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Aliments issus d'animaux clonés : échec des négociations, le Conseil refuse d'interdire

La Commission européenne va devoir retravailler sa copie sur les nouveaux aliments après l'échec des négociations entre le Conseil et le Parlement européen. L'autorisation d'aliments issus d'animaux clonés a été au cœur des désaccords.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Aliments issus d'animaux clonés : échec des négociations, le Conseil refuse d'interdire
   

Après une nuit de pourparlers, les discussions sur la mise à jour du règlement sur les nouveaux aliments, entamées il y a trois ans, ont échoué. Au cœur des débats : les aliments issus d'animaux clonés. Le Parlement européen, opposé à leur autorisation, avait pourtant fait un pas en direction du Conseil en acceptant, dans un compromis final, leur entrée sur le marché, à condition qu'ils soient étiquetés ainsi que les produits issus de la progéniture clonée. Mais le Conseil est resté intransigeant sur la question de l'étiquetage.

Le Conseil proposait un plan en huit mesures

Le Parlement européen avait finalement proposé un compromis final : l'autorisation des aliments issus d'animaux clonés à condition qu'ils soient étiquetés, afin d'en informer le consommateur. Mais le Conseil n'a soutenu le principe de l'étiquetage que sur un seul type de produit (les viandes fraîches), faisant échouer les négociations.

Le Conseil avance dans un communiqué avoir ''épuisé toutes les possibilités d'atteindre un compromis équilibré'', affirmant qu'il souhaitait aboutir à une solution ''qui pourrait être mise en œuvre dans la pratique [et rejetait l'idée d'accepter des] règles qui ne peuvent pas être appliquées''. Selon lui, l'étiquetage pourrait être non conforme aux règles du commerce international.

Face à la proposition du Parlement, le Conseil a présenté un plan en huit mesures, le temps de l'adoption de la réglementation globale sur le clonage, prévue pour 2013. Tout d'abord interdire provisoirement le clonage des animaux sur le territoire européen pour la production alimentaire, interdire les aliments issus d'animaux clonés, quelle que soit leur origine, mais aussi toute fourniture de clones dans l'UE pour la production alimentaire, ''Cela aurait permis de procéder à des ajustements à la lumière de l'expérience acquise dans l'intervalle'', explique le Conseil.

Il proposait ensuite de mettre en place un système de traçabilité pour la semence et les embryons d'animaux clonés ainsi que des descendants vivants d'animaux clonés et d'introduire, dans les six mois suivant l'entrée en vigueur du nouveau règlement, des exigences d'étiquetage pour les viandes fraîches issues de la progéniture de bovins clonés. L'extension de ces exigences d'étiquetage à tous les autres aliments issus de la progéniture d'animaux clonés devait par contre faire l'objet d'un rapport de la Commission dans les deux ans. Le Conseil demandait enfin à la Commission de s'engager à publier, pour mars 2013, une proposition législative sur le clonage animal.

Le Parlement refuse la commercialisation des aliments clonés

"Il est très frustrant de constater que le Conseil n'a pas voulu écouter l'opinion publique et soutenir les mesures d'urgence nécessaires à la protection du bien-être des consommateurs et des animaux'', analysent le Président de la délégation du Parlement européen, Gianni Pittella et le rapporteur du Parlement européen sur les nouveaux aliments, Kartika Liotard, dans une déclaration conjointe. "Le Parlement a appelé à une écrasante majorité à une interdiction des aliments issus d'animaux clonés et de leurs descendants. Nous avons fait un effort énorme pour faire des compromis, mais nous n'étions pas prêts à trahir le droit des consommateurs de savoir si les aliments proviennent d'élevage d'animaux clonés''.

L'eurodéputé vert Bart Staes dénonce quant à lui la position ambiguë du Conseil consistant à interdire le clonage en Europe tout en autorisant l'importation de produits issus d'animaux clonés. Pour sa collègue Satu Hassi, ''la Commission européenne a joué un rôle peu glorieux dans ces négociations, de manière proactive, en poussant les Etats membres à résister à toute interdiction sur les aliments clonés. Il est extrêmement regrettable que la Commission se préoccupe davantage des intérêts de ses partenaires commerciaux dans les pays tiers et leur industrie de niche, que de la volonté de la majorité des citoyens de l'UE''.

Statu quo : maintien du règlement en vigueur, pas d'avancées sur les nanomatériaux

Cet échec des négociations aboutit donc au maintien du règlement actuel sur les nouveaux aliments, adopté en 1997, le temps que le Commission présente une proposition révisée. Le règlement en vigueur prévoit que les aliments issus d'animaux clonés soient soumis à une autorisation préalable avant commercialisation.

Le report de la décision sur les nouveaux aliments implique qu' ''il n'y aura toujours pas de mesures particulières concernant les nanomatériaux dans les aliments", regrettent les parlementaires.

