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Une filière de biocarburants aéronautiques verra bientôt le jour en France

L'Etat et cinq industriels français vont se mettre autour d'une table pour créer une filière d'approvisionnement de biokérosène en France. Sous la forme d'un engagement pour la croissance verte, la France veut s'inspirer des Pays-Bas.

Transport  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Cinq industriels français ont signé avec l'Etat un Engagement pour la croissance verte (ECV) afin de créer une filière de biocarburants aéronautiques. A l'occasion du salon World Efficiency, Air France, Airbus, Safran, Suez et Total ont présenté le projet Biojet initié depuis plusieurs années et que l'Etat a décidé de soutenir sous la forme d'un ECV. Ces "green deal" venus des Pays-Bas regroupent les acteurs autour d'un contrat non contraignant mais qui les implique moralement. "C'est une approche bottom-up. Il s'agit de travailler ensemble pour trouver des solutions, rapelle Pierre Angot, de la direction générale des entreprises du ministère de l'Economie (DGE). On travaille en équipe projet. Ce n'est pas facile pour l'Administration." L'intérêt de cette approche est de lever les freins dès qu'ils sont identifiés et de gagner du temps dans l'élaboration du cadre réglementaire qui accompagnera la filière industrielle. "La réglementation qui vient ensuite est basée sur une expérimentation. C'est plus solide", estime Pierre Angot.

Un défi économique et environnemental

 
Les biocarburants permettent une réduction de 80% des émissions de CO2 sur le bilan global  
Nathalie Simenauer, Air France
 
Aux Pays-Bas, 210 green deal ont été signés depuis 2011. "Depuis 2015, nous opérons une sélection plus stricte, 10 à 20 par an. La plupart sont finalisés. Les trois quarts sont un succès", résume Dirk-Jan Nieuwenhuis, ambassadeur adjoint du Royaume des Pays-Bas. Les acteurs français pourront s'appuyer sur l'expérience de KLM, la compagnie aérienne porte-drapeau des Pays-Bas où un projet similaire a été initié en 2008 via un green deal. En 2011, KLM a expérimenté l'utilisation de biocarburants et a créé une société pour gérer l'approvisionnement. Aujourd'hui, 25 aéroports proposent du biokérosène. "Dans le deal, KLM avait en charge les tests et l'organisation de l'approvisionnement en biokérosène. L'Etat devait se charger de la communication et trouver les consommateurs de biokérosène", explique Marion Brakes, de l'ambassade des Pays-Bas. Aujourd'hui, ce green deal a permis de créer la filière. Une partie du port de Rotterdam a d'ailleurs été réservée aux industries de transformation.

Les retours d'expérience de ce projet partagés avec la compagnie aérienne Air France ont permis d'identifier deux freins majeurs que les acteurs français vont devoir dépasser : mettre en place des conditions économiques viables - sachant que le biokérosène est encore deux à cinq fois plus cher que son équivalent fossile – et mobiliser une biomasse "durable", sans conflit d'usage.

Passer des huiles de friture usagées au biokérosène

Les cinq industriels espèrent monter une filière de biocarburants fabriqués à partir de déchets : huiles alimentaires usagées, graisses animales, résidus agricoles dans un premier temps, plastiques et autres combustibles solides de récupération (CSR) dans un second temps. Ils se laissent un an pour mener à bien l'étude de faisabilité et évaluer les gisements. "Suez collecte et trie déjà les huiles usagées avec l'appui de 15 partenaires, ce qui représente une trentaine d'emplois. Nous favorisons les boucles locales de collecte. Mais pour constituer une véritable filière de production de biocarburants, l'écosystème est à inventer", explique Hélène Valade, vice-présidente développement durable chez Suez Environnement.

Le transport aérien mondial est à l'origine de 2 à 3% des émissions de carbone. Et ses perspectives de développement dans les années qui viennent pourraient augmenter ces proportions. L'association internationale du transport aérien prévoit un doublement du nombre de passagers qui voyageront en avion en 2035. Le secteur s'est donné comme objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2020. "Les ruptures technologiques dans l'aérien n'arriveront pas avant plusieurs années. Les biocarburants sont un levier majeur pour le transport aérien pour réduire les émissions à la source", explique Nathalie Simenauer, responsable du développement durable chez Air France. "Les biocarburants permettent une réduction de 80% des émissions de CO2 sur le bilan global", ajoute-t-elle.

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