En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

“ Le grand public ne connaît pas l'étendue des dégâts causés par Monsanto ”

Le 14 octobre, s'ouvrira à La Haye un tribunal symbolique contre le géant de l'agrochimie, Monsanto. Porté par des acteurs de la société civile, il vise à dénoncer les impacts environnementaux, sanitaires et économiques des produits commercialisés par cette firme, depuis des décennies.

Interview  |  Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
“ Le grand public ne connaît pas l'étendue des dégâts causés par Monsanto ”
Arnaud Apoteker
Coordinateur général du Tribunal citoyen contre Monsanto
   

Actu environnement : Comment est née l'idée d'un tribunal citoyen contre Monsanto ?

Arnaud Apoteker : Cette initiative est portée par des représentants de la société civile qui ont été actifs dans des campagnes contre l'agro-industrie, les OGM… Parmi eux, l'initiatrice du mouvement Navdanya Vandana Shiva, l'avocate Corinne Lepage, le chercheur Gilles-Eric Séralini… Nous organisons un tribunal citoyen contre Monsanto car il est souvent impossible, pour les victimes, de porter plainte contre cette entreprise globale. Et même lorsqu'elle est poursuivie, on constate l'impunité de ses dirigeants et l'absence d'impact sur ses activités.

 
Monsanto dénonce "un coup de pub" En guise de réponse à ce tribunal citoyen, Monsanto a publié, en février 2016 sur son site Internet, une tribune d'un de ses collaborateurs, Nick Weber. Celui-ci dénonce un "faux procès" et un "coup de pub" pour ses organisateurs, qui "ont historiquement montré qu'ils ne sont pas intéressés par le dialogue, mais cherchent plutôt à créer des opérations médiatiques qui dénaturent les faits et induisent en erreur". Et de pointer du doigt "certains groupes, comme des associations bio, [qui] utilisent la peur et des tactiques alarmistes pour rabaisser l'innovation scientifique, alors qu'elle aide à avancer vers une agriculture durable".
 
Sur la forme, l'analogie peut être faite avec le tribunal Russel sur la Palestine, lancé en 2009, pour mobiliser l'opinion publique sur l'impunité de l'Etat d'Israël et les atteintes aux droits de l'Homme. Mais la différence, c'est que le tribunal Monsanto n'est pas un tribunal d'opinion, il sera mené par des juges et des spécialistes du droit international. Ce travail se basera sur les principes directeurs des Nations Unies qui énoncent que les entreprises doivent respecter l'ensemble des droits humains, comme le droit à la vie, à l'alimentation, à la santé et à un environnement sain.

AE : Quel est l'objectif de ce faux procès?

AA : Ce tribunal doit d'abord servir à ouvrir les yeux de l'opinion publique sur les impacts de l'industrie agrochimique. Des témoins, provenant du monde entier, viendront montrer l'étendue de la responsabilité de Monsanto dans la dégradation de notre environnement. Mais nous souhaitons aussi fournir des outils juridiques aux communautés qui voudront poursuivre Monsanto devant de vraies juridictions. Le fait d'être entourés d'experts du droit international permettra de constituer un travail légal approfondi et un dossier juridique solide. Enfin, nous plaidons pour l'introduction du crime d'écocide dans le droit international. Il s'agit de reconnaître et de punir les atteintes irréversibles aux écosystèmes dont dépendent les populations humaines. Le Round up a, par exemple, provoqué des dégâts sur les sols, les plantes etc., ce qui perturbe les systèmes écologiques dont dépendent directement certaines communautés.

AE : On parle beaucoup des OGM et du Round up aujourd'hui. Mais Monsanto a un long passif dans la commercialisation de produits nocifs…

AA : Monsanto est une compagnie emblématique de l'agro-industrie certes, mais si nous l'avons ciblée en particulier, c'est qu'elle fait des dégâts considérables depuis sa création, autrement dit depuis des décennies. Les OGM et le Round up ne sont que les derniers produits d'une longue liste de produits hautement toxiques commercialisés par Monsanto. Il y a eu auparavant les PCB, qui sont des polluants persistants dans les écosystèmes et bio-accumulables ; le lasso, un herbicide toxique aujourd'hui interdit en Europe ou encore le 2,4,5 T, composant de l'agent orange, pour lequel Monsanto est accusé de complicité de guerre au Vietnam. Quant au Round up, accusé de nombreux maux, c'est aujourd'hui l'herbicide le plus utilisé dans le monde.

