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Liste rouge : l'UICN met en avant l'amélioration de quatre espèces de thons

L'actualisation de la liste rouge des espèces menacées montre un rétablissement des espèces de thons grâce aux effets des quotas de pêche. Mais si ces dernières vont mieux, 28 % des espèces évaluées par l'UICN restent menacées.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Liste rouge : l'UICN met en avant l'amélioration de quatre espèces de thons

« Les gens connaissent surtout l'Union internationale de la conservation de la nature (UICN) par la publication, chaque année, de la liste rouge des espèces menacées », expliquait Maud Lelièvre, présidente du comité français de l'ONG, il y a quelques jours à Actu-Environnement. La tenue du congrès mondial de la nature à Marseille a été l'occasion de présenter le 4 septembre une nouvelle actualisation de cette liste créée en 1964.

 
Ces évaluations de la liste rouge sont la preuve que les approches de pêche durable fonctionnent, avec d'énormes avantages à long terme pour les moyens de subsistance et la biodiversité  
Bruce B. Collette, président du groupe de spécialistes des thons et espadons à l'UICN
 
Il en ressort que 38 543 espèces sont menacées sur les 138 734 déjà évaluées. Soit près de 28 %. C'est le cas de 41 % des amphibiens, 34 % des conifères, 33 % des coraux constructeurs de récifs, 26 % des mammifères et 14 % des oiseaux. Mais l'UICN a malgré tout choisi de tenir un discours optimiste en mettant l'accent sur l'amélioration constatée sur les espèces de thons.

Risque faible pour le thon rouge de l'Atlantique

Les sept espèces les plus pêchées ont fait l'objet d'une réévaluation qui montre une amélioration pour quatre d'entre elles. Cette embellie résulte des quotas de pêche mis en place dans certaines régions. Ainsi, le thon rouge de l'Atlantique a été déclassé de la catégorie « en danger » à celle de « préoccupation mineure ». C'est-à-dire que le risque d'extinction est maintenant considéré comme faible. De même, le thon blanc et le thon albacore se retrouvent sous ce même statut après avoir été classés « quasi menacés ».

« Ces évaluations de la liste rouge sont la preuve que les approches de pêche durable fonctionnent, avec d'énormes avantages à long terme pour les moyens de subsistance et la biodiversité. Nous devons continuer à appliquer des quotas de pêche durables et à lutter contre la pêche illégale », analyse Bruce B. Collette, président du groupe de spécialistes des thons et espadons à l'UICN.

« Cependant, comme en témoigne la situation précaire de certains stocks, une gestion durable nécessite une meilleure collecte de données, des efforts de déclaration et des technologies de capture plus intelligentes, ainsi que la conception et l'application de réglementations, de quotas et autres politiques efficaces », tempère Beth Polidoro, professeure agrégée à l'université d'État de l'Arizona.

Régressions régionales

D'autres éléments appellent à la prudence. D'une part, la quatrième espèce en amélioration, le thon rouge du Sud, reste « en danger ». D'autre part, les améliorations constatées sont globales et masquent des régressions régionales : baisse de moitié de la population de thon rouge dans l'Atlantique Ouest au cours des quatre dernières années, surexploitation du thon albacore dans l'océan Indien. « Les espèces de thon migrent sur des milliers de kilomètres, et il est donc […] essentiel de coordonner leur gestion à l'échelle mondiale », pointe Bruce Collette.

« Pour le thon blanc, les captures par unité d'effort (CPUE) diminuent depuis des années et une incertitude importante subsiste quant aux impacts des changements climatiques sur cette espèce en particulier, avertit par ailleurs Jack Kitinger, vice-président du Centre pour les océans de l'ONG Conservation International. D'où l'importance de poursuivre les travaux dans une perspective climatique, ainsi que d'appliquer des règles de contrôle des captures à l'échelle régionale. » Quant au thon rouge du Pacifique, l'espèce est proche du seuil de menace et ne représente plus que 5 % de sa biomasse d'origine.

Enfin, les mauvais chiffres concernant les requins et les raies montrent que les pressions sur les espèces marines vont croissant. Une réévaluation les concernant révèle que 37 % d'entre elles sont menacées d'extinction. En cause ? La surpêche, la dégradation des habitats et les changements climatiques.

Aussi, cette communication positive ne doit pas masquer que l'UICN a d'ores et déjà déclaré 902 espèces comme définitivement éteintes dans le monde.

Réactions1 réaction à cet article

 

Lorsqu'on se donne un minimum de moyens (écoute des scientifiques spécialistes du sujet, règlementation internationale, efforts coordonnées, contrôles, sanctions) pour rétablir des populations de telle ou telle espèce, le résultat est parfois à la hauteur des attentes. Il faut ici le saluer.
Mais pour toutes ces autres espèces qui n'ont pas de "valeur économique" visible et immédiate, que fait-on ?
Nos décideur doivent arriver à comprendre que tout est lié sur la planète, que nous faisons partie d'une chaîne et que même tout maillon qui n'est pas côté en bourse a son importance pour la solidité et la durabilité de l'ensemble.

Pégase | 07 septembre 2021 à 09h54
 
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