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La répartition des aires marines protégées défavoriserait les pays les plus dépendants de la pêche

Biodiversité  |    |  Eva GomezActu-Environnement.com

Une étude de chercheurs de l'Ecole pratique des hautes études (EPHP) de l'institut de recherche pour le développement à l''université de Montpellier, démontre que "les pays les plus dépendants de la pêche côtière reçoivent le moins de larves de poissons issues des réserves marines". Pour les chercheurs, le réseau mondial des aires marines protégées (AMP) côtières n'est pas suffisant, et de nombreux pays du Sud sont oubliés.

Publiée dans la revue Nature communications, cette étude met en avant la nécessité des larves présentes dans les réserves marines pour "l'ensemencement des zones de pêche et le maintien des espèces exploitées". Elles se dispersent jusqu'à 400 kilomètres, pour ensemencer les zones de pêche "et y favoriser le maintien des espèces exploitées pour ainsi assurer une activité économique, voire une sécurité alimentaire pour certains pays", précise un communiqué de l'EPHP.

Mais les chercheurs ont constaté que ces AMP sont inégalement réparties à travers les océans. "Très présentes autour de l'Europe, ou encore entre l'Australie et la Nouvelle-Calédonie par exemple, elles présentent un fort déficit dans les pays du Sud, notamment en Afrique". Lesquels sont souvent les plus dépendants de la pêche côtière.

La Guinée-Bissau, le Sénégal ou les îles Samoa mis en difficulté

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'EPHP ont simulé l'export de larves par les réserves, "en se fondant sur les caractéristiques générales des poissons récifaux et la courantologie de surface de l'océan global, afin de mieux connaître les zones qui profitent potentiellement le plus de cet ensemencement". Ils ont établi un lien entre cet ensemencement potentiel et un indice de dépendance à la pêche "qui tient compte de l'économie et de la situation alimentaire des pays". Ainsi, la Guinée-Bissau, le Sénégal, le Kiribati ou les îles Samoa reçoivent le moins de larves des réserves marines, alors même qu'ils ont une activité de pêche importante. "Certains pays reçoivent néanmoins des larves malgré l'absence de réserve dans leurs eaux territoriales, grâce à l'exportation depuis les réserves de pays limitrophes", ajoute l'EPHP, qui souhaite que la dispersion larvaire soit prise en compte pour les futurs établissements de réserves marines.

A l'occasion de la conférence de l'ONU sur les océans en juin 2017, une étude publiée dans la revue PNAS soulignait le rôle des AMP dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les chercheurs estimaient alors qu'il fallait protéger 30% des espaces marins, contre 3,5% actuellement.

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