Le tribunal donnera la parole à des victimes de l'activité de Monsanto, sur le plan sanitaire, mais aussi économique, environnemental… Nous voulons donner une apparence humaine à ce qui se passe dernière le chiffre d'affaires de cette compagnie. Il y aura également des chercheurs, des experts, des juristes…

AE : Au-delà de Monsanto, c'est le modèle de "l'agro-industrie" que vous dénoncez. Comment expliquez-vous que, malgré les nombreux scandales sanitaires et environnementaux, ce modèle soit encore dominant ?

AA : Peut-être que le tribunal aidera à démêler la question de l'influence de ces compagnies multinationales sur les instances réglementaires, les réseaux scientifiques… L'importance croissante qu'elles ont auprès des décideurs les place dans une impunité totale. La fusion entre Monsanto et Bayer ne change pas ce paradigme, au contraire, on s'enfonce encore plus dans un système oligopole, qui entraîne une perte de choix pour les agriculteurs et les consommateurs et une perte de pouvoir par les autorités réglementaires. Ce sont des compagnies énormes, alors que les victimes sont souvent démunies, dispersées. Même si quelques scandales émergent ici ou là, le grand public ne connaît pas l'étendue des dégâts. Cet empoisonnement à long terme est invisible. Le tribunal servira à montrer à Bayer, et au monde, le monstre qu'il s'apprête à acheter.

AE : Comment se déroulera concrètement ce tribunal citoyen ?

AA : Nous essayons de suivre au plus près les procédures des juridictions internationales. Par exemple, des questions sont posées à ces Cours. Nous avons formulé six questions. Les deux jours d'audiences et les plaidoiries permettront, nous l'espérons, d'éclairer ces questions. Les juges auront ensuite deux mois pour délibérer. L'opinion juridique sera rendue, de manière symbolique, le 10 décembre, journée internationale des droits de l'Homme.

AE : L'entreprise Monsanto sera-t-elle représentée ?

AA : Nous avons souhaité, comme dans un tribunal, permettre à Monsanto et à ses avocats d'intervenir. Mais nous n'avons pas eu de réponse à notre courrier. Je crains qu'ils tentent de délégitimer notre action. Mais nous comptons sur la qualité du travail apporté par les juges pour convaincre l'opinion publique.

Réactions10 réactions à cet article

 

Parce que on parle de justice, Il faudrait aussi faire un vol sur certains point "sensibles" comme par exemple la complicité scandaleuse de l'UE ou de la France jusqu'à aujourd'hui sans y aller trop loin pour autant!!!

Maes | 13 octobre 2016 à 07h44
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Les OGM et le Round up ne sont que les derniers produits d'une longue liste de produits hautement toxiques commercialisés par Monsanto.

Rien que cette phrase montre le niveau de ces escrologistes environnementeur qui bloqué idéologiquement en devienne d'un illogisme infini!

OGM produits hautement toxiques!!??
Glyphosate hautement toxique ? (comme la viande rouge et moins que les saucisses d'après le fameux CIRQ)
Hautement toxique! (il y en a encore pour gobé cela??)
Où? Quand?
avec 180 million d'ha cultivé en 2015 (surface supérieur aux total des cultures Europeenne), les PGM cultivés depuis 20 ans ont fais largement leurs preuves sur leur intérêts vis à vis des productions (qualité; rdt;..), vis à vis également de l'environnemental, ainsi que dans de nombreux domaines médicals.

