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Impacts sanitaires des néonicotinoïdes : l'Anses alerte sur le thiaclopride

L'agence de sécurité sanitaire publie de nouvelles données sur les pesticides néonicotinoïdes. Leur impact sanitaire est faible sauf pour le thiaclopride. Elle demande une restriction d'usage et poursuit en parallèle ses travaux sur les alternatives.

Agroécologie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

En amont de l'interdiction de cinq pesticides néonicotinoïdes en France au 1er septembre 2018, l'Agence de sécurité sanitaire rend publics ses derniers travaux en la matière. A la demande des ministères en charge de l'environnement et de la santé, elle s'est penchée sur l'impact sanitaire de six substances autorisées en Europe comme phytosanitaires et biocides. Résultat : ses travaux "ne mettent pas en évidence de risque inacceptable pour la santé humaine, dans le respect des conditions d'emploi fixées dans les autorisations de mise sur le marché". Ses travaux donnent également de premières pistes sur l'application effective de l'interdiction en septembre prochain.

Vers quelles dérogations ?

En France, 136 usages comme pesticides sont autorisés pour des préparations contenant au moins l'une de ces substances. Ce sont principalement des usages en traitement de semences sur céréales, maïs et betterave et des traitements foliaires en arboriculture, sur céréales, cultures légumières, crucifères oléagineuses et vignes. Certaines préparations peuvent également être utilisées par des non professionnels. Cela ne concerne que neuf préparations à base d'acétamipride. A cela s'ajoutent 277 produits à usage biocide et 48 autorisations de mise sur le marché (AMM) accordées à des médicaments vétérinaires.

Selon la loi pour la reconquête de la biodiversité, l'utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant une ou plusieurs de ces substances sera interdite au 1er septembre 2018. Un projet de décret cible plus particulièrement la clothianidine, l'imidaclopride, le thiaméthoxame, le thiaclopride et l'acétamipride. Mais certains usages pourraient y déroger jusqu'au 1er juillet 2020. Tout dépendra des risques que fait courir le produit et des alternatives possibles dans la pratique. Ce qu'évalue l'Anses depuis plus d'un an.

Dans ce nouvel avis, l'Anses s'inquiète particulièrement pour le thiaclopride, suspecté d'être cancérogène pour l'Homme depuis mai 2017, toxique pour la reproduction et classé perturbateur endocrinien par la Commission européenne. L'accroissement important de son utilisation (multipliée par six en six ans) et les incertitudes qui pèsent sur les expositions cumulées avec d'autres produits pousse l'agence à recommander d'en réduire "au maximum" les usages.

De nouvelles alternatives identifiées

En vue de l'interdiction des cinq néonicotinoïdes en France, l'Anses évalue les alternatives disponibles. Après la publication de premiers résultats sur la vigne en mars 2017, l'agence s'intéresse cette fois aux alternatives pour la culture de la betterave industrielle et fourragère, céréales à paille, maïs et laitue. Comme pour les vignes, l'Anses a passé aux cribles les organismes nuisibles de ces cultures et les méthodes de lutte (chimiques et non chimiques) disponibles, leur efficacité, leur praticité. Les conclusions ne sont pas simples : s'il existe des alternatives aussi efficaces pour la lutte contre les nuisibles souterrains, ce n'est pas le cas pour les nuisibles aériens, que ce soit pour la betterave, les céréales ou le maïs.

Pour les céréales, l'Anses a identifié des méthodes alternatives non chimiques potentiellement efficaces, mais actuellement non autorisées en France : méthodes physiques à base d'huiles par exemple contre les pucerons. Pour la salade, l'Anses estime qu'aucune méthode alternative ne semble avoir une efficacité suffisante pour atteindre avec certitude les critères d'acceptation du produit par le marché (absence de pucerons). "L'interdiction des néonicotinoïdes sur le territoire français risque donc de se traduire par l'importation de plants de laitue (ou autres salades) issus de semences traitées par néonicotinoïde", prévient l'Agence.

Des alternatives parfois risquées pour l'environnement

Dans ce nouvel avis, l'Anses a complété ses recherches d'alternatives par un volet consacré à leur dangerosité pour l'environnement et la santé. Et certaines des alternatives présentent des risques plus élevées pour les milieux aquatiques que les néonicotinoïdes mais moins élevés pour les abeilles par exemple. L'équation n'est donc pas simple à résoudre.

L'Anses prévoit de finaliser l'ensemble de ces travaux au cours du second trimestre 2018. Restera pour les ministères en charge de l'agriculture, de l'environnement et de la santé à trancher sur les alternatives les moins pires que le mal d'origine.

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