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Actu-Environnement

De nombreux progrès restent à faire dans le domaine de l'assainissement en France

Résultat d'une longue enquête réalisée en 2004, un rapport de l'IFEN publié récemment fait le point sur la situation de l'assainissement en France. Malgré quelques améliorations, de nombreux progrès restent à faire.

Eau  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Irrigation, refroidissement, lavage… les utilisations de l'eau par l'homme sont nombreuses et variées. Cependant, la plupart provoquent des pollutions que ce soit par des produits chimiques (pesticides, détergents) ou des matières organiques (excréments). L'assainissement de ces eaux avant leur retour dans le milieu naturel est donc une étape clef afin de préserver les conditions de vie dans les milieux aquatiques. En France, des réglementations ont donc été mises en place nationalement, puis à l'échelon européen, afin d'assurer la collecte et un traitement efficace des eaux usées. Or, selon les résultats d'une enquête de l'Institut Français de l'Environnement (IFEN) réalisée en 2004, de nombreux progrès restent à faire dans ce domaine.

Dans son rapport récemment publié, l'institut note en effet que 5% de la population ne bénéficie toujours pas d'un système de traitement d'eaux usées qu'il soit collectif ou individuel. Ces eaux sont donc directement rejetées dans le milieu naturel sans traitement préalable. Une grande partie de ces logements est concentrée dans des communes de petite taille qui ne disposent d'aucune station d'épuration. Selon l'IFEN, on rencontre principalement une forte proportion de ces logements dans les zones au relief accidenté où la mise en place d'un réseau d'assainissement collectif est vraisemblablement trop onéreuse.

Pourtant, l'assainissement individuel pourrait répondre à ces situations. En 2004, 5 millions de logements disposaient d'une installation de ce type. Les eaux usées sont dans ce cas dirigées vers une fosse enterrée à proximité où elles décantent. L'eau débarrassée des matières solides est ensuite injectée dans le sol, qui fera office de filtre physico-chimique grâce aux micro-organismes qui y sont présents. L'IFEN reconnaît que dans les zones d'habitat dispersé, le recours à l'assainissement individuel est une solution plus adaptée : non seulement l'implantation d'une desserte collective serait plus coûteuse, mais un système individuel bien adapté au type de sol et correctement entretenu assure une protection des milieux récepteurs satisfaisante, explique-t-il.

Outre l'aspect financier, ce manque d'équipements peut s'expliquer par le fait que de nombreuses communes n'ont pas encore effectué leur « zonage ». Les communes doivent en effet, après enquête publique, délimiter les zones d'assainissement collectif et celles relevant de l'assainissement individuel. Or, en 2004, 44% des communes françaises n'avaient pas encore réalisé cet exercice. L'établissement de ce zonage est cependant en nette progression puisque, trois ans auparavant, 58 % des communes n'avaient pas identifié leurs zones.

Du côté de l'assainissement collectif, la situation s'améliore légèrement. La capacité théorique de traitement a progressé de 3 % en 2004 par rapport à 2001. En 2004, 17.300 stations d'épuration étaient en service sur le territoire. L'accroissement de capacité de traitement s'est accompagné d'un accroissement des volumes traités qui ont augmenté de 27 % entre 2001 et 2004. Au final, les stations ont eu à traiter environ 7 milliards de m3 d'effluents dont plus de la moitié a reçu un traitement poussé, dit « tertiaire », pour éliminer le phosphore ou l'azote. La réduction de pollution organique biodégradable a été de 90 % en 2004 dans les stations de plus de 2 000 EH*, en amélioration par rapport à 2001 (réduction de 87 %).

Cependant, selon un examen précis des stations d'épuration réalisé par les agences de l'eau sur les 1.000 plus grandes, 146 ne sont toujours pas conformes à la réglementation actuelle. La directive européenne du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux résiduaires urbaines (ERU) impose des obligations en terme de collecte et de traitement et notamment un traitement plus rigoureux du phosphore et de l'azote. Or il semblerait que toutes les collectivités n'aient pas fait les aménagements nécessaires pour répondre aux nouvelles exigences. C'est pourquoi, le gouvernement a lancé en septembre dernier, un plan d'action afin de gagner définitivement la bataille de l'eau en France. Ce plan ciblera très précisément les 98 stations d'épuration non conformes en fin d'année 2007. Il se traduira par la réalisation rapide d'étude de faisabilité et des prêts pour réaliser les travaux.
Rappelons que le non-respect de la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines présente un risque financier très élevé pour la France menacée de sanction par la Cour Européenne de justice pour absence de traitement plus rigoureux des rejets d'eaux pour près d'une centaine d'agglomérations. Ce contentieux, pour lequel une nouvelle mise en demeure est intervenue en décembre 2005, fait encourir à la France une sanction pécuniaire actuellement estimée à plusieurs centaines de millions d'euros.


* EH : Equivalent Habitant.