Ces extrémiste prêt à tout les infamies/escroqueries à cause de leurs "blocage-idéologique passéiste" finissent par être dangereux pour nos sociétés.

yann | 13 octobre 2016 à 08h58
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Il y aura toujours des gens qui ne connaissent pas le problème de fond, que dis je? le problème du tout! Je les invite donc à vivre à proximité de terres à bien arroser avec du gliphosate et/ou autres molécules et où les autochtones sont obligés à respirer, hélas comme vous et moi, et meurent plus vite que la normal. Eh oui, le constat est là que se soit pour mon pays et bien des autres où les créateur du Monsieur Orange est passé et passe encore avec l'accord des corrompus du système. Si non, il y a qu'a demander au écologistes la bas butés pour tenir tête. Cela aussi c'est un constat pour les ignares!

Maes | 13 octobre 2016 à 15h10
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Tous cela n ' est qu ' une opération médiatique menée par des militants anti OGM , anti tout mais pour la décroissance et qui ne font que jouer avec la peur du public et qui ne cherche qu ' à manipuler l' opinion publique .
Les 180 million d ' ha cultivés en OGM ne semblent pas poser de problèmes particuliers , d ' ailleurs un centaine de prix Nobel se sont déclarés favorable à la recherche sur les OGM et à leur culture pour les avantages qu 'ils peuvent fournir .
Pour le round ' up il est devenu une cible car il vient de chez Monsanto les risques pour l ' environnement et la santé étant assez faibles pour cette molécule .

balxha | 13 octobre 2016 à 18h15
 
Signaler un contenu inapproprié
 

MAE
Vous nous sortez les poncifs habituels.
Désoler pour vous mais travaillant pour des agri conventionnel comme bio, je ne dois pas être dans les moins informé.
Je ne fais pas du tout parti du nombre croissant de personne qui avec internet confondent « accès aux connaissances » et compétences.
Rien que cette phrase (ci-dessous) est une belle démonstration du niveau de bêtises atteint par certain hoax qui sont devenu des vérités absolu pour certain (qui ne veulent pas sortir de leur idéologies anxiogènes)
« .. les créateur du Monsieur Orange est passé et passe encore avec l'accord des corrompus du système.. «
Là, en sous-entendu, vous nous balancez le coup habituel du vilain monsanto qui a créé monsieur orange (gaz orange).
Quand on n’est pas bloquer idéologiquement, ni intellectuellement, il est assez facile d’apprendre sur le net l’histoire réelle du gaz orange (pas avec green peace ,biensur.GP qui est d’ailleurs accusé de crime contre l’humanité par 113 Prix Nobels soit plus de 90% des Nobels en science vivants).
Il est très facile si l’on n’est pas trop handicapé de vérifier que Monsanto à fabriquer du gaz orange pendant la guerre du Viêtnam comme 7 autres entreprises REQUISITIONNE par l’armée Américaine .
Donc Monsanto n’a pas du tout inventé ce gaz orange et a été obligé de répondre comme 7 autres entreprises a des ordres de l’armée Américaine.
La liste des bêtises sur Monsanto est incroyable aussi bien par le nombre que par leur absurdité pour certaines.

yann | 14 octobre 2016 à 18h32
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Je confirme, les OGM dans l'alimentation sont une épée de Damoclès sur la vie. Etant donné la résistance "naturelle" de plantes dites invasives, il faut les accompagnées avec de plus en plus des produit phytosanitaires, Round up ou Laso (on connaît bien chez moi) des pesticides qu'on trouve absolument partout, même dans l'eau de pluie et surtout dans les pays laboratoires où les gens au pouvoir sont allègrement arrosés par Monsanto, pour ne pas citer le plus connu. Les autres Syngenta et Cie sont des escrocs mais ils se gardent bien d'être attaqués en justice car ils perdront à coup sûr. Les preuves sont irréfutables!...Et Monsanto a été vendu! Trop tard à mon avis!!!

