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Actu-Environnement

L'INRA poursuit ses recherches sur la conception de systèmes agricoles durables

Confrontée à de nouveaux enjeux économiques et environnementaux, l'agriculture cherche à mettre au point de nouveaux systèmes agricoles à travers différents tests grandeur nature comme celui mené depuis 10 ans par l'INRA dans le bassin parisien.

Agroécologie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
L'INRA poursuit ses recherches sur la conception de systèmes agricoles durables
Prélèvement de sol
© INRA
   
Alors que l'agriculture des 50 dernières années se caractérise par une course au rendement avec, comme objectif principal, l'augmentation de la productivité par hectare et par travailleur, les acteurs du monde agricole cherchent aujourd'hui une approche plus « durable » au regard des impacts environnementaux et sanitaires constatés. Cette évolution se traduit par un changement des pratiques agricoles et surtout des systèmes de production. L'agriculture biologique est l'exemple le plus accompli de systèmes agricoles à haute valeur environnementale mais la recherche se tourne vers d'autres méthodes qui doivent répondre à des enjeux autres qu'environnementaux à savoir une exigence de production pour faire face à l'augmentation de la demande, et des impératifs économiques pour maintenir la rentabilité et l'emploi agricole.

Pour relever ce défi, l'Institut national de recherche agronomique (INRA) cherche à innover à la fois sur les techniques et sur l'organisation. Les équipes testent plusieurs combinaisons de choix techniques afin d'identifier les plus prometteurs. L'INRA de Versailles-Grignon a notamment mis en place en 1999 l'essai de La Cage pour évaluer quatre systèmes de cultures dans le contexte de l'agriculture du grand bassin parisien, c'est-à-dire une forte proportion de blé et l'absence d'élevage et donc de fertilisants organiques.
Un premier système dit « intensif » est basé sur la recherche d'un fort rendement, nécessitant l'utilisation de variétés très productives et de forte quantité d'engrais azotés et de pesticides. Ce système est proche des conditions mises en œuvre dans la région.
Un second système dit « intégré » vise à maintenir la marge économique en réduisant les quantités d'entrants mais en acceptant une baisse de rendement.
Le système « biologique » satisfait quant à lui le cahier des charges de l'agriculture bio qui interdit l'emploi d'intrants de synthèse. L'absence d'élevage oblige à introduire des légumineuses dans la culture pour assurer les apports en azote.
Enfin, un quatrième système « sous couvert végétal » (SCV) est basé sur la suppression du travail du sol et le maintien de plantes de couverture y compris pendant la culture principale.

   
© INRA
 
   
Pour chacun de ces quatre systèmes, les équipes de l'INRA suivent depuis bientôt 10 ans plusieurs indicateurs : le rendement, le temps de travail, la pression chimique, la consommation d'énergie, la structure des sols, les populations de ver de terre, la résistance aux fongicides, etc. 10 ans après le lancement du test, plusieurs enseignements sont à noter. Les rendements attendus par exemple sont atteints sauf dans le système « sous couvert végétal » qui pose des problèmes de maîtrise des plantes de couverture. Le système SCV se distingue en revanche par un enrichissement en matières organiques issu des débris végétaux en cours de décomposition.
Le système biologique se caractérise quant à lui par des fluctuations de rendement plus marquées d'une année sur l'autre et par des problèmes de lutte contre les bioagresseurs sur des cultures comme le colza. Par conséquent, les résultats économiques sont intéressants mais uniquement pour la production de blé et non pour les autres cultures.
Le système intégré présente globalement des résultats économiques intéressants. Mais l'INRA estime que le système intensif conserve son intérêt dans le contexte actuel de hausse des prix.
Sur le plan environnemental, les objectifs de réduction de l'utilisation des pesticides sont atteints pour les trois systèmes alternatifs (intégré, biologique et SCV). La consommation d'énergie fossile est elle aussi réduite par rapport au système intensif même en tenant compte des baisses de rendement. Concernant la biodiversité, notamment celle des vers de terre, l'INRA remarque que le système SCV présente une diversité et une biomasse plus importantes que les autres systèmes. Les vers présents sont de grande taille du fait de l'absence de labour. Dans les autres systèmes, les vers de terre sont présents mais plus petits. L'INRA estime par conséquent que le travail du sol et la matière organique sont les facteurs les plus déterminants pour cet indicateur et non l'emploi ou non de pesticides.

