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Le développement de l'éolien et du photovoltaïque marque une pause

Alors que 2016 avait connu une forte progression de l'éolien en France, le nombre de raccordements du premier semestre 2017 est plutôt timide. Pour le photovoltaïque, 2016 n'avait pas été une année faste et 2017 prend le même chemin.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Après une année 2016 assez propice pour l'éolien, la tendance actuelle est moins favorable selon les chiffres du premier semestre 2017. En 2016, 1.351 mégawatts (MW) d'éolien avaient été raccordés au réseau électrique français, dont 530 MW au quatrième trimestre de l'année. Le volume annuel raccordé avait progressé de 37% sur un an et établit un nouveau record. Les chiffres que vient de publier la fédération France Energie Eolienne sont moins glorieux.

L'éolien maintient le rythme nécessaire à la PPE

Le premier semestre 2017 est marqué par une baisse de 13% des raccordements par rapport au premier semestre 2016, soit 492,35 MW supplémentaires. En cause ? Les incertitudes liées à l'évolution du cadre économique de l'éolien terrestre qui ont eu un impact direct sur les nouvelles capacités éoliennes mises en service pendant les six premiers mois de l'année. "Ces incertitudes ont incité les professionnels de l'éolien à la prudence, dans l'attente d'un cadre cohérent et stable. Les perspectives pour l'ensemble de l'année 2017 devraient être dans la lignée de 2016", commente Olivier Perot, président de France Energie Eolienne.

En 2016, le Gouvernement avait dû revoir son mécanisme de soutien à l'éolien. Ce n'est qu'en décembre qu'un régime rétroactif transitoire a été mis en place. Il a supprimé la possibilité pour la filière de bénéficier de tarifs d'achat et créé, en conservant le principe d'un guichet ouvert, un complément de rémunération au niveau du tarif d'achat de 2014 sans conditions de puissance.

En mai 2017, le Gouvernement a lancé un appel d'offres et publié l'arrêté tarifaire qui scellent la fin de cette période transitoire et ouvrent une nouvelle ère pour la filière éolienne terrestre : l'intégration au marché électrique. A partir de 2017, deux dispositifs de soutien coexisteront pour l'éolien terrestre : un complément de rémunération pour les parcs de six mâts maximum accessible en guichet ouvert (sans sélection de projets) et un complément de rémunération pour les parcs plus grands, via des appels d'offres.

Malgré des raccordements en baisse, le rythme de déploiement est conforme aux objectifs de 15 GW prévus dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour 2018. FEE attend beaucoup du Plan Climat présenté par Nicolas Hulot pour "lever les contraintes qui pèsent sur le développement des projets : réduction des délais de raccordement, meilleure concertation sur les contraintes spatiales – notamment militaires, simplification des procédures – notamment d'instruction – et accélération du traitement des recours contre les projets".

Le solaire décroche à nouveau

Si l'éolien reste confiant, la filière du solaire photovoltaïque est plus inquiète. Selon les données publiées par le think tank France territoire solaire, le volume de raccordement au premier trimestre 2017 s'établit à 82 MW, plus bas qu'au trimestre précédent (101 MW) et très inférieur au premier trimestre 2016. "Ce 1er trimestre prolonge la baisse successive des raccordements observée depuis début 2016, et atteint un niveau trimestriel le plus bas jamais observé depuis 2010", commente le think tank.

Segments

Raccordements au cours du 1er trimestre 2017

Tendance

Raccordements au cours du 4e trimestre 2016

Installations domestiques (<9 kW)

+20 MW

Hausse

+17 MW

Moyennes toitures (9-100 kW)

+30MW

Hausse

+23 MW

Grandes toitures (100-250 kW)

+6MW

Stable

+6MW

Très grandes toitures (250 kW – 1 MW)

+ 1 MW

Stable

0 MW

Centrales au sol, toitures ou ombrières (1 – 12 MW)

+26 MW

Baisse

+63MW

Centrales de plus de 12 MW

0

Stable

0

Raccordement du 1er trimestre 2017 selon les segments

"Ce constat « macroscopique » d'un volume de raccordement si faible trouve ses causes dans de multiples difficultés ou freins. Les appels d'offres et l'absence de transparence sur les résultats quantitatifs et qualitatifs de ces attributions ne facilitent pas la résolution des problèmes", estime le think tank. Si les marchés 9-100 kW semblent repartir de manière continue, pour le segment 100-250 kW, le volume de raccordement de ce 1er trimestre est particulièrement faible. "Les raccordements de la troisième vague d'appels d'offres ne semblent toujours pas observés", remarque France territoire solaire, d'autant plus que la seconde vague d'appels d'offres, dont l'échéance de mise en service était requise à la fin du 2ème trimestre 2016, montre un taux d'abandon inférieur à 40%. "Le fait d'être lauréat n'étant pas la condition exclusive de la réalisation des projets (bail, financement d'un bâtiment, raccordement…), force est de constater que les appels d'offres, avec leurs spécifications actuelles, ne stimulent pas la filière et les résultats en terme de raccordement sont faibles", commente le think tank.

Depuis fin 2016, la file d'attente gonfle, surtout pour les moyennes toitures (9-100 kW) et les centrales entre 1 et 12 MW. "Ce stock en file d'attente se « vidant » peu, vue la faiblesse du volume raccordé, le potentiel de « nouvelles capacités » s'accroît et pourrait représenter 3 ans de raccordement, voire 4 ans si le volume de raccordement reste aussi faible qu'en 2016", selon France territoire solaire.

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