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Actu-Environnement

Un plan pour accroître l'indépendance en protéines végétales de la France

Le ministre de l'Agriculture a présenté un plan pour développer la production française de protéines végétales. Les crédits de la PAC seront mobilisés pour soutenir la structuration d'une filière, mais aussi une meilleure autonomie des exploitations.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Demandé depuis longtemps par de nombreux acteurs pour des raisons économiques mais aussi écologiques, le développement de la production de protéines végétales en France pourrait être accéléré grâce au plan présenté le 16 décembre par le ministre de l'Agriculture. "Nous ne devons plus être dépendants des fluctuations à l'échelle mondiale, notamment au niveau des prix, a insisté Stéphane Le Foll. Il faut s'armer, permettre à une filière protéo-oléagineuse de construire une stratégie et aux exploitations de développer une autonomie".

 
Des enjeux multiples L'élevage français, et plus largement européen, est très dépendant des protéines végétales produites sur le continent américain. Mais alors que la Chine voit ses besoins augmenter au fur et à mesure que son régime alimentaire s'occidentalise, cette situation ne semble plus durable.
Outre l'enjeu économique, les importations posent également des questions de traçabilité (OGM…) et d'impacts environnementaux (monocultures, changements d'affectation des sols…).
 

Le potentiel de production de cultures riches en protéines est estimé à 700.000 hectares. Pour cela, le ministère entend mobiliser les aides de la politique agricole commune (PAC) sur la période 2015-2020. "En cinq ans, nous avons le temps de structurer la filière", estime Stéphane Le Foll. Un comité de pilotage sera chargé de mettre en place des indicateurs de suivi et un programme de recherche pour les dix ans à venir.

49 M€ pour la production de protéines végétales

Lors des négociations sur la PAC, la France a soutenu un maintien des aides couplées, qui permettent de soutenir certaines productions. L'objectif : sortir d'une production agricole dictée par les prix du marché mondial et soutenir les filières en souffrance, notamment l'élevage. Le gouvernement a donc décidé, dans le cadre de la PAC, de consacrer 49 M€ d'aide couplée à la production de cultures riches en protéines : 35 M€ pour les protéagineux (pois, lupin, féverole), 6 M€ pour le soja et 8 M€ pour les légumineuses fourragères destinées à la déshydratation (luzerne, trèfle, sainfoin, vesce, mélilot, jarosse, serradelle).

"Ces aides devraient permettre d'élargir l'utilisation de la production de protéagineux et de soja en direction de l'élevage via les fabricants d'aliments du bétail", estime le ministère, qui prévoit un point d'étape en 2017. Le verdissement des deux piliers de la PAC à compter de 2015 devrait également favoriser ces cultures (surfaces d'intérêt écologique, diversité des assolements, rotation des cultures…).

98 M€ pour renforcer l'autonomie des exploitations

Au titre des aides couplées, le gouvernement entend également consacrer 98 M€ à la production de légumineuses fourragères au sein même des exploitations. "L'objectif de cette aide est que les éleveurs produisent eux-mêmes des plantes fourragères riches en protéines pour équilibrer les rations alimentaires et réduisent en contrepartie l'achat d'aliments concentrés en protéines (tourteaux) et les surfaces en maïs ensilage", indique le ministère, qui estime que cette aide devrait bénéficier essentiellement aux éleveurs de ruminants. Les mesures agro-environnementales pourront également être mobilisées.

Parallèlement, 4 M€ sont octroyés aux semenciers afin d'améliorer les semences de légumineuses fourragères et la production de mélanges. 500.000 € seront dédiés à la production de semences de graminées. En échange, les semenciers se sont engagés à ne pas réclamer de redevance pour les semences de ferme.

Réactions14 réactions à cet article

 

Incroyable !
Une initiative qui semble intelligente et qui n'attire (pour l'instant) les foudres de personne ; serait-ce la trêve de Noël ?

Levieux | 17 décembre 2014 à 11h27
 
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Les huiles végétales pur comme carburant ou être une bonne solution(tourteaux de soja) pour des flottes captives, engins agricoles et quelques autres utilisations, mais elles n'ont jamais pu être développées correctement, le ministère du budget ayant mis son véto !

lio | 17 décembre 2014 à 12h03
 
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Ils sont désabusés, il y a longtemps qu'un ministre de l'agriculture ne s'était pas préoccupé d'agriculture.