Réactions10 réactions à cet article

 

Le conseil est fou ! Et le Parlement va se faire avoir petit à petit car les intérêts financiers priment sur l'opinion publique !

panurge | 29 mars 2011 à 23h00
 
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On nage en pleine folie.
Le constat est terrifiant, l'espèce humaine va vraiment droit dans le mur. Il y a en effet trop d'humains sur cette terre et surtout trop d'humains qui font n'importe quoi. La nature est telle qu'ils vont arriver à s'autodétruire. La grande majorité est cependant aveugle.

arthur duchemin | 30 mars 2011 à 12h07
 
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Je suis atterrée de lire cet article. Le clonage est le premier pas concret vers la déshumanisation. Dans 20 ans, quand régulièrement les enfants auront ingéré des animaux clonés, alors le clonage sera devenu banal. Pourquoi à ce moment là, ne pas cloner des êtres humains? cela ne surprendra personne.......
On touche au patrimoine de la nature, ce qu'elle nous a légué.
Comment pour des débats aussi importants, un référendum n'est il pas organisé? On a bien su le faire pour la monnaie unique?? c'est fou comme les décisions drastiques sont capables d'être prise rapidement comme bombarder des pays ou donner des sommes d'argent au système financier. Par contre, sur les questions d'étiques et de respect de la nature, triste constat de voir que chez les dirigeant de l'union (qui ne sont pas élus par le peuple dois-je le rappeler??) avec si peu de philosophie et animé d'un esprit aussi mercantile.........

valy | 31 mars 2011 à 07h09
 
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Comme d'habitude l'aspect financier avant tout, je ne serait pas surpris qu'un jour l'espèce humaine disparaisse....en attentant préférez la viande francaise ou de produits directs du terroir, ou de producteurs fermiers (cela se développe de plus en plus)..ou de réduire ,voir remplacer sa consommation de viande par des produits compensant sa valeur alimentaire

Henri | 31 mars 2011 à 07h57
 
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Après avoir lu des infos sur le gaz de schiste, lu des infos sur le clônage des animaux, voir les pays de plus en plus nombreux et des agriculteurs de plus en plus nombreux à se servir des OGM, je me dit que le mal est déjà fait! Il est trop tard pour revenir en arrière. On dit qu'une force extérieur nous exterminera dans le futur? Mais NON! Celui qui nous exterminera c'est nous même! Triste époque où quoi qu'on fasse, cela ne change rien. L'argent est avant toute chose! Nous somme dans un monde artificiel depuis notre entré dans l'aire industriel.
Homo sapiens sapiens (deux fois sapiens pour deux fois sage) rien que ça c'est hilarant. On aurait du plutôt apellé l'homme Homo débilis débilis...

marcel | 31 mars 2011 à 11h15
 
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Quelles sont les principales forces derrière les avis du conseil ? Sait-on au moins à qui (précisément ) profite le crime ?

Merci à ceux qui en savent plus de mettre en lumière certaines organisations ou certains noms.

danger prudent | 31 mars 2011 à 11h35
 
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c'est, une fois de plus, attristant. ou est la démocratie???

j'ai l'impression de lire "le meilleur des mondes" de aldous HUXLET!

l'homme est bien la pire menace sur terre...

Arnauld | 31 mars 2011 à 14h23
 
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"La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d'être des hommes" Jean Rostand (1894_1977) Biologiste et écrivain membre de l'Académie francaise.
Cette phrase résume bien le problème, l'homme par les progrés de la science peut modifier ce que la nature avait mis des siècles à créer. Si par de patiente sélection l'homme avait amélioré plantes et animaux, maintenant il s'amuse à créer et dans son orgueil il pense pouvoir tout gérer. Les évennements du Japon montre qu'il faut rester humble devant les caprices des élements.

Duport Claude | 31 mars 2011 à 19h12
 
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J'espère que les produits BIO ne seront pas concernés, comme les OGM.
En achetant et consommant que des produits Bio, nous arriverons peut-être à faire comprendre aux humains que nous ne voulons, pour notre alimentation que des produits naturels qui n'ont pas été "modifiés".(blog bienvivrebio).

Bienvivrebio | 31 mars 2011 à 22h15
 
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Concrètement quelles différences y-a-t-il entre un animal naturel et son clône? Que les scientifiques bien informés expliquent au public quels sont les avantages et les inconvénients de ces produits pour pouvoir décider du oui ou du non. Pour les OGM, nous avons compris avec des preuves à l'appui, que leurs inconvénients dépassent de loin les avantages. Qu'en est-il des animaux clônés?
Le problème de la faim dans le monde ne sera pas résolu par le clônage d'animaux, et qu'allez-vous leur donner à manger pour leur croissance?? Nos producteurs maîtrisent les techniques d'élevage naturel. Le problème qui se pose est celui de leur alimentation, donc des produits végétaux. Donc, tournons-nous vers la protection de l'environnement, la lutte contre la désertification, l'application des techniques culturales qui ont fait l'objet d'essais et adaptées à chaque milieu, donner les moyens aux producteurs, faciliter les échanges pour la biodiversité, et éviter le gain d'argent facile au profit d'une poignée de "faux" commerçants.
Soyons humains, continuons à apprécier le bon goût et la bonne odeur des aliments.

Khadija d'Alger | 02 avril 2011 à 19h52
 
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