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Fusion Bayer/ Monsanto : vers un monopole de l'agro-business

Agroécologie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Le spécialiste allemand de la chimie et fabricant de pesticides Bayer a annoncé le 14 septembre le rachat de son concurrent américain et leader des OGM Monsanto pour 66 milliards de dollars (59 milliards d'euros). Bayer et Monsanto ont signé un accord de fusion définitif au prix de 128 dollars par action (114 euros) dans le cadre d'une transaction en espèces, ont précisé les groupes dans un communiqué commun.

Les groupes entendent "former un leader mondial de l'agriculture", visant 23 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Ils soulignent "la concrétisation d'une vision partagée d'offres agricoles intégrées proposant des solutions optimisées aux agriculteurs et la création d'un centre d'innovation de premier plan dédié à l'agriculture de demain". Et d'ajouter : "Les producteurs bénéficieront d'un vaste ensemble de solutions qui répondront à leurs besoins actuels et futurs, y compris des solutions optimisées pour les secteurs des semences et des traits, de l'agriculture numérique et de la protection des cultures".

"La naissance d'un monstre"

Cette fusion doit encore obtenir l'aval des autorités de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis. Bayer espère boucler l'acquisition pour fin 2017. Ce rapprochement des deux agrochimistes fait réagir et soulève un tollé chez les agriculteurs. Dans un communiqué, la Confédération paysanne a fustigé "la naissance d'un monstre". Ce rachat "est la prise de contrôle du tiers du marché des semences par une entreprise qui contrôle déjà 17% du marché des pesticides et atteindra 27% avec Monsanto", a dénoncé ce 15 septembre le syndicat agricole. Il a appelé les autorités de la concurrence à "refuser" la création de ce "monopole prédateur". La Confédération paysanne appréhende que "les paysans n'auront plus d'autres choix que d'acheter [leurs] produits".

Une crainte partagée par les eurodéputés socialistes et radicaux. Pour Eric Andrieu,vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, "cette fusion va se traduire par une hausse des prix et va fortement limiter les agriculteurs dans leur choix produits phytosanitaires. Rien de bon ne peut venir d'un monde où une multinationale vendrait un paquet complet semences OGM, engrais et pesticides chimiques". Les députés ont demandé à la direction générale de la concurrence de la Commission européenne, qui a ouvert une enquête fin août à ce sujet, d"empêcher cette fusion".

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