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Produits locaux, de saison : le Covid-19, accélérateur de transition du secteur agroalimentaire ?

Produits locaux et de saison dans les supermarchés, plateformes numériques référençant les producteurs locaux, livraison de paniers… Face à la crise du Covid-19, de nombreux acteurs s'organisent pour sauver les productions.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Produits locaux, de saison : le Covid-19, accélérateur de transition du secteur agroalimentaire ?

Et si l'épidémie de Covid-19 était un accélérateur de transition du secteur agroalimentaire ? Face à l'urgence, producteurs, distributeurs, industriels, collectivités et consommateurs sont appelés à se mobiliser pour sauver les récoltes et productions françaises. Et dessiner un modèle plus durable de notre approvisionnement alimentaire ?

Après la fermeture de la restauration hors domicile mi-mars, la décision, une dizaine de jours plus tard, de fermer les marchés a été un coup dur pour le secteur agricole, qui écoule une partie de ses productions par cette voie. Si le Gouvernement a, depuis, décidé d'assouplir cette décision, à condition que des mesures sanitaires soient prises, les initiatives se multiplient pour déployer d'autres canaux de vente de productions agricoles françaises. Elles viennent renforcer les circuits traditionnels de vente de proximité qui s'appuient sur les magasins de producteurs, la distribution de paniers (Amap…), la vente directe à la ferme...

La grande distribution achète français, mais à quel prix ?

De nombreuses enseignes de la grande distribution, à l'instar d'Intermarché, des Magasins U ou encore d'Auchan, se sont engagées à mettre sur leurs étals les productions locales : maraîchères, produits issus de la pêche, de l'élevage... Le groupe Carrefour s'engage notamment à ne commercialiser que des productions françaises pour les produits disponibles et de saison : c'est notamment le cas pour les fraises, les asperges et les concombres.

De son côté, le P-DG de Picard surgelés, Philippe Pauze, a appelé agriculteurs et pêcheurs français à contacter son équipe d'approvisionnement pour « étudier la possibilité de surgeler [les] productions du moment ». L'enseigne est déjà engagée, depuis quelques années, aux côtés de la filière bio pour commercialiser des légumes biologiques locaux. Des entreprises, telles que Danone, LSDH ou Sodiaal, s'engagent à augmenter leurs collectes de lait « made in » France pour le transformer, la filière ayant des difficultés à écouler sa production aujourd'hui.

Mais la Confédération paysanne alerte sur la rémunération des agriculteurs : « La solidarité sur l'écoulement des volumes ne suffit plus. Nous attendons de la distribution plus de responsabilité également en matière de transparence sur les prix d'achats et de vente, et également sur une répartition des marges plus équitable entre tous les acteurs des filières ». Malgré les états généraux de l'alimentation et la loi Egalim qui a suivi, les agriculteurs peinent à établir des relations commerciales équilibrées. « Cette "solidarité" de la grande distribution doit se traduire dans les actes de manière structurelle », prévient le syndicat.

Le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) demande la mise en place d'un prix plancher d'achat pour chaque production agricole. « Ce prix plancher tient compte de l'évolution des coûts de production en fonction des bassins de production et des revenus des producteurs de chaque filière agricole », précise l'organisme. La loi de 2005, relative au développement des territoires ruraux, « prévoit qu'un coefficient multiplicateur entre le prix d'achat et le prix de vente des fruits et légumes périssables peut être instauré en période de crises conjoncturelles », rappelle-t-il.

Des outils pour localiser les producteurs locaux et les circuits courts

 
De nombreuses enseignes de la grande distribution (...) se sont engagées à mettre sur leurs étals les productions locales : maraîchères, produits issus de la pêche, de l'élevage...  
 
En parallèle, les initiatives visant à développer les circuits courts s'amplifient : plateformes numériques recensant les producteurs locaux, organisation des acteurs à l'échelle locale…

La Confédération paysanne et la Fédération nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) procèdent au recensement des plateformes et initiatives locales destinées aux circuits courts.