Maes | 17 octobre 2016 à 12h19
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Maes
Effectivement vous confirmez !
Vous confirmez votre incompétence totale sur un sujet ou vous permettez pourtant des affirmations qui sont en plus idiotes pour ceux qui sont réellement dans le domaine.
Vous dites : Je confirme, les OGM dans l'alimentation sont une épée de Damoclès sur la vie. Etant donné la résistance "naturelle" de plantes dites invasives, il faut les accompagnées avec de plus en plus des produit phytosanitaires, Round up ou Laso (on connaît bien chez moi.
Rien que là, vous en dites des bêtises :
Comment pouvez parler d’utiliser du round up ou du lasso pour le même sujet (c’est claire vous connaissez !!).
Lasso (interdit depuis2008 ou 2009) était un désherbant anti graminées(surtout) sélectif du maïs (qui ne le tue pas).
Le Roundup (ou glyphosate plutôt car Roundup est la marque du glyphosate de Monsanto comme par Hazard) est un désherbant total (sélectif d’aucune espèces)
Déjà on ne peut absolument pas les utiliser pour les même choses et de la même manière.
Vous parlez de résistances naturelles qui se mettent en place et là vous ne dites pas de bêtise, mais :
Toutes personnes qui travaillent en protection des cultures savent que la gestion des résistances fait parties de son travail de tous les jours.
Quel que soit la technique de gestion de bioagresseurs que l’on met en place, il faut gérer l’apparition des résistances derrière. Même avec des moyens de luttes biologiques, les résistances sont à gérer.
suite

yann | 17 octobre 2016 à 14h55
 
Signaler un contenu inapproprié
 

suite pou MAES

Dans le cas des maïs PGM BT par exemple (ceux qui ont le gène de la bactérie qui permet d’éviter des insecticides en cultures), dès le début de la mise en place de cet outils, des mesures de sécurité devaient être misent en place pour gerer les résistances (jamais plus de 80% de la parcelle en BT et 20% en conventionnel pour gérer le risque résistance justement).Résultat au bout de 20 ans, on à seulement 3% d’apparition de résistance pour la pyrale(et cela ou les mesures de sécurité n’ont pas été misent en place). On n’a jamais vu un outil de gestion de bioagresseur n’avoir que 3% de mise en place de résistance en 20ans. Où il y a résistances a cette technique (PGM) et bien il n’est pas compliquer de revenir aux traitements insecticide d’avant ! Si la résistance arrive au bout de 20 ans, c’est 20 ans ou on aura pu éviter des insecticides avant de revenir a d’autre outils (y compris nouveau PGM sans résistances).

L'histoire du problème d'apparition de résistance pour les PGM est vraiment typique des antis qui ne connaissent vraiment rien à rien a ce qu'est réellement le travail de production en agronomie.
Pour un agro, ce discours, preuve d'incompétence total, fini même par etre vraiment pénible.
Ras le bol des agro du net!
ne pas confondre: accès aux connaissances (grâce a internet) et acquisition de compétence.

yann | 17 octobre 2016 à 15h10
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Dommage que ceux qui parlent le plus de Monsanto sont ceux qui le connaissent le moins !

Berlue | 24 octobre 2016 à 18h43
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Bonjour,

Je reste dubitative en lisant "Le tribunal servira à montrer à Bayer, et au monde, le monstre qu'il s'apprête à acheter."

Mais arrêtez de taper sur Monsanto! Ce n'est que l'illustration de ce qui se passe chez les 6 ou 7 fabricants mondiaux de phytos de synthèse (ou pas d'ailleurs)...
Qui utilisent les mêmes substances actives, les mêmes recettes, qui répondent aux même législations, aux mêmes problématiques pour la santé humaine et l'environnement, aux mêmes enjeux pour la production agricole mondiale...

Bref élargissons notre regard. La problématique va bien plus loin que "Monsanto, le Lasso et l'agent orange".

Entre nous d'ailleurs, le gain de productivité en utilisant des OGM semblerait remise en doute par certains agriculteurs? Ne parlons pas de l'argument plus que douteux de la "réduction d'utilisation de pesticides", puisque soit les plants sont OGM pour résister à des applications d'herbicide (où est la réduction?), soit ils le sont pour produire leur propre insecticide -> dans ce cas, gain certes pour les riverains et les agriculteurs, car zéro impact par pulvérisation, mais quid de l'exposition des pollinisateurs et des consommateurs à cette substance (certes d'origine naturelle mais cependant toxique pour plusieurs familles d'insectes... quant à l'homme?), surtout qu'elle sera systématiquement présente dans ces cultures (et non pas juste si il y a eu un problème d'insecte).

Krollafol

Krollafol | 01 décembre 2016 à 15h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…