Au regard de ces premières observations, l'INRA conclu qu'aucun des systèmes ne permet d'être gagnant sur tous les tableaux, c'est une question de hiérarchisation des priorités. Le test de La Cage est toujours en cours puisqu'il faut valider les observations sur plusieurs années de suite. Les résultats obtenus sont pris en compte et intégrés dans les essais afin d'améliorer progressivement les techniques de cultures.

Réactions15 réactions à cet article

 
l'agriculture pour les nuls

Comment l'inra peut elle dire que le systéme intensif garde sont interét,oui d'un point de vue du rendement sil'on enléve la pollution des eaux et des sols la consommation de co2(engrais machines)la biodiversité insectes ,oiseaux haies etc,l'erosion,sans parler des variétés utilisées(ogm, hybrides )le transport.Ce n'est plus un travail de paysans mais d'industriels.
si l'on y ajoute les agrocarburants c'est la fin des haricots.
Tant que le paramétre environnemental était secondaire cela pouvait se concevoir le prolème c'est que maintenant le critére essentiel ce n'est plus la rentabilité mais la santé de la planéte.

lg | 23 juillet 2008 à 09h22
 
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Re:l'agriculture pour les nuls

Si on lit bien, l'INRA marque l'intérêt économique de l'agriculture intensive, et en aucun cas de la valorise. Ce qui me parait de toute façon une évidence : lorsque les matières premières sont plus abondantes, on peut espérer faire baisser le prix (ce qui est recherché aujourd'hui)

Si le respect écologique est nié dans cette agriculture, elle répond à une attente économique, c'est tout ce qui est dit.

Mais je suis d'accord avec toi, dans un contexte global elle ne peut qu'à moyen terme nous être fatale par l'ensembles des conséquences sanitaires et écologiques qu'elle engendre...

julien.yung | 23 juillet 2008 à 10h04
 
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agriculture durable

Bonjour,

Est-ce qu'on peut trouver le détail des études quelque part?

Il est certain qu'avec l'augmentation des coûts des entrants, la recherche du compromis entre leur utilisation et une baisse des rendements devient intéressant.

Aussi, peut-on conclure que pour favoriser la biodiversité, il vaut mieux s'intéresser au travail du sol qu'aux produits phytosanitaires (dont l'utilisation est raisonnée bien sûr)?
Si oui est-ce que le message est entendu dans les haute sphères?

Car dans ce cas, le système biologique ne concerve qu'un seul véritable intérêt par rapport à un système intégré: une diminution des impacts sanitaires. Encore que même ces impacts sont méconnus...

duragri | 23 juillet 2008 à 10h20
 
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tous ceux qui travaillent...

Bonjour,
Je suis tout à fait pour l'amélioration des systèmes de productions agricoles et je constate avec joie qu'on avance dans le bon sens!
Aussi je veux souligner (depuis des années) l'implication des producteurs eux même pour l'environnement. La plupart participent financièrement à ce type de projet INRA de par les taxes, d'autres le font volontairement. D'autres encore acceptent que l'on mène des essais expérimentaux chez eux, qui prennent du temps et de l'espace. Parce qu'ils croient à l'agriculture raisonnée, l'agriculture biologique, ou à la réduction des pesticides.
Enfin, ils cofinancent avec les collectivités locales et l' Etat, des stations expérimentales qui couvrent tout le territoire pour mettre au point sur le terrain, en situation réelle, les nouveaux systèmes et pratiques qu'on leur soumet (essais longs et coûteux mais nécessaires).
Sans oublier les chambres d'agriculture qui forment activement et diffusent largement les nouvelles pratiques qui pourraient exister.
Enfin, l'indéfendable, les firmes... Elles aussi, elles font des efforts pour innover, pour réduire les interventions sur le terrain, pour rentrer dans les normes...