JFK | 17 décembre 2014 à 13h49
 
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La question est : pour en faire quoi? A quoi servent-elles? A l'heure actuelle, à mettre peu à peu "hors sol" l'élevage. Il faut en moyenne 17 protéines végétales pur faire une protéine animale. La question de fond à se poser est donc : doit-on ou non remettre les vaches (entre autres) dans les prés, à l'herbe, ou bien développer les fermes des mille vaches et utiliser les terres pour produire intensivement les protéine nécessaires à leur croissance, avec tous les trésors (pesticides, engrais azotés/nitrates) qui leur sont liés? Et cela sans parler de la mécanisation et de la consommation d'énergie fossile. Sécuriser l'alimentation "sur sol" par quelques cultures, c'est une chose, mais l'élevage hors sol est un gâchis innommable, sauf pour l'agro-business.

petite bête | 17 décembre 2014 à 16h00
 
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Enfin nos agronomes découvrent que l'on peut produire des protéines végétales en Gaulle..LES SPECULATEURS EN TOURTEAUX VONT PLEURER MAIS NOS BESTIAUX VON T MANGER BIO..pour rire j'ai etudie l'alimentation des animaux domestiques a l'agro en 1959 ...on manquait déjà de protéines

FIRMINOU | 17 décembre 2014 à 16h23
 
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Allez, j'ose le dire

Il ne faut pas soutenir l'élevage parce que globalement le carnivorisme et le lactovorisme , c'est très mauvais pour .... le trou de la Sécu

Libérons les pâtures pour produire bio et non intensif

On peut s'offrir de très agréables repas de famille de fêtes de fin et début d'année à base de menus végétariens. C'est pas triste du tout

Jean-Marie | 18 décembre 2014 à 10h08
 
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Végétarien, oui, bon, d'accord. Il faut de la mesure en toutes choses, et manger moins de viande pour ceux qui en mangent. J'en suis, une fois par semaine, parfois deux, et je continuerai tout en prônant la diminution de cette consommation. Quel que soit le produit consommé, les pays riches mangent trop, c'est un fait. Mais ne nous détournons pas du sujet de fond : l'élevage hors sol et sa nocivité sur tous les plans. Cela doit être un choix collectif, alors que manger végétarien est et restera un choix individuel.

petite bête | 18 décembre 2014 à 12h16
 
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C'est sous la pression des USA que nous n'avons pas developpé notre autosuffisance en protéines végétale et cela remonte à bien longtemps.
Nous avons TOUT ce qu'il faut pour non seulement y parvenir mais devenir exportateurs. Certaines cultures oéloprotagineuses ont l'avantage de produire à la fois des protéines et des huiles alimentaires. Huiles qui peuvent être utilisées comme carburants moyennant, le cas échéant leur conversion en Diester (agro-carburant diesel). Dans des moteurs adaptés ces huiles sont utilisables telles quelles (ce qui pose un important problème FISCAL)
Maintenant les questions posées sur l'utilisation de ces protéines juste pour l'alimentation animale soulèvent la question du bien fondé de ce moyen. La fabrication de préparationsà base de protéines végétales pour l'alimentation humaine est une option a favoriser en priorité. Nous pouvons faire confiance aux industriels de l'agro-alimentaire pour préparer des substituts de viandes, de charcuterie et de tous autres plats à base de viande. Cela existe déja en Hollande ou le choix par rapport a la France est bien plus étendu.
Il y a des personnes qui accepteraient bien ce genre de solution qui ne leur demanderait pas une remise en cause aussi fondamentale que pour les végétariens ou végétaliens.

ami9327 | 18 décembre 2014 à 17h59
 
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Et pendant ce temps on continue à bruler à grands frais des montagnes de protéines animales celles des farines et celle de l'ensemble de l'industrie alimentaire utilisant de la viande.
Les porcs et la vollaille ont été déclarés végétarien sinon granivore, "nourris 100% aux grains", pour qu'ils ne soient anémiés leur alimentation est "complémentée...".
Les poules qui courrent dans mon jardin sont déclarées impropres à la consommation car elles picorent les vers de terre, et (chut ...) je leur donnent les restes de cuisine dont la viande.
Il faut dire que le jour où les farines redeviendraient une alimentation possible pour les omnivores cela fera un sacré trou dans le chiffre d'affaire de l'industrie du déchet, avec des marges ultra confortables. Le lobby du déchet est donc très actif. Conséquence: la totalité de ces protéines est compensée par des importations de soja américain.

