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Chlordécone : la reconnaissance en maladie professionnelle piétine

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°406 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°406
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« En priorité, la surveillance médicale des travailleurs de la banane doit être mise en œuvre sans délai et les procédures en vue de l'inscription du cancer de la prostate au tableau des maladies professionnelles doivent être conduites à leur terme. » Telle est la recommandation n° 10 de la mission d'inspection chargée d'évaluer le troisième plan chlordécone et de formuler des propositions à l'attention du Gouvernement. Saisis en mars 2019 par six ministres, les hauts fonctionnaires ont remis leur rapport en février dernier mais ce document n'a été publié que fin juillet.

Ces actions en matière de santé au travail ont été « laissées trop longtemps en déshérence », pointe la mission. L'inscription du cancer de la prostate au tableau des maladies professionnelles, précise-t-elle, doit faire l'objet d'une étude qui n'a été inscrite qu'en février 2019 dans la feuille de route interministérielle sur le chlordécone. Cette dernière recense les actions à mener suite à la visite d'Emmanuel Macron en Martinique en septembre 2018 et au colloque scientifique qui s'est tenu un mois après.

Lors de sa visite, le président de la République avait ouvert la voie à une reconnaissance comme maladie professionnelle des pathologies des travailleurs de la banane exposés à l'insecticide organochloré. Mais le chef de l'État avait préalablement confié à l'Anses et à l'Inserm le soin de mener les études scientifiques sur le lien entre l'exposition au pesticide et les pathologies constatées chez les travailleurs agricoles. Dans un rapport préliminaire publié en février 2019, le pôle Expertise collective de l'Inserm estime que « la relation causale entre l'exposition au chlordécone et le risque de survenue du cancer de la prostate est vraisemblable ». Reste à l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) à remettre son expertise pour que les partenaires sociaux puissent travailler sur la création d'un nouveau tableau qui permettra de reconnaître plus facilement les pathologies en maladies professionnelles et de faciliter ainsi les indemnisations. Annoncé pour la fin 2019, puis pour juin 2020, ce rapport d'expertise n'est toujours pas publié à ce jour. « Le rapport est prévu pour début 2021 », indique aujourd'hui l'Anses à Actu-Environnement.

En décembre 2019, une commission d'enquête de l'Assemblée nationale a pointé la défaillance du régime de réparation des victimes de l'insecticide organochloré, et notamment des travailleurs agricoles. Trois cas seulement de maladies professionnelles agricoles liées au pesticide sont identifiés en Guadeloupe, avait indiqué une représentante de la Mutualité sociale agricole (MSA) devant la commission. Les députés avaient également jugé insuffisante la réponse apportée par le fonds d'indemnisation des victimes de pesticides qui devait entrer en vigueur le 1er janvier dernier et dont on attend toujours le décret d'application.

Réactions1 réaction à cet article

 

Ben oui, on attend, on attend, on attend...pour renouveler les autorisations de certains pesticides, dont on sait qu'ils sont dangereux , on attend moins longtemps.Hop! C'est signé et c'est reparti pour un tour!

gaïa94 | 27 août 2020 à 19h06
 
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