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Compteur Linky : la CRE donne son feu vert à la généralisation

Sans surprise, la Commission de régulation de l'énergie a rendu un avis favorable à la généralisation du compteur Linky, après une analyse coûts/avantages. Pour la maîtrise de l'énergie, elle préconise une expérimentation supplémentaire.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Compteur Linky : la CRE donne son feu vert à la généralisation
© ErDF
   

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a publié le 18 juillet un avis sur la généralisation du compteur Linky. Verdict sans surprise : la commission se dit favorable à son déploiement, après avoir analysé l'expérimentation menée par ERDF pendant plus d'un an auprès de plus de 250.000 clients et l'analyse coûts/avantages réalisée par CapGemini. La décision de cette généralisation revient désormais au gouvernement. En mai dernier, Eric Besson avait déjà installé un comité Linky afin de préparer les conditions d'une généralisation. ''La mise en place de ce nouveau compteur communicant est une étape essentielle dans la construction de réseaux électriques intelligents. La France a l'opportunité de faire de cette obligation européenne une chance pour la croissance et l'emploi, dans le respect absolu des libertés individuelles'', avait alors déclaré le ministre de l'énergie. De son côté, ERDF s'était déclaré prêt à assurer le déploiement.

Des informations gratuites pour le consommateur, avec services payants

 
Une généralisation neutre d'un point de vue financier Selon l'analyse menée par CapGemini, la généralisation de Linky à 35 millions de foyers serait globalement neutre du point de vue financier, voire positive, en comparant les coûts et les bénéfices associés à la réalisation de ce projet et ceux associés à sa non réalisation. L'étude a été conduite sur la période 2011 à 2038, cette dernière année correspondant à la fin de vie des derniers compteurs évolués posés lors de la phase de déploiement massif. Le calendrier de déploiement massif pris en compte dans cette étude débuterait en 2013 et s'achèverait fin 2018 avec 90 % des points de comptage équipés de compteur évolué (les 10 % restants étant équipés sur la période 2019 à 2028). Deux scénarios d'augmentation annuelle du prix de l'électricité ont été pris en compte (+2,3 % de 2010 à 2020 et 1,8 % au-delà et +5,75 % sur 2010 à 2020 et 1,8 % au-delà). Les résultats sont positifs pour les deux scénarios : +0,1 % pour le premier et +0,7 % pour le second. Cependant, CapGemini se base sur des hypothèses légèrement différentes d'ERDF (taux d'actualisation, taux d'évolutions des salaires) et évalue le montant de l'investissement brut à 3,8 milliards d'euros contre 4,3 milliards pour ERDF.
 
En juin 2007, la CRE avait fixé dans une communication les fonctionnalités indispensables que devait offrir le compteur intelligent lors de l'expérimentation : l'information des consommateurs, le fonctionnement du marché de l'électricité et les coûts des gestionnaires de réseaux. Selon la CRE, ''le système de comptage évolué Linky d'ERDF testé pendant l'expérimentation respecte les fonctionnalités fixées'' .

Cependant, la CRE recommande, afin de permettre l'accès aux données de consommation, qu'ERDF mette gratuitement à disposition des consommateurs (ou des tiers autorisés par les consommateurs) sous forme d'un site Internet accessible avec un code personnel, leurs données de consommation (index de consommation quotidien, mensuel, puissance maximale soutirée quotidiennement) et leur courbe de charge au pas de 30 minutes, ''suffisante pour analyser la consommation et mettre en place des offres innovantes''. Les coûts engendrés seront couverts par le TURPE (tarif d'utilisation du réseau public d'électricité), indique la CRE qui précise que la courbe de charge au pas de mesure de 10 minutes pourra faire l'objet du paiement d'une prestation annexe. En juin dernier, EDF avait affiché son intention de mettre en place une expérimentation, sur une base facultative, de services supplémentaires payants. Parmi ces services, la mise en place d'un espace personnel via Internet, où le consommateur pourrait visualiser sa consommation.

La CRE recommande également que ''les fournisseurs transmettent gratuitement aux consommateurs chaque mois, leur consommation en kilowattheures et en euros avec un historique de consommation glissant de 24 mois et, au moins une fois par an, un bilan de leur consommation énergétique accompagné d'éléments de comparaison avec l'année précédente et avec la consommation d'un profil type correspondant à leur situation''.

La stabilité du réseau plutôt que la maîtrise de l'énergie

Une délibération de la CRE du 11 février 2010 indiquait que la grille d'évaluation de l'expérimentation devrait comporter un volet spécifique permettant d'évaluer la contribution apportée par Linky à la maîtrise de la demande d'énergie. ''L'étude technico-économique menée par Capgemini pour la CRE a conclu qu'un afficheur déporté qui ne serait que la répétition de l'afficheur du compteur ne permettrait pas au consommateur de maîtriser sa consommation. Pour atteindre cet objectif, le consommateur doit disposer en temps réel de sa consommation en kilowattheures et en euros, voire en contenu de CO2, de la puissance soutirée, de la période tarifaire, ainsi que de fonctions de mémorisation et de comparaison''. La CRE recommande donc de lancer une expérimentation afin d'évaluer les gains de maîtrise de l'énergie apportés par un affichage en temps réel des données de consommation et précise qu' ''une telle expérimentation est prévue dans le cadre de l'Appel à manifestation d'intérêt (AMI) que l'ADEME a lancé sur les réseaux et systèmes électriques intelligents, au sein duquel est prévu un volet relatif aux démonstrateurs installés en aval des compteurs''.