VD69 | 23 décembre 2014 à 23h01
 
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Le message est pour le moins ambigu : la vache folle ne vous a pas suffi?

petite bête | 29 décembre 2014 à 21h55
 
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La vache folle a été effectivement un accident technologique important. Cet accident est du à des "améliorations" technologiques dans le but de réduire les dégradations des protéines et leur donner un maximum d'efficacité alimentaire en limitant leur cuisson. Le prion était inconnu dans la chaine alimentaire et sa résistance aux traitements thermique insoupçonnée.
Dès le milieu de l'épidémie , ces résistances ont pu etre quantifiées et les traitement minimaux fixés; c'était il y a plus de 30 ans et entre temps de très nombreux essais ont montré que les nouvelles normes étaient confortables.
Il ne vous aura pas échappé que je destine, au moins dans un premier temps , les farines à l'élevage d'animaux omnivores, c'est à dire mangeant naturellement de la viande.
Pendant ce temps , pour remplacer ces farines, nous avons importé des millions de tonnes d' oléoprotéagineux pour engraisser les américains. Pendant ce temps les farines ont été brulées pour plus de 100€/tonne engraissant l'industrie du déchet.
On peut évoquer le "PPPPrincipe de PPPrécaution", mais, que je sache la toxicité du soja, des féveroles ou des pois n'a jamais bénéficié du dixième des études sur les nouvelles farines animales.
Une fois de plus certains profitent de l'obscurantisme de certains.

VD69 | 30 décembre 2014 à 18h18
 
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La question qu'on ne pose jamais est celle des finalités : toutes ces protéines végétales ou animales, pour quoi faire? En fait pour agrandir le fossé entre les animaux et le milieu naturel. Si des vaches sont à l'herbe, pas besoin de beaucoup de protéines végétales, juste ce qu'il faut pour pallier des carences ou un manque de fourrage. Mais dès qu'on passe en élevage intensif, hors sol (style ferme des mille vaches), il faut des quantités astronomiques de protéines végétales, en moyenne 17 protéines végétale pour créer 1 protéine animale. Avec ce système, ceux qui prétendent "nourrir la planète" vont vite s'apercevoir qu'on ne va pas avoir assez de la nôtre. Mais l'agro-business s'en fout : ce qui compte, c'est la rémunération de l'actionnaire. Et qui est président de la plus grosse entreprise d'agro-business de France (SOFIPROTEOL)? Réponse : le président de la FNSEA, Mr Xavier Beulin, le "Crésus du terroir-caisse".

petite bête | 05 janvier 2015 à 14h28
 
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Je me balade souvent dans la campagne bourguignonne et souvent aussi en Bretagne. Dans le premier cas ces paysages de bocages ponctués de vaches bien blanches sont absolument superbes et inhabituels dans les pays développés. Je n'ai aucune certitude mais ai tendance à penser que notre pays est parmi ceux qui abritent le plus de bovins nourris au pré. Ceci devrait alors remplir de satisfaction la Petite Bête.
Dans le cas de la Bretagne on voit effectivement les dégats de l'élevage hors sol, et de surcroit concentré sur des terres intrinsèquement pauvres. La rentabilité globale pour notre pays me semble effectivement discutable. Dans le cas de cet élevage hors sol, je pense qu'il vaut mieux alors le faire dans les meilleures conditions de rentabilité et de controle, c'est à dire dans des unités permettant un controle effectif, c'est à dire suffisament grandes. Rien de pire que le hors sol bricolé.
Quant à la rémunération de l'actionnaire, je suppose que Petite Bête laisse à d'autres le soin d'investir leur fric dans des entreprises qui nous font vivre, les autres étant de plus en plus des étrangers dont les chinois car de moins en moins de français soutiennent nos entreprises préférant spéculer sur l'immobilier ou les oeuvres d'art. Si elle a quelques euros à me préter en renonçant à ses dividendes pour développer une entreprise, elle peut le faire , j'en ferai bon usage et lui serai reconnaissant.

VD69 | 05 janvier 2015 à 15h50
 
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Mon argent (le peu que j'ai) est investi : dans le bio comme investisseur et acheteur, et dans la défense de l'environnement en tant qu'associatif. Quand on parle agriculture, un agriculteur vous parle agriculture, un agrobusinessman vous parle investissement, import-export, production de dividendes, et bienfaits de l'ultralibéralisme (le renard libre dans le poulailler libre).
Les agriculteurs sont tellement satisfaits de ce système qu'ils descendent dans les rues et viennent jusque devant les grilles des préfectures pour nous en déverser les trésors. Quant à ce que cette agriculture-la génère au niveau de l'environnement, le Commissariat général au développement en estime le coût annuel entre 50 et 90 milliards d'euros. Pollueur payé et pollué payeur.

petite bête | 05 janvier 2015 à 17h00
 
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