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Les professionnels bretons étudient les perspectives de croissance de la filière agrobiologique

Avec une progression de 10% par an depuis 1999, le marché français des produits biologiques connaît une forte croissance. Dans le Grand Ouest, les professionnels du secteur constatent néanmoins que plusieurs facteurs freinent son développement.

Agroécologie  |    |  Marie BernardActu-Environnement.com
Près de 42 % des Français consommeraient des produits issus de l'agriculture biologique, estime le baromètre 2007 de l'Agence bio (Agence pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique).

Achetés dans l'objectif de préserver la santé mais aussi pour leur qualité et pour leur goût, les aliments issus de la filière biologique sont en effet de plus en plus reconnus pour leur contribution à la préservation de l'environnement.

Ainsi 77% des Français estiment que ce type d'agriculture constitue une voie d'avenir face aux problèmes environnementaux et 84% d'entre eux souhaitent voir ce secteur se développer, précise l'étude.

Favoriser la conversion des exploitations agricoles

Premiers maillons de la chaîne, les exploitations de l'agriculture biologique devraient représenter 6% de la surface agricole utile en 2013 et 20% en 2020, selon les chiffres avancés dans le cadre du projet de loi relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement, baptisé loi Grenelle 1 et présenté le 30 avril dernier.

Dans l'objectif de favoriser ce développement, mais aussi la conversion des exploitations agricoles classiques en exploitations biologiques, le projet de loi prévoit par ailleurs de doubler le crédit d'impôt en faveur de l'agriculture biologique dès l'année 2009.

En effet, avec près d'un agriculteur Bio sur deux qui prendra sa retraite d'ici à 2020, un grand nombre d'opportunités d'installation vont se présenter à tous ceux qui voudront s'installer ou passer en conversion.

Dans un même temps, dans le cadre d'une démarche de certifications environnementales des exploitations agricoles (objectif de 50 % des exploitations engagées en 2012), une incitation pour les jeunes exploitants s'installant en agriculture biologique ou en haute valeur environnementale (HVE) sera étudiée.

Une croissance encourageante en Bretagne

En Bretagne, les professionnels de la filière agrobiologique (Inter bio Bretagne, Inter bio Pays de la Loire et le Grab Basse-normandie ), reconnaissent aussi la forte progression du secteur.
Selon une enquête réalisée dans le cadre de la 7e édition de l'Observatoire breton des préparateurs et distributeurs en agriculture biologique, menée auprès de l'ensemble des opérateurs bretons de ce secteur, plus de 500 entreprises (transformateurs, distributeurs, détaillants, grossistes et importateurs) étaient certifiées « Agriculture biologique » au début de l'année 2008. Soit une augmentation de plus de 10% par rapport à 2006.

Par ailleurs, depuis la fin de l'année 2005, plus de cents nouvelles activités bio ont été recensées. Ces créations d'activités interviennent surtout dans les filières « produits de la mer », « céréales, alimentation humaine » (+73% par rapport à 2005), « autres produits » (+53%) et « boulangeries » (+31% ).
À l'inverse, le nombre d'entreprises des filières « œufs », « alimentation animale-intrants » et « viande » stagnent ou sont en baisse dans la région bretonne, révèle l'enquête.

Enfin, les professionnels de ce secteur semblent plus entrepreneurs. Alors qu'en 2006 seulement 21 entreprises de l'aval projetaient d'augmenter leur production, elles sont désormais au nombre de 71 en 2008.

Les principaux freins au développement

Cependant plusieurs facteurs viennent encore mettre un frein au développement de l'agriculture biologique. À titre d'exemple, le risque d'avoir des rendements moindres fait craindre aux agriculteurs déjà hésitants, une chute de leur rentabilité et donc un risque économique.
Parmi les autres contraintes analysées par les professionnels bretons, on trouve celle de l'accroissement supposé de la charge de travail. Mais aussi l'écart de prix entre les produits bios et les produits conventionnels.

La question de l'approvisionnement reste par ailleurs particulièrement préoccupante en Bretagne. En effet, en avril 2008, 60% des entreprises enquêtées ont déclaré rencontrer des problèmes d'approvisionnement et pour 88% d'entre elles, il s'agit de problèmes liés à la disponibilité des matières premières au niveau régional.
À titre d'exemple, les entreprises bretonnes recherchent environ 6 millions de litres supplémentaires de lait biologique afin de satisfaire la demande, soit environ 30 nouveaux producteurs. Les préparateurs et les expéditeurs pourraient également augmenter leurs ventes si la production en légumes frais était plus importante. Une demande croissante en viande, en lait de brebis et en céréales pour l'alimentation humaine et animale se fait aussi ressentir. Ainsi le manque de matières premières prouve, selon les professionnels, que des conversions vers l'agriculture biologique constituent un enjeu majeur du développement de la filière biologique.

Enfin, au niveau européen, des incertitudes demeurent quant au futur cahier des charges bio concernant les modifications liées au mode de production, de transformation, d'importation et d'étiquetage.

Réactions4 réactions à cet article

 
enfin!

que dire, sinon que les subventions n'ont jamais été du côté des bios...Il fallait donc beaucoup de courage et de passion pour s'installer en bio. mais si la demande des consommateurs explose enfin, tant mieux!!je souhaite que les pollueurs ne soient plus subventionnés, que l'on arrête de détruire les sols, que de plus en plus de jeunes se sentent concernés, et qu'on les aide à comprendre l'importance de leur démarche pour notre avenir à tous... Courage, il y a de l'espoir, si nous nous serrons les coudes! Fred

fredebaz | 19 septembre 2008 à 18h41
 
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Oui, très bien, mais

il faudra m'expliquer comment aujourd'hui un produit de la mer peut être bio tant on considère nos océans comme des poubelles.

rené-pierre | 25 septembre 2008 à 12h01
 
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Re:Oui, très bien, mais

Les "produits de la mer" ne sont dans aucun cas certifiés bio ... regarder sur les étiquettes des produits ...

mansland | 27 septembre 2008 à 12h33
 
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Re:Oui, très bien, mais

En réalité les produits animaux et végétaux sauvages, dont font partis les produits de la pêche, ne sont pas sujet au réglement AB. Par contre les produits de l'aquaculture le sont dans le cadre du cahier des charges national français.

spenvern | 09 octobre 2008 à 15h41
 
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