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COP 21 : les projets de centrales au charbon mettent en péril les bonnes intentions des Etats

Plus de 2.000 centrales au charbon sont en projet dans le monde, remettant en cause les engagements pris en amont de la COP 21. Les Etats devront faire des choix critiques, d'autant que ces centrales pourraient devenir un gouffre financier. 01 décembre 2015

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COP 21 : les projets de centrales au charbon mettent en péril les bonnes intentions des Etats

De nombreux Etats manquent de cohérence. Alors qu'ils s'engagent à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ils maintiennent de nombreux projets de centrale électrique au charbon. Sans révision de ces stratégies énergétiques, l'objectif de limiter à 2°C la hausse des températures paraît hors de portée. En effet, en 2030, les émissions de CO2 associées au charbon seraient quatre fois supérieures au niveau requis par un scénario compatible avec l'objectif de 2°C que s'est fixée la communauté internationale en 2009 à Copenhague. Telles sont les principales conclusions d'une étude présentée dans le cadre de la COP21 par le Climate Action Tracker (CAT), ce mardi 1er décembre. "Les contributions (INDC) des Etats sont un progrès, mais la réalité ne suit pas", déplore le président de Climate Analysis, Bill Hare.

Le CAT a identifié quelque 2.440 projets de centrales au charbon pour une puissance totale de 1.428 gigawatts (GW). Pour les pays du Sud, ces nouvelles capacités visent à répondre à la hausse anticipée de la demande électrique, alors que pour l'UE, elles correspondent au renouvellement d'unités existantes. Si elles devaient être effectivement construites, elles émettraient en 2030 l'équivalent de 16 à 18% du niveau des émissions mondiales de CO2 compatibles avec un scénario limitant à 2°C la hausse des températures.

L'Inde entre solaire et charbon

Afin d'illustrer l'incohérence des politiques énergétique, le président de Climate Analysis a mis en exergue l'exemple de l'Inde. En ouverture de la conférence de Paris, le pays a lancé l'Alliance internationale pour le solaire, une initiative visant à exploiter l'important gisement solaire des pays tropicaux. Mais lors de son allocution devant les chefs d'Etat et de gouvernement, le Premier ministre indien, Narendra Modi, a été très clair : la COP21 ne peut pas "imposer la fin des énergies fossiles".

Cependant, le développement parallèle des renouvelables et des centrales au charbon est risqué, selon le CAT. Ces deux technologies "ne vont pas ensemble", explique Bill Hare, estimant "que l'un des deux sera obsolète". En l'occurrence, le CAT anticipe que les centrales au charbon devraient devenir obsolètes sous l'effet conjoint du renforcement des seuils d'émissions polluantes imposés pour réduire la pollution de l'air et de la chute des prix des installations de production d'énergie renouvelable.

S'agissant du second point, Niklas Höhne, du NewClimate Institute, a rappelé qu'"au cours des dernières années, la Chine a doublé à trois reprises son objectif d'énergie renouvelable pour 2020". Selon lui, cela illustre qu'"il est de plus en plus facile de répondre à la croissance de la demande électrique grâce aux renouvelables". Si l'essor des renouvelables se poursuivait au rythme actuel, de nombreuses centrales au charbon seraient alors classées parmi les "investissements bloqués" (Stranded assets en anglais, c'est-à-dire des actifs qui perdent leur valeur après un retournement de marché) et seraient opérées dans des circonstances financières difficiles.

Huit pays, 2.011 projets et 3,5 GtCO2

Actuellement, huit pays affichent plus de 5 GW chacun de projets de centrales au charbon : la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Japon, l'Afrique du Sud, la Corée du Sud, les Philippines, la Turquie et l'Union européenne (UE). Conjointement, ces pays portent 2.011 projets (à différents stades d'avancement) totalisant une puissance de 1.210 GW. Pour l'ensemble de ces pays, à l'exception de l'Indonésie, la construction de ces centrales "menace l'atteinte de leur contribution (INDC), qui sont pourtant moyennes, voire insuffisantes" pour atteindre l'objectif de 2°C, estime le CAT.

Si les projets en construction ou ayant obtenu une autorisation étaient menés à terme, les émissions augmenteraient de 1,5 milliard de tonnes de CO2 (GtCO2). Quelque 3,5 GtCO2 supplémentaires pourraient être émis chaque année en poursuivant les projets actuellement annoncés ou en passe d'être officiellement autorisés. L'abandon de ces projets est d'autant plus important, estime le CAT, car en tenant compte des capacités déjà construites, les émissions associées au charbon atteindraient 12 GtCO2 , soit 1,5 fois le niveau compatible avec le scénario du CAT pour limiter à 2°C le réchauffement global.

Réactions1 réaction à cet article

 

Cet article illustre bien l'incohérence du scénario que l'on voit se dérouler en ce moment : la main sur le coeur on jure d'etre sage tout en programmant déjà le sabordage de ce que l'on a promis.
Mais ça ne fait rien, faisons semblant d'y croire et ré-élisons les auteurs de ces promesses réconfortantes...

Levieux | 03 décembre 2015 à 21h45
 
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