Des Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural (Civam) ont également lancé des outils collaboratifs pour localiser les producteurs et les circuits courts à l'échelle départementale.

Pour rappel, il s'agissait de l'une des préconisations issues des états généraux de l'alimentation : développer des plateformes numériques de mise en réseau et de partage d'informations entre producteurs, artisans, transformateurs, distributeurs, acheteurs publics…

Les collectivités territoriales s'en mêlent

« De leurs côtés, les collectivités locales disposent de moyens logistiques, comme les transports scolaires, ou des bâtiments publics vides, qu'ils pourraient mettre à disposition de groupes de paysan-ne-s pour faciliter la livraison sur des points fixes ou carrément à domicile. Des mairies agissent déjà », indiquent la Fnab et la Confédération paysanne. Épiceries ambulantes, livraisons à domicile, préparations de repas pour les plus fragiles… Les initiatives se multiplient et les deux organisations les recensent pour en inspirer d'autres.

D'ailleurs, le Gouvernement a étendu aux fraises et aux asperges les possibilités d'indemnisations des producteurs en cas de dons aux hôpitaux, EHPAD, institutions pénitentiaires… « Les retraits communautaires sont une mesure de gestion de crise intégrés dans les programmes opérationnels des organisations de producteurs ou des associations d'organisations de producteurs (OP) ». Les fruits et légumes retirés du marché peuvent faire l'objet d'une distribution gratuite aux organisations caritatives et à certains organismes, et sont indemnisés à 100 %.

Réactions4 réactions à cet article

 

d'après ce que j'ai lu, 50% des produits agricoles consommés dans l'UE viennent de l'extérieur ... le covid 19 est un mal pour un bien !
On va repartir dans la bonne direction en faisant un demi tout complet pour revenir à une autonomie alimentaire, et il faudra faire la même chose avec l'autonomie énergétique avec les énergies renouvelables ! L'autonomie n'est pas un isolement , elle permet de ne pas créer de liens toxiques ... ("tu me vends tu pétrole et je te vend des armes" ... par exemple ! )

laurent | 03 avril 2020 à 09h52
 
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C'est quoi un mode plus durable de l'approvisionnement alimentaire ? Je n'ai toujours pas tout compris sauf l’indemnisation des distributions gratuites ! Ce n'est qu'un aller sans retour vers les grandes organisations staliniennes communistes prônées par la conf, le modef sans oublier les safer financé par les grands groupes agroalimentaires qui voient d'un très bon œil la chute des cours et l'avalanche des produits dans les champs à stocker en surgelés pour les redistribuer dans un monde meilleur. On en reviendrait aux offices !!! cassés par la commission de la concurrence de la CEE noyautée par les britanniques. C'est quoi l'écologie? Le fric pour les verts pour une nouvelle société à inventer non à coup de fusil mais à coup de virus?

zhaooo2000 | 03 avril 2020 à 11h12
 
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zhaooo2000: quelle diatribe! Avec vous, c'est sûr, tout est déjà condamné, surtout ne faisons aucun effort pour changer quoi que ce soit ! C'est donc que vous y avez intérêt. On voit d'ailleurs à quoi ça nous mène...Moi je crois au contraire que les gens vont très bien s'en tirer et sauront mettre à profit les initiatives des petits producteurs qui sont , je l’affirme clairement, plébiscités par la population. Ce virus a le mérite de démontrer les faiblesses de notre société. Le prix plancher devrait exister depuis belle lurette et l'approvisionnement préférentiel en produits français aussi, même s'ils sont plus chers, ça suffit le moins disant qui nous conduit à ingérer n'importe quoi.Toute l'organisation qui se met en place actuellement pour les circuits courts devra perdurer au delà de la crise.Les collectivités locales devront y aider, elle sont là pour ça.

gaïa94 | 03 avril 2020 à 16h35
 
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Sur ce coup là, totalement d'accord avec vous, laurent. En espérant seulement qu'on reparte bien dans la bonne direction comme vous le dites une fois la crise covid 19 dépassée.
zhaooo2000, en revanche, comment dire...

Pégase | 03 avril 2020 à 18h20
 
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