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Agence internationale de l'énergie : l'avenir énergétique du monde est incertain

Réunie au siège de l'OCDE à Paris les 18 et 19 octobre, la conférence ministérielle de l'Agence internationale de l'énergie s'inquiète des pannes de fourniture pétrolière, sur fond de hausse constante de la demande mondiale.

Energie  |    |  Agnès Sinaï Actu-Environnement.com
   
Agence internationale de l'énergie : l'avenir énergétique du monde est incertain
   

Tenue à huis clos dans l'enceinte du Château de la Muette, siège de l'OCDE à Paris, la rencontre ministérielle de l'AIE s'est placée sous le signe d'un "futur énergétique sûr, soutenable, et ensemble". Pourtant, le futur ne semble ni sûr, car les surprises sont toujours possibles, ni soutenable, Fukushima l'a rappelé, ni forcément solidaire, dans un monde où l'énergie et le pétrole en particulier sont l'enjeu de tensions géopolitiques permanentes.

Créée dans le contexte du choc pétrolier de 1973, l'AIE rassemble les pays industrialisés de l'OCDE, et a pour mission d'analyser l'évolution des ressources énergétiques, vitales pour la croissance mondiale. Aujourd'hui, l'AIE prévoit que la demande énergétique globale va augmenter de 47% d'ici à 2035. Quant à la demande pétrolière, l'Agence prévoit qu'elle va passer de 84 millions de barils par jour en 2009 à 107 en 2035. Même si le prix du brut a baissé depuis avril 2011 dans le contexte de la récession actuelle et d'un regain de l'offre pétrolière en provenance des pays de l'OPEP, la tendance reste à une hausse structurelle des prix. Selon David Fyfe, chef de la division de l'industrie et des marchés pétroliers à l'AIE, il est vraisemblable que les prix du baril de brut conventionnel ne redescendront pas sous la barre des 105 $ d'ici à 2016.

La crise économique est elle-même liée au prix des énergies fossiles. Même si l'AIE exclut le risque d'une récession à deux chiffres, elle confirme, dans une note sur les marchés pétroliers diffusée par M. Fyfe, la corrélation entre le poids de la facture pétrolière et le ralentissement économique consécutif à chaque choc pétrolier. Le poids de la facture pétrolière est aujourd'hui le même que lors de la crise de 2008, ce qui n'augure pas d'une reprise immédiate.

La réalité du pic pétrolier et de l'érosion des puits matures est également reconnue par l'AIE, qui souligne que, chaque année, entre 2,5 et 3 millions de barils par jour viennent à manquer en raison du déclin des champs pétroliers arrivés à maturité. A court terme, deux phénomènes se télescopent : la hausse de la demande pétrolière des pays émergents qui représenteront 90% de la demande additionnelle d'ici à 2035, et la contraction de l'offre pour des raisons géologiques (pic pétrolier), géopolitiques (insurrection libyenne) et écologiques (accident de la plate-forme Deep Water Horizon).

Du coup, les investisseurs hésitent à lancer les colossaux financements qu'exigent de nouvelles prospectives pétrolières. L'AIE prédit que quelque 38 000 milliards de dollars d'investissements seront nécessaires pour couvrir les besoins énergétiques du monde d'ici à 2035, rapporte Martin Ferguson, président de la conférence. Ce point est interprété comme un signal d'alarme par Fatih Birol, chef économiste de l'AIE : en cas de scénario bas d'investissement, et dans la perspective d'une hypothétique reprise de l'économie, les principaux fournisseurs mondiaux ne pourront pas répondre sur la durée à une hausse de la demande estimée à 1 million de baril additionnels par jour dès l'année prochaine.

L'AIE établit des critères de résilience du système, en insistant sur plusieurs indicateurs de sécurité énergétique, combinant diversité des sources d'approvisionnement, réduction de la dépendance et de la facture pétrolière développement des énergies locales, dont la géothermie et l'hydroélectricité, et maintien de stocks pétroliers industriels. Ceux des pays de l'OCDE sont en chute depuis août 2010, à leur plus bas niveau depuis 2008, sur fond de marché en contraction constante. L'interruption de fourniture par la Libye d'un des meilleurs produits pétroliers, le light sweet crude, est estimée par l'AIE à une panne de 328 millions de barils. Les pronostics quant à la reprise de production en Libye restent prudents.

Réactions6 réactions à cet article

 

Oui, l'avenir énergétique est incertain,mais c'est l'essentiel est d'en
être conscient et préparer des solutions pérennes ,ce qui semble être
le cas. Certes, les recherches sont programmées dans les hautes sphères
et des réalisations existent. Soyons quand-même objectifs en sachant que
ce ne sera pas pour demain ,car le nucléaire et le fossiles aura encore
quelques dizaines d'années devant lui. Considérons que les énergies
encore disponibles et futures seront complémentaires pour assurer
nos besoins.

arthur | 20 octobre 2011 à 09h42
 
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Timidité, manque d'élan, refus de constater le réel, comportement d'autruche, pensée dinosaurienne et explosion de la demande + réchauffement climatique + incertitude + risque fort de guerre conséquence des besoins énergétiques non répondus.
En clair les états ne sont pas à la hauteur du risque d'embrasement mondial. C'est un vrai plan Marshall au niveau de la planète qui est nécessaire, il faut diminuer les besoins en ressources finis risqués et polluantes et développer très rapidement l'utilisation des ressources infinis sans risque. Le chiffre de 38000 milliards donne le vertige, Si cela était investis dans l'éolien et le solaire, cela permettrait de couvrir les besoins de tout le monde. Les Etats ont les clefs pour agir mais personne bouge !!!!!!!!!! L'homme se trouve à un moment de décision cruciale et rien n'est fait. A croire que tout le monde est sous tranquillisants. Faut il une vraie guerre pour que les gens agissent?

arthur duchemin | 20 octobre 2011 à 10h10
 
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Eh oui, l'avenir est incertain et le pétrole comme le gaz sont des energies épuisables. On n'en revient toujours à la même réflexion. Pourquoi ne pas investir dans les énergies renouvelables et des technologies renouvelables appliquées viables? Par exemple, ces 38000 milliards de dollars qui seront gaspillés dans l'extraction du pétrole. A quand l'arrêt de la protection aveugle des lobbies pétroliers??

syl975 | 20 octobre 2011 à 12h47
 
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L'IAE, comme la classe politique est d'une myopie affligeante !!

C'est tout de même incroyable que les scénarios prévus par ces gens la soit tous à tendance haussière au niveau de la demande en énergie non ?
Il me semble que c'est cette même erreur qui à conduit la France à envisager une politique énergétique nucléaire conséquente dans les années 70 au lieu de s'attacher à contrôler puis faire baisser cette demande...

freud | 22 octobre 2011 à 11h06
 
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Le meilleurs moyen de limiter notre consommation énergétique future c'est, certes de se montrer moins gourmand, mais surtout de stabiliser la population humaine.

René Varenge | 24 octobre 2011 à 10h09
 
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Il est évident que la diminution de l'approvisionnement en pétrole, c'est une aggravation majeure (et inéluctable) de la récession. Le pétrole restera-t-il soumis à l'économie de marché, ou les états auront-ils, en con certation, l'intelligence de réserver cette précieuse ressource à des usages vraiment prioritaires (véhicules d'intervention, engins de travaux, à l'exclusion des transporteurs routiers internationaux qui devraient dès maintenant chercher d'autres solutions, tout comme le promeneur du dimanche). Y aura-t-il rationnement?

Don José | 30 octobre 2011 à 01h03
 
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