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Les ministres de l'environnement s'accordent sur la position de l'UE à Copenhague

Réunis à Luxembourg, les ministres européens sont tombés d'accord sur une position commune pour Copenhague à défaut de s'entendre sur les aides aux pays du Sud. Cette question sera à nouveau abordée par les chefs d'états les 29 et 30 octobre.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
Les ministres de l'environnement s'accordent sur la position de l'UE à Copenhague
© www.se2009.eu/European Council
   
Les ministres de l'environnement ont adopté hier en Conseil des conclusions sur la position de l'UE en vue de la conférence sur le changement climatique qui se tiendra à Copenhague du 7 au 18 décembre prochain. Après des négociations difficiles, l'accord fixe un objectif global : réduire de 50% les émissions de CO2 par rapport à celles de 1990 d'ici 2050. Pour cela l'UE estime que les pays industrialisés doivent parvenir en 2050 à une diminution des rejets de gaz à effets de serre de 80 à 95% par rapport au niveau de 1990. À plus court terme, les ministres souhaitent que les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d'ici à 2020 contre 15 à 30 % pour les pays en voie de développement.

Les ministres de l'Environnement de l'UE se sont également entendus pour demander dans le cadre des négociations internationales sur le climat aux secteurs de l'aviation et de la navigation du monde entier de réduire leurs émissions polluantes. Dans un premier temps, il s'agirait de réduire d'ici 2020 les émissions des compagnies aériennes de 10% et celles des bateaux de 20%. Les deux secteurs n'ont actuellement aucune contrainte en la matière alors que leur influence sur les niveaux d'émissions de carbone est grandissante.

Côté déforestation, l'UE entend aller à Copenhague pour demander à ce que la déforestation dans les forêts tropicales soit réduite de 50% d'ici 2020, et qu'il n'y ait plus de réduction globale des forêts tropicales d'ici à 2030.

Les surplus de quotas stockés par certains pays inquiètent

D'autres sujets plus délicats ont également été abordés et notamment le surplus de quotas stockés par certains états. Plusieurs pays ont en effet accumulé dans le cadre du processus de Kyoto des quotas d'émissions qu'ils veulent faire valoir lors de la négociation des nouveaux accords ou qu'ils voudront vendre. Il s'agit surtout de la Russie, de l'Ukraine et des anciens pays du bloc communiste qui, suite à une désindustrialisation massive, n'ont pas utilisé tous leurs quotas. Pour certains, la quantité de quotas stockés est même supérieure aux émissions du pays qui n'aurait donc pas d'efforts à faire dans les prochaines années pour réduire ses émissions mais juste à utiliser ses stocks de quotas. Par conséquent, les ministres européens sont d'avis que si ces droits sont valorisés dans les négociations à venir, ils induiront des déséquilibres. Les décisions prises risqueront alors d'être difficilement efficaces dans le réel. Le conseil environnement a donc été l'occasion d'entamer des discussions pour éviter cette situation. Mais pour l'instant rien de concret n'en est sorti.

Un échec pour les ministres des finances

Le Conseil de l'environnement s'est tenu au lendemain du Conseil des finances où les ministres européens ont été incapables de s'entendre sur l'aide financière promise aux pays en développement afin de les aider à réduire leurs émissions. ''Les résultats des discussions que nous avons eues sont décevants et montrent bien le manque d'engagement de certains Etats membres'', a commenté Anders Borg, le ministre des finances suédois. Selon la présidence, les ministres ont fait toutefois des progrès s'agissant de la compréhension mutuelle et de l'éclaircissement des positions des uns et des autres.

Pour Corinne Lepage, première vice-présidente de la Commission Environnement du Parlement européen, ''les ministres de l'UE ne se sont pas montrés à la hauteur des enjeux du changement climatique. Les ministres des finances devront assumer une lourde part de responsabilité en cas d'échec à Copenhague'', ajoute-t-elle.
Même inquiétude du côté de Yannick Jadot, député d'Europe Ecologie : ''si les parlementaires européens ont pris la mesure des enjeux climatiques et envoyé les bons signaux, les ministres des finances ont bloqué tout avancement sur des engagements chiffrés en matière de soutien aux pays du Sud, alors que les ministres de l'environnement avancent trop lentement''. Pour le député ce sera donc aux chefs d'Etat et de gouvernement, lors du Sommet européen des 29 et 30 octobre prochains, de choisir entre ''suivre les demandes du parlement sur l'aide au Sud ou poursuivre une stratégie a minima et Copenhague sera un échec complet.''

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