Et toute cette chaîne pour que moi, consommateur, je choisisse avec bonne conscience, les plus beaux produits (que je toise et palpe et respire prudemment... en jetant furtivement un oeil sur le prix...) que la terre puisse nous donner.

Alors merci.

moi consommateur de base | 23 juillet 2008 à 12h00
 
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Re:agriculture durable

Bonjour,
en réponse (partielle) à tes questions,
du peu que j'en sais, je pense qu'on peut trouver ce genre d'études auprès de magazines spécialisés (demande à l'INRA ? ou autres), auprès des chambres d'agriculture ou sur des sites plus officiels du genre VINIFLHOR.(devoir de diffusion)

Perso, je pense qu'il faut multiplier les pistes pour l'amélioration des systèmes agricoles. On ne peut pas tout miser sur une seule solution. Chaque système apporte une pierre à l'édifice mais ne traite que partiellement un problème, qu'il s'agisse du sol, des pesticides, du matériel végétal ou de l'exploitation même du producteur qui doit être un minimum rentable pour exister....

moi consommateur de base | 23 juillet 2008 à 12h12
 
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Re:Re:agriculture durable

Je suis bien d'accord, mais uniquement à un niveau national et plus. Si l'on passe à l'échelle de l'exploitation, il faut faire des choix, et donc miser...malheureusement.

duragri | 23 juillet 2008 à 13h26
 
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Re:tous ceux qui travaillent...

consommateur de base??? attention parce que le consommateur de base est trop souvent pris pour un imbécile quand on voit l'état de l'agriculture actuelle et ses conséquences pour la santé et l'environnement il devient urgent de ne plus etre qu'un simple consommateur de base!!!le lobbying arrive dans les blogs?

lionel gaulier | 23 juillet 2008 à 14h22
 
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Re:Re:Re:agriculture durable

c'est vrai . Et l'on oublie bien souvent qu'une exploitation doit etre viable avant tout...

En tout cas tenez moi au courant si vous n'arrivez toujours pas a avoir les infos.. En matiere de travail du sol bio, l'ITAB doit avoir pas mal d'infos, vu que la structure dont je dependais, travaillait avec eux sur ce sujet..

Anonyme | 23 juillet 2008 à 14h31
 
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Re:Re:tous ceux qui travaillent...

non pas de lobby ni de méchanceté dans mes propos,
je tiens juste à équilibrer les choses entre "théorie du complot" et "angélisme" de la part des différents protagonistes.
je ne suis
ni un producteur,
ni une firme de pesticides ou d'engrais
ni un commercial vendeur de graine hybride
ni un cloneur (je suis contre)
ni une station expérimentale
ni l'INRA..
alors en tant qu'anonyme, je me suis placé dans le rôle du consommateur en notant (avec humour) la façon dont on donne si facilement tort ou raison à des gens ou des représentations symboliques qu'on ne connaît pas, la plupart du temps.
si personne, même pas l'agriculteur ne voulait croire en de nouveaux modèles c'est un monde qui s'annoncerait bien triste. Je constate au contraire qu'une pression (très positive et très écolo) commence à s'exercer sur tous les acteurs que j'ai précédemment cités et qu'il ne faut pas systématiquement les voir comme des bêtes noires. Je remercie ce qui font avancer les choses, uniquement eux.

Anonyme | 23 juillet 2008 à 14h44
 
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Re:l'agriculture pour les nuls

Bonjour,

effectivement, j'ai l'impression que l'INRA n'étend pas son analyse de l'efficacité économique du système intensif au delà du champ et de la comptabilité de l'agriculteur. Je crois (mais je me trompe peut être) que les coûts ou les pertes engedrés par les dégradations environnementale de cette agriculture sont importants (et supportés par tout le monde). Enfin bref c'est toujours le même problème avec ce genre de scientifiques, ils ne regardent jamais beaucoup plus loin que les limites de leurs laboratoires..

Jule | 24 juillet 2008 à 09h00
 
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l'agricluture pour le nuls?!!!