Finalement, pour l'instant, ''le développement de compteurs communicants d'électricité est nécessaire pour continuer à garantir la stabilité des réseaux électriques'', face notamment à l'essor des énergies renouvelables. Le compteur Linky peut permettreun suivi beaucoup plus fin des évolutions de la demande en temps réel et ''constitue un élément essentiel du développement de réseaux d'électricité intelligents''.

Selon la CRE, le consommateur sera un des principaux bénéficiaires de cet apport qui ''permettra d'améliorer la qualité du service, notamment en basse tension, en généralisant la relève des compteurs à distance, en resserrant le lien entre l'électricité facturée et l'électricité consommée, en encourageant la multiplication des offres tarifaires des fournisseurs pour répondre aux besoins spécifiques de chacun et, en particulier, pour favoriser la maîtrise de la demande en période de pointe''.

Un atout industriel pour la France

Enfin, la CRE estime qu' ''une décision rapide de généraliser le compteur Linky serait très favorable à l'industrie française (…) L'expérimentation menée par ERDF est sans équivalent à l'étranger par son ampleur et la richesse des enseignements recueillis. Une décision rapide de généraliser Linky en France favoriserait aussi l'adoption des standards et normes françaises au niveau international''. Pourtant, plusieurs pays européens ont déjà déployé massivement ce type de compteur, à l'instar de l'Italie ou de la suède.

La généralisation de Linky doit débuter avec la technologie CPL G1, jugée mature et robuste, mais ''en raison des enjeux industriels, la CRE insiste néanmoins sur l'importance d'annoncer, dès le lancement du déploiement, que le CPL G3, aujourd'hui en phase de développement, constitue la technologie-cible à terme''. Cependant, des incertitudes persistent sur la date de disponibilité de cette technologie qui devrait apporter ''des améliorations significatives pour les gestionnaires de réseau d'électricité sans toutefois comporter de fonctionnalité supplémentaire pour les consommateurs''. Cette version améliorée doit permettre, en zone isolée, une meilleure communication des informations entre les compteurs dans les logements et leur poste de distribution HTA/BT.

Réactions6 réactions à cet article

 

Au départ je n'ai rien contre par contre je suis curieuse de savoir quels renseignements riches ERDF a receuilli car ayant fait partie des 250 000 personnes en test:
1- je n'ai eu aucun choix sur l'installation
2- on ne m'a posé aucune question: avant, pendant et après

Galzou | 20 juillet 2011 à 10h13
 
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Un article intéressant Mme Fabrégat. Ces derniers temps vous nous aviez habitués à des articles négatifs et chagrins. Pour une fois je suis en phase avec vos écrits, sauf quand vous mentionnez l’installation de compteurs dans deux autres pays européens, car vous savez certainement qu’il ne s’agit pas de la même technologie !

Pour Galzou: j'ai lu les réponses à votre question sur le site de la CRE

rour | 20 juillet 2011 à 11h21
 
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Certains émettent de fortes critiques à l'égard de ces compteurs et certaines sont recevables :
- protection les émissions liées aux transmissions de données
- économies d'énergie très discutables voire nulles
- loyer très élevé de ces compteur, coût pour les particuliers
- on pourrait ajouter les problèmes d'indiscrétions, de fiabilité etc

Energie | 21 juillet 2011 à 03h43
 
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Article intéressant mais n'apporte pas de réponse à cette question (qui fait l'objet de courriels qui disent de ne rien signer avec edf) : Qui va payer les compteurs ? quel coût ? aura-t-on le choix ? Pourra-t-on refuser ce nouveau compteur ou nous sera-t-il imposé ?

steph73 | 21 juillet 2011 à 20h03
 
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Ce qui me frappe le plus, et ceci de façon générale, c'est la certitude des multiples commissions, conseils, émetteurs de recommandations à tous les niveaux, qu'ils sont dans le vrai, qu'ils ne peuvent pas se tromper, et qu'ils sont en droit d'imposer leurs choix à tous. Car pour ce qui est des domaines fondamentaux sur lesquels n'importe quel citoyen ordinaire peut se faire une opinion, à savoir maintien du pouvoir d'achat, stabilité sociale, finances équilibrées, niveau de chômage bas, confiance dans les structures de base de l'économie au niveau national et européen, maîtrise de l'inflation et de l'endettement de l'Etat et de l'Europe, le constat est alarmant. Et par conséquent, on est en droit de se demander pourquoi il n'en serait pas de même pour nombre de ces décisions autoritaristes dictées par des raisons, voire des intérêts qu'on ne peut que subodorer, la rationnalité des choix relevant d'une idéologie commune?

Onésime | 22 juillet 2011 à 12h11
 
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Steph73, je reçois exactement les mêmes courriels qui invitent à ne pas signer depuis des mois et des mois. C'est un spam! Surtout qu'il n'y a rien à signer.

flipo | 25 juillet 2011 à 10h48
 
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