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Aménagement de la Loire : le fleuve va reprendre de l'ampleur

En un siècle, la Loire s'est affaissée de quatre mètres à Nantes. Un projet de rééquilibrage de son lit est en préparation pour remonter le niveau d'étiage et reconquérir des bras secondaires. Il sera prochainement soumis à concertation publique.

Aménagement  |    |  Albane CantoActu-Environnement.com
Aménagement de la Loire : le fleuve va reprendre de l'ampleur

La Loire, dernier fleuve sauvage d'Europe ? A voir. Le fleuve a subi de nombreux aménagements au cours des XIXe et XXe siècles afin de le rendre plus navigable. Ainsi, en aval de Nantes, le lit du fleuve a été aménagé pour favoriser la montée de la marée. En amont de la ville, quelque 750 épis – ces enrochements perpendiculaires au fleuve - ont été construits pour créer un chenal de navigation profond et régulier. Ailleurs, l'entrée de bras secondaires a été fermée, toujours pour ramener l'eau dans le lit du fleuve. Résultat : au niveau de Ponts-de-Cé (près d'Angers) la baisse du niveau de l'eau (l'étiage) est d'un mètre. Quatre-vingt-dix kilomètres plus loin, à Nantes, l'étiage est aujourd'hui quatre mètres en dessous de son niveau de 1900.

C'est pour remédier à ces excès qu'un projet de rééquilibrage entre Ponts-de-Cé et Nantes est en cours de finalisation. Avec ce "Contrat pour la Loire et ses annexes" (CLA), il s'agit de redonner de la hauteur au fleuve. Des bras morts reprendront vie, et la biodiversité devrait se développer. Le projet, porté par Voies navigables de France (VNF) et élaboré par plusieurs partenaires est soumis à la concertation publique entre le 30 mars et le 29 avril 2018.

La Loire du XIXe siècle à aujourd'hui © VNF
 

Effacer 150 épis

"La prise de conscience remonte aux années 1980, suite au déroctage du seuil de Bellevue, juste en amont de Nantes, pour favoriser la navigation. Combiné aux dragages massifs de sable, cela a conduit à une forte baisse de l'étiage", explique Séverine Gagnol, responsable du secteur "Loire" chez VNF. Dès les années 90, l'extraction du sable est interdite. Plus globalement, un plan Loire a été mis en œuvre pour financer des actions d'aménagement du fleuve tenant aussi bien compte des risques d'inondation que de la protection de la biodiversité. Quatre volets quinquennaux se sont succédés depuis 1994. Le CLA s'inscrit dans le plan Loire IV (2014-2020). Sa réalisation représente un budget de 42 millions d'euros (études et travaux), financé par l'Agence de l'eau Loire-Bretagne (45%), la région Pays de la Loire (30%), le fonds Feder Loire (20%) et VNF (5%).

Il s'appuie notamment sur des opérations expérimentales menées lors du plan Loire III (2007-2013) pour rendre de la mobilité au fleuve. L'abaissement et la réduction d'épis sur un secteur précis avait permis un "relèvement du niveau d'eau en étiage de 20 à 30 cm, sans affecter les usages", indique le dossier du maître d'ouvrage, ainsi qu'une meilleure alimentation en eau d'une annexe fluviale jusque-là déconnectée du fleuve. Dans le cadre du CLA, ce sont donc "150 épis qui vont être abaissés ou raccourcis, sur une longueur cumulée de 30 km sur trois secteurs entre Ponts-de-Cé et Nantes", précise Séverine Gagnol. Les sédiments ainsi libérés iront se déposer sur le fond du fleuve. De plus, des petites digues submersibles à marée haute ("duis") seront construites dans le secteur de Nantes pour ralentir l'écoulement des sédiments et remonter l'étiage d'environ 1,5 m. "Pour l'instant, deux scénarios sur les quatre étudiés ont été sélectionnés. Les avis du public seront pris en compte dans le choix final", poursuit Séverine Gagnol.

Jusqu'à trois ans de travaux

Ces travaux vont adoucir la pente du fleuve, remonter la ligne d'eau d'étiage et donc reconnecter des "annexes" au fleuve, comme les bras secondaires. En parallèle, des actions de restauration spécifique sur les annexes fluviales seront mises en œuvre par des fédérations de pêche, et des collectivités. "La Loire va gagner en mobilité en amont de Nantes", résume Séverine Gagnol. Mais pas tout de suite : le rehaussement du lit devrait se stabiliser dans une vingtaine d'années. Plusieurs paramètres seront suivis pour vérifier l'efficacité des travaux : mise en eau des annexes fluviales, géométrie de fonds, hauteur de la ligne d'eau, etc.

Cela impactera-t-il les crues, qui pourraient être plus importantes ? "La configuration n'a rien à voir avec le milieu du XXe siècle, ou même 1982, date de la dernière crue importante. Il n'y aura pas d'impact sur les zones à enjeu. A Bellevue, on enlève des seuils pour réduire le risque d'inondation. Au global, avec la connexion de bras secondaires, on diminue le risque d'inondation", argumente Séverine Gagnol.

VNF finalise actuellement les études d'avant-projet, qui seront terminées pour la phase d'enquête publique, prévue fin 2019. Les travaux commenceront ensuite en 2020, et s'étaleront sur un à trois ans. Ils sont en effet réalisés lorsque les niveaux d'eau sont bas et en dehors des périodes de reproduction des espèces à enjeux – soit entre mi-août et mi-novembre. La Loire sera alors un peu plus sauvage qu'aujourd'hui.

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