J'aimerais apporter une ptite précision au sujet des agriculteurs qui je pense est nécessaire, ce sont des gens comme les autres qui travailent pour gagner de l'argent et croyez-moi, ils n'en gagnent pas suffisamment actuellement pour en perdre. Si vous proposez à un agriculteur un nouveau système de conduite d'exploitation, mais que ce système est moins rentable économiquement (désolé de rappeler que c'est quand même la préoccupation principale de la plupart des gens griculteurs ou ps), il ne l'acceptra pas, seriez-vous prêts à gagner moins d'argent pour une cause soi-disant environnementale?
Je crois qu'il faut arrêter de rêver, l'agriculture n'évoluera que lorsqu'on lui donnera les moyens d'évoluer, je suis pour une agriculuture raisonnée, mais la raison est également économique, cependant je sais qu'il existe des solutions por culiver plus "proprement" tout en gardant la même rentabilité, n'oublions pas que les premiers concernés par les problèmes liés à l'utilisation de produits phytosanitares sont les agriculteurs eux-mêmes.

Kastrup | 24 juillet 2008 à 09h16
 
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Oui, très bien, mais

il faut travailler sur le long terme. Quelques années ne suffisent pas. Sur le long terme signifie :
- raréfaction du pétrole,
- agriculture de proximité urbaine (moins de transports),
- production d'énergies,
- problèmes d'eau,
- perte de terres agricoles,
- tassement des terres par l'emploi de machines trop lourdes,
- états des terres après des décennies de travail intensif, ce qui demande à en faire toujours plus,
- ressources humaines, recrutement, retraites, formation bio - écolo,
- diversification (métier, activité), notamment dans le cas des systèmes alternatifs, ce qui peut compenser une soit disant perte par rapport au système intensif.

René-Pierre | 25 juillet 2008 à 11h36
 
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Re:l'agricluture pour le nuls?!!!

INRA : Puisqu'on parle d'objectifs, quels sont les objectifs de l'INRA en terme de résultats et de délais. Quels sont les moyens (acuels et prévus) ? Quel est le retour sur énergie dépensée ? (nos sous sont-ils bien placés ?) (INRA et autres Organismes).
Agriculteurs : Il semblerait que les Agriculteurs soient obligés d'être chercheurs, chacun dans leur coin....hors ils devraient pouvoir s'appuyer les bureaux de R & D que nous finançons.
Bureaucrates : Pour les rendements, les Agriculteurs (et d'autres) ont dit depuis le début que les jachères étaient une décision irresponsable de bureaucrates. Les bureaucrates vont-ils assumer leur responsabilité vis à vis de la flambée des prix ?
Jachères et Contribuables : les contribuables ont payé pour les jachères (primes aux Agriculteurs, surveillance de la mise en jachère, gestion des dossiers..) et ils paient à la caisse du magasin d'alimentation. Ceux qui ont faim ont de quoi s'étouffer, pas par de la nourroiture mais par de la rage.

marie | 25 juillet 2008 à 16h01
 
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Re:Re:l'agricluture pour le nuls?!!!

les jachéres responsables de la faim et de l'augmentations des prix des denrées alimentaires ??plaisenterie les jachéres permettent aux terres surexploitées par des années de culture intensive de retrouver un semblant de vitalité et les jachéres fleuries devraient étre encouragées ,les responsables de la faim on les connait agro carburants et subventions a une agriculture en faillite et responsables de la pollution des campagnes les agriculteurs doivent prendre leurs responsabilités et ce former (prise de conscience obligatoire ) a des techniques d'agriculture durable

lionel gaulier | 28 juillet 2008 à 11h18
 
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La solution "bio" n'est pas la bonne

Cette étude montre que la solution "bio" pêche gravement par son manque de productivité. Quels que soient ses mérites par ailleurs elle ne peut correspondre à la demande mondiale qui est une production accrue sur une surface agricole décroissante. La raison en est le refus d'utiliser de nouvelles technologies pour des raisons idéologiques. C'est par l'innovation et le recours à de nouvelles technologies que nous inventerons une agriculture productive et respectueeuse de l'environnement.

Jeanbbd | 03 avril 2010 à 17h42
 
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