Réactions7 réactions à cet article

 
la STEP Maera de l'agglo de montpellier

Le collectif d'associations CAPNUBAM pour la protection de la Baie d'Aigues-Mortes souhaite que la pseudo station High tech puisse épurer réellement les effluents avant de les rejeter en mer, et ce grâce à un dossier d'enquête publique bidon, ne serait-ce que par une étude de courantologie faite, tenez-vous bien, par Ifremer (comme quoi, un organisme, qui est dans ce cas juge et partie et de plus financé pour les études, peut être médiocre).
Rejeter de l'eau douce en mer est d'ailleurs une inepsie que seuls quelques technocrates de bas étage sont capables de faire, et, ce d'autant que le Languedoc aura dans les années à venir aura besoin d'eau douce.

Anonyme | 22 janvier 2008 à 22h12
 
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Re:la STEP Maera de l'agglo de montpellier

Il semble pourtant que l'ensemble des cours d'eau français se jettent dans la mer... inepsie ça aussi ??

aziliz | 24 janvier 2008 à 08h47
 
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Re:Re:la STEP Maera de l'agglo de montpellier

n'ayant pas les éléments, je me prononcerais pas sur votre cas spécifique.

On peut toutefois rappeler que l'un des problèmes des rejets d'eaux usées (traitées) en pleine mer est la pollution à l'eau douce. en effet les plantes et les animaux marins sont adaptées à certaines salinités. Elles ne supportent pas de se retrouver plongées dans le l'eau douce. Ce même phénomène se retrouve également dans les estuaires, c'est pour celà que l'on y trouve des plantes que l'on ne trouve pas ailleur.

Cependant, à part le rejet en mer des eaux traitées, je ne vois guère d'autre solution raisonnable. En plus ça a l'air de stations relativement grandes.

bastien | 24 janvier 2008 à 09h15
 
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Re:Re:la STEP Maera de l'agglo de montpellier

Tous les cours d'eau se jettent à la mer, certes mais pas directement; le sas s'appelle "estuaire", où l'on rencontre effectivement des espéces animales et végétales adaptées à ce milieu; comment réagiriez-vous si on vous lachait directement dans l'espace sans combinaison spatiale?
D'autre part étant donné la taille de cette step, on peut étre certain du volume trés important d'eau douce " épurée" injecté dans le milieu marin; il y aurait forcémment une zone de déséquilibre écologique autour de ce rejet.

Lysianthus | 24 janvier 2008 à 20h08
 
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toilette sec et phyto epuration des eaux grises

L'eau irrigant nos toilettes represente le 1/4 de notre consommation, soit
50 l par pers et par jours. Cette eau est prealablement passée par une systeme complexe est couteux afin d'optenir la qualité potable. Ajoutons que ce volume d'eau correspond au volume necessaire pour irriguer les terres de culture qui nourrissent l'utilisateur de ces toilettes, et que le retraitement en station detruit nos excremement. Cette matiere organique n'est pas un dechet, elle est necessaire pour nourrir la terre qui nous nourrit. L'usager d'un toilette a eau detruit donc quotidiennement sa base alimentaire, dans un monde ou tous les humains ne mangent pas a leur faim ....
De plus les station d'epuration sont incapables de retenir les sels mineraux presents dans nos urines et excrements, qui se retrouvent librement rejettés dans les rivieres, stimulent la croissance des algues et participent a l'eutrophisation des rivieres .... dans lesquelles on pompe l'eau que l'on va boire !!!
Si tout le monde passait au toilette sec en France, toutes nos rivieres retrouverait en 1 an leur caractere salmonicole ....
Faire ses besoin dans l'eau est un acte completement irresponsable, alors n'hesitez plus, faites caca dans la sciure et compostez !
C'est un acte politique et militant en faveur de la preservation de l'eau et des eco systemes.

vital | 25 janvier 2008 à 20h49
 
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Re:toilette sec et phyto epuration des eaux grises

Je suis pour les toilettes secs. J'ai même regardé sur "la maison de l'écologie" des toilettes secs, super, un peu cher, les matières sont récupérés dans un sac poubelle et l'urine à part mais bon. Un problème se pose lorsque nous habitons en appartement, je ne vois pas où je pourrais entreposer les matières pendant 6 mois. Ce système est super lorsque l'on a un jardin...

caloune | 22 juillet 2008 à 09h56
 
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Re:Re:toilette sec en appartement/séparation

Effectivement, le système se prête mieux à la vie à la campagne ! Mais il existe la possibilité de traiter ses excréments par lombri compostage, en intérieur et sans nuisances. Je n'ai pas encore d'infos la dessus, mais ça semble très intéressant. En ce qui concerne le prix et la séparation, j'ai quelques infos. Tout d'abord aucun intérêt à acheter un système spécial : toilette sèche = auto construction ! Simple et pas cher. Pour ce qui est de séparation, c'est à mon sens une mauvaise solution. L'urine est certes stérile et riche en urée (azote)et on peut donc l'utiliser directement. Mais tout cet azote minéral ne devient totalement assimilable par les plantes qu'une fois intimement mêlé à de la matière organique (par le processus de compostage). En plus l'azote est nécessaire pour stimuler la dégradation biologique des matières carbonées : c'est le taux C/N, carbone/azote qui détermine leur bonne décomposition (avec d'autres facteurs environnementaux : humidité, aération, température notamment). En lombricompostage cela doit néanmoins être différent. Voila quelques pistes. A fouiller sur le web !

Anonyme | 22 juillet 2008 à 15h26
 
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