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Agro-écologie : une diffusion progressive sur le terrain

Une centaine de GIEE en action, un outil d'auto-diagnostic des pratiques agro-écologiques en ligne… Les outils prévus pour mener la transition agro-écologique de l'agriculture sont lancés. Mais leur prise en main sur le terrain prendra du temps.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Un an après l'adoption de la loi d'avenir agricole qui les a créés, 128 groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) ont été reconnus par les services déconcentrés de l'Etat, selon le bilan présenté par le ministère de l'Agriculture le 5 octobre, à l'occasion d'un après-midi consacré aux retours d'expériences. D'ici la fin de l'année, ils devraient être 200. Ces collectifs d'agriculteurs s'engagent à développer leurs pratiques agro-écologiques, dans l'objectif d'améliorer leurs performances économiques, sociales mais aussi environnementales. Dans cette logique, ils peuvent bénéficier de majorations d'aides régionales, nationales ou européennes.

"Dans certaines régions, cette démarche a rencontré un véritable engouement : plus d'une quinzaine de dossiers déposés en Basse-Normandie ou en Limousin, plus d'une vingtaine en Aquitaine, en Bretagne ou encore en Midi-Pyrénées", précise le ministère. Dans les autres territoires, seuls quelques projets ont été reconnus. La plupart des régions ont lancé une deuxième vague d'appel à projets.

Anticipant les critiques sur un démarrage en lenteur, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a rappelé que la révolution agricole, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, s'était faite en quinze à vingt ans. Autrement dit : il faut laisser du temps au temps. "En agriculture, on parle souvent de normes. Mais la plupart des normes sont dans la tête, a-t-il martelé. L'agro-écologie, les GIEE, c'est avant tout une innovation culturelle".

L'autonomie des exploitations au cœur des GIEE

Au total, les GIEE concernent près de 2.300 agriculteurs, travaillant dans plus de 1.500 exploitations. Ces groupements sont de toute taille, d'une petite dizaine d'agriculteurs à plus de 100. La plupart travaillent avec d'autres partenaires : chambres d'agricultures, coopératives, lycées agricoles, instituts de recherche, agences de l'eau…

Parmi ces GIEE, plus de 60% concernent l'élevage, et près de 40% plus particulièrement la polyculture-élevage. Et, signe du contexte actuel, l'amélioration de l'autonomie des exploitations est la problématique la plus largement traitée : "Les systèmes économes et autonomes (près de 40% des projets), la diversification des assolements et l'allongement des rotations (plus du tiers des projets), la conservation des sols (plus du tiers des projets), l'autonomie en azote et le développement des légumineuses (le tiers des projets) et l'autonomie alimentaire des élevages (le tiers des projets)".

Ces projets expérimentent de nouvelles pratiques, permettent un meilleur partage des expériences et créent une émulation. "C'est une nouvelle manière de travailler. On apprend tous, analyse Bruno Lion, directeur adjoint de la Draaf Midi-Pyrénées. On était habitués à une démarche descendante, or là, on redonne la main aux agriculteurs. Cela permet d'identifier où sont les innovations".

Le cadre a été laissé assez libre afin de ne pas freiner les projets. Peut-être trop, a reconnu Stéphane Le Foll. "Nous allons mener une réflexion, d'ici la fin de l'année, afin de mieux définir les choses", a-t-il indiqué. Le ministre de l'Agriculture a également annoncé le lancement prochain d'un appel à projets afin de financer des animateurs, à hauteur de 50.000€. Les différents témoignages ont en effet souligné l'importance du rôle d'animateur au sein des GIEE.

Reste également à définir comment s'organise le partage des résultats et leur diffusion. Un bilan des projets est prévu tous les trois ans, ainsi qu'à leur issue. Les chambres d'agriculture sont chargées de capitaliser et de diffuser les bonnes pratiques.

Un outil d'auto-diagnostic pour mobiliser le terrain

L'outil de diagnostic agro-écologique des exploitations, mis en ligne le 5 octobre, devrait contribuer à capitaliser sur les retours d'expériences. Développé par le ministère et le réseau des instituts techniques agricoles Acta, il doit permettre aux agriculteurs de faire le point sur leurs pratiques actuelles et de voir les pistes d'amélioration possibles. "Cet outil peut aussi permettre de mobiliser des agriculteurs réticents. En effet, il met en valeur les pratiques agro-écologiques qu'ils mettent en œuvre sans le savoir, comme monsieur Jourdain. C'est valorisant et du coup, le concept d'agro-écologie, parfois mal perçu sur le terrain, passe mieux", explique Sébastien Windsor, président de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime.

Cet état des lieux anonyme peut être réalisé en une demi-journée, à l'échelle d'une exploitation ou d'un groupement. Il a été testé par près de 500 fermes entre avril et mai 2015, et conçu en concertation avec les parties prenantes.

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