiffrées des études scientifiques qui figurent uniquement dans les notes de bas de page et pas dans le corps du texte, et l'absence d'audition de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) durant les travaux.
Un des co-rapporteurs, Michaël Weber, a néanmoins décidé de porter à la connaissance de la presse cette situation et les grandes lignes de l'état des lieux. « La question d'auditionner l'Efsa ne s'est pas posée : nous disposons de nombreuses références qui faisaient état de données qui étaient celles de l'Etat, nous avons auditionné de nombreuses institutions françaises, dont le CNRS, l'Inrae, des médecins, un oncologue, etc.», a-t-il justifié lors de la conférence.
Un rendez-vous auquel s'est invité et fortement opposé Stéphane Piednoir, sénateur Les Républicains de Maine-et-Loire (Pays de la Loire), et président de l'Opescst. « L'Opescst produira cette note mais pas en l'état de cette rédaction, a-t-il indiqué. La note a été repoussée ». L'Office a indiqué que le projet de note scientifique modifié serait réexaminé à l'occasion d'une prochaine réunion, dont la date n'est pas encore déterminée.





