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Réduction des produits phyto : premier bilan des obligations pour les distributeurs

Les certificats d'économie de produits phytosanitaires (Cepp) ont été mis en place depuis deux ans. Un tiers des distributeurs ont déjà prescrit aux agriculteurs des solutions pour réduire l'usage de pesticides : biocontrôle, équipements performants…

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Réduction des produits phyto : premier bilan des obligations pour les distributeurs

"La campagne 2017 se caractérise par une montée en puissance du dispositif où plus d'un tiers des obligés ont obtenu des certificats". Près de deux ans après le lancement de l'expérimentation sur les certificats d'économie de produits phytosanitaires (Cepp), le ministère de l'Agriculture dresse un premier bilan. Ce dispositif a été largement inspiré des certificats d'économies d'énergie (CEE), dans l'objectif d'accélérer la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires. Les obligés des Cepp sont les 1.157 distributeurs de produits phytopharmaceutiques à des utilisateurs professionnels. Selon leur volume d'activité, ils se voient attribuer des obligations à horizon 2021 : prescrire à leur clientèle un certain nombre d'actions ou des solutions pour réduire l'usage des pesticides. "S'ils ne remplissent pas ces obligations en 2021, ces entreprises seront sanctionnées par une amende proportionnelle à l'écart avec leur obligation", rappelle le ministère.

A ce jour, 16,6 millions d'obligations de certificats à obtenir ont été prescrites. Et le bilan indique une montée en puissance du dispositif entre la première et la deuxième année. Il reste encore quatre ans aux obligés pour remplir complètement leurs objectifs. Après une annulation par le Conseil d'Etat du dispositif, le gouvernement l'a relancé. Il prévoit même son renforcement.

11% des obligations remplies en 2017

Depuis juillet 2016, date d'entrée en vigueur du dispositif, les obligés ont commencé à déployer certaines actions et ont demandé les certificats correspondants. La première année, 89 entreprises obligées ont obtenu 200.000 certificats, ce qui correspondait à 6% de leurs obligations et 1% des obligations totales. En 2017, 398 obligés ont obtenu 1,8 million de certificats, soit 16% de leurs obligations et 11% des obligations totales. Les entreprises titulaires d'un agrément de conseil indépendant de la vente peuvent également participer au dispositif sur la base du volontariat en tant qu'éligibles au dispositif. "A ce jour, aucune entreprise de conseil ne participe", précise le bilan.

Comme pour les CEE, les actions à mettre en place font l'objet de fiches standardisées. "Depuis le lancement du dispositif de Cepp en 2016, le nombre d'actions standardisées a progressé de 80% et le nombre de références a été multiplié par trois. Par exemple, l'action n°2017-004 - Lutter contre les chenilles foreuses de fruits en vergers au moyen du virus de la granulose - comportait deux références de produits de biocontrôle en 2016 alors qu'aujourd'hui, six références de produits sont disponibles".

Au total, en 2017, 36 actions standardisées étaient définies. Une grande partie des fiches (20) concerne le recours à des méthodes alternatives, notamment à des équipements ou produits de biocontrôle. 198 références sont disponibles pour ces actions. Six fiches portent sur l'utilisation d'équipements de traitement performants. Elles recensent 126 références. L'abonnement à des outils d'aide à la décision fait l'objet de cinq fiches et de douze références. L'utilisation de variétés résistantes ou tolérantes aux maladies fait l'objet de deux fiches, mais de 208 références. Enfin, la mise en œuvre de nouvelles pratiques agronomiques est caractérisée dans trois fiches et neuf références.

Soufre, variétés résistantes et associations de cultures

Un tiers des obligés a obtenu un certificat pour avoir prescrit un produit de biocontrôle à base de soufre pour lutter contre l'oïdium. 22% pour avoir conseillé de réduire le nombre de traitements grâce à des variétés de blé tendre assez résistantes aux bioagresseurs et à la verse, qui conduit les plantes à se coucher. La substitution des produits anti-limaces à base de métaldéhyde, qui peut être dangereux pour la faune et polluer les eaux, par des produits d'origine naturelle a fait l'objet de 13% des certificats. 7% ont été obtenus grâce à l'association d'une variété de colza à floraison très précoce avec la variété principale, pour éviter un traitement insecticide contre les méligèthes, des coléoptères particulièrement friands de pollen. Enfin 5% des certificats portent sur le recours à un stimulateur de défense des plantes pour lutter contre les maladies fongiques.

Sept fiches n'ont pour l'heure pas été sollicitées. Il s'agit de celle sur la protection des vergers de pommiers au moyen de filets anti-insectes contre le carpocapse, dont la chenille se niche dans les fruits.

La pulvérisation confinée, la certification environnementale des exploitations viticoles, le désherbage mécanique des cultures en rang et les agroéquipements permettant l'application localisée sur le rang n'ont pas encore fait l'objet de certificats. Idem pour le placement des traitements fongicides contre le sclerotinia du haricot au moyen d'un outil d'aide à la décision de prévision et de conseil tracé à la parcelle ou le traitement anti-germinatif par biocontrôle des pommes de terre de terre lors du